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    Bénin/Éducation: Coronavirus et reprise des cours: Les responsables d’écoles condamnent la psychose, les élèves, eux, s’interrogent - Les Pharaons

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    Bénin/Éducation:

    Coronavirus et reprise des cours: Les responsables d’écoles condamnent la psychose, les élèves, eux, s’interrogent

    Après plusieurs semaines de congé, les écoliers de la classe du CM2 et les élèves ont repris le chemin de l’école dans un contexte marqué par la pandémie du Covid-19. Masque au visage pour certains, respect plus ou moins des un mètre d’écart pour d’autres. Voilà le spectacle auquel on assiste dans plusieurs collèges publics comme privés du Bénin. Tandis que les responsables d’écoles condamnent la «psychose» liée au coronavirus et refusent d’«aller au-devant des questions», les élèves, eux, sinterrogent.

    Vivien ASSOGBA

    «On ne veut plus jouer avec toi, tu vas nous contaminer», lance Yves, 8 ans, à sa camarade de classe. Dans la cour de récréation, les autres membres du groupe surenchérissent, faisant semblant de sévanouir par terre et de tousser : «Oh non, tu nous as contaminés ! Cest à cause de toi ! Maintenant, on a le coronavirus !». Héloïse, 7 ans, ne comprend pas : «Mais je ne suis pas atteinte du coronavirus, cest juste que je tousse parce que je suis asthmatique !» Une situation comme une autre dans une cour de récréation d’une école primaire située à Abomey-Calavi, à l’heure du Covid-19.

    «On joue au jeu de la contamination»

    Alors que le Gouvernement effectue les tests massifs, les enfants s’alarment. «On ne nous dit pas tout ! On nous cache des choses!», s’insurge une élève scolarisée au Ceg1 Abomey-Calavi.
    Soucieux de l’inquiétude qui gagne ses élèves, certains professeurs ont décidé d’informer les élèves sur le lavage des mains. Alors qu’il distribue les feuilles à coller dans les cahiers de classe, chacun partage avec ses camarades son opinion sur le sujet. «De toute façon, ça ne se transmet pas aux enfants !» ; «C’est juste comme une grosse grippe !» ; «C’est surtout dangereux pour les personnes fragiles» ; assurent les petites voix aiguës.
    Dans la cohue, le professeur aperçoit un enfant qui, profitant du brouhaha général, se passe méticuleusement, en cachette, sous le bureau, du gel hydroalcoolique sur les mains.

    Face au silence des adultes, les enfants expriment comme ils le peuvent leur anxiété : «Pendant la récréation, on joue au jeu de la contamination – quelqu’un est le coronavirus et il doit contaminer les autres en les touchant», explique Angèle, 6 ans. Dans son école située dans les encablures de Calavi-Kpota, le coronavirus est devenu un jeu. «Pendant toute une journée, on jouait à ne pas se toucher», glousse-t-elle.

    Les directeurs d’établissemens tentent de dédramatiser et d’endiguer la «psychose générale» : «L’école doit rester un lieu protégé de cet emballement, une sorte de havre où les enfants sont à l’abri, on n’a donc pas organisé de réunion d’information pour les enfants, on ne veut pas rajouter de l’inquiétude. Mais dans la cour, ils en parlent», va conclure un directeur qui à requis l’anonymat.


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    Les PHARAONS est  un  quotidien béninois paraissant au Bénin , disponible également dans une  version en ligne.

    Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


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