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    Communales 2020 au Bénin. L’inévitable fracture après les alliances politiques - Les Pharaons

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     Communales 2020 au Bénin. L’inévitable fracture  après les alliances politiques

    Dans la nuit du 20 au 21 mai 2020, la Commission électorale nationale autonome ( Cena) a proclamé les résultats des élections communales et municipales tenues le dimanche 17 mai. 820 sièges pour l’Union Progressiste (UP), 735 sièges pour le Bloc Républicain ( BR) et 260 sièges pour la Force Cauris pour un Bénin émergent ( FCBE).

    Ces résultats qui classent les trois partis en terme de taux de pénétration de leurs offres politiques au plan national présentent assez de disparités en fonction des pôles géographiques et à l’échelle des communes. Ces disparités qui mettent au coude-à-coude soit, deux partis, soit laissent une toute puissance au troisième parti de peser dans la balance feront appel à des jeux d’alliance en raison du défaut de majorité absolue.

    En effet, l’article 189 du code électoral dispose que <<le Maire et ses adjoints sont élus par le Conseil communal en son sein, au scrutin uninominal secret et à la majorité absolue. Le candidat aux fonctions de maire ou d’adjoint au maire est présenté par le parti ayant obtenu la majorité absolue des conseillers>>. Si au regard des résultats de la Cena, l’élection des maires est dépourvue de tout suspens dans 61 communes ( 34 pour l’UP, 20 pour le BR et 7 pour la FCBE), la désignation des maires dans 16 communes repose désormais sur les tractations politiques. Des jeux d’alliance entre des couples de deux partis sur les trois permettront d’élire le maire et ses adjoints.

    Probables fractures politiques

    Dans la perspective de conserver certaines mairies, un rapprochement entre les élus UP et BR, deux partis politiques de la mouvance présidentielle est attendu par beaucoup d’observateurs. Ce jeux d’alliance entre l’UP et le BR permettra par exemple de contrôler les mairies de Banikoara ( UP: 13 sièges BR: 05 sièges et FCBE : 15 sièges) ; de N’dali ( UP: 04 sièges, BR: 09 sièges et FCBE : 12 sièges), de Nikki ( UP: 08 sièges, BR: 09 sièges, FCBE: 12 sièges), etc. Mais les transactions politiques sont aussi possibles entre les deux partis de la mouvance et la FCBE, parti d’opposition. Si les deux partis UP et BR n’arrivent pas à s’entendre, le seul parti d’opposition aura une belle occasion de se positionner en faiseur de roi. Ça pourrait être le cas dans la commune de Dassa ( 12 sièges pour l’UP, 12 sièges pour le BR et 01 sièges pour la FCBE) ; Kérou où la FCBE a 10 conseillers, l’UP 11 et le BR 04.

    Le second scénario auquel nombre d’analystes resteront attentifs est le soutien que pourraient apporter un ou les deux partis de la mouvance présidentielle à la FCBE pour qu’elle contrôle une mairie. Et dans les cas des mairies visées plus haut, l’hypothèse est bien plausible surtout au regard de l’esprit d’ouverture du Bloc Républicain. Reçu ce lundi 25 mai 2020 sur une chaîne de radio locale, le député Abdoulaye Gounou du BR a fait savoir que son parti reste ouvert aux négociations tant avec l’UP qu’avec la FCBE. Si ce soutien advenait et au fond, est non consentant, entre les deux partis UP et BR, un goût de trahison pourrait germer et perturber la mouvance. Mais alors, le soutien d’un parti de la mouvance à la FCBE pour l’élection d’un maire ouvrirait aussi le débat autour du positionnement réel du parti de Paul Hounkpè.

    Le sentiment d’un parti d’opposition trop conciliant et enclin à la mouvance sera renforcé avec à la clé de probables fractures politiques internes. L’aile démissionnaire du parti aura ainsi un autre argument pour crédibiliser ses accusations d’antan. Et l’on ne saurait aussi prédire la nature du sentiment que vont éprouver les électeurs Cauris restés fidèles à travers le vote du dimanche du 17 mai. In fine, l’élection des prochains maires reste un tournant où les jeux d’alliance pourraient ouvrir les vanes d’un bouleversement du jeu politique et faire le lit aux intrigues politiques.


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    Les PHARAONS est  un  quotidien béninois paraissant au Bénin , disponible également dans une  version en ligne.

    Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


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