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    Sylvain SEKLOKA présente les défis de l’électrification rurale et de la maîtrise d’énergie au Bénin - Les Pharaons

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    Sylvain SEKLOKA  présente les défis de l’électrification rurale et de la maîtrise d’énergie au Bénin

    Sylvain SEKLOKA, Directeur de l’Electrification Rurale à l’Agence Béninoise d’Electrification Rurale et de Maîtrise d’Energie (ABERME) nous parle des défis de l’électrification rurale au Bénin et de l’importance de l’OCEF pour booster l’électrification hors-réseau. Cet échange a été l’occasion d’apprendre davantage sur les responsabilités de l’ABERME et sa contribution à la mise en œuvre des initiatives d’affaire sélectionnées par l’OCEF.

    Quels sont les rôles et responsabilités de l’ABERME ?

    Créée par le décret n°2004/151 du 29 mars 2004, l’ABERME a pour mission de mettre en œuvre la politique de l’Etat dans les domaines de l’électrification rurale et de la maîtrise d’énergie. Elle a quatre attributions essentielles à savoir : (i) la réalisation des infrastructures d’électrification rurale, (ii) le recrutement des promoteurs privés pour accompagner les communautés locales pour l’électrification rurale, (iii) l’apport d’appuis technico-financiers aux promoteurs ou aux communautés locales qui ont des initiatives d’électrification par système décentralisé et (iv) la promotion de la maîtrise d’énergie sous toutes ses formes à travers l’efficacité énergétique et la politique de maîtrise d’énergie par les populations.

    Concrètement, quel est le principal défi auquel le secteur de l’électrification rurale est confronté au Bénin ?

    Aujourd’hui, le principal défi dans le secteur de l’électrification rurale est le déficit de financement. L’ABERME a été dotée d’un fonds d’électrification rurale (FER) qui a pour objet de financer tous ses projets au profit des localités rurales. Cependant ce fonds d’électrification rurale est principalement alimenté par les subventions de l’Etat et la taxe sur l’électricité, ce qui ne représente qu’une infime portion devant l’immensité de la tâche à accomplir par l’ABERME. Nous sommes donc limités en termes de financement pour évoluer au rythme souhaité pour l’électrification dans les communautés rurales. Par exemple, après la création de l’ABERME, l’état béninois a mis en place en 2004 un programme ambitieux pour électrifier 944 localités de plus de 1000 habitants à l’horizon de 10 ans. Pour cela, il faut mobiliser un investissement de 30 à 40 milliards de FCFA pour pouvoir électrifier 150 à 200 localités par an. Mais le constat fait en 2015 révèle que sur les 944 localités, l’ABERME n’a pu électrifier que 178 localités, ce qui revient à électrifier en moyenne 30 localités par an. Dans ce contexte de sous-financement et d’absence totale du financement privé dans l’électrification rurale, il était indispensable de repenser la politique de l’électrification rurale afin d’insuffler un souffle nouveau au secteur.

    Ainsi, le second compact du MCA-Bénin II a permis de mettre en place la composante « Accès à l’énergie décentralisée » pour booster l’électrification dans les zones rurales. Cette composante comporte deux activités principales : la mise en place d’un nouveau cadre réglementaire pour accroître l’implication du secteur privé dans l’électrification rurale et une phase pilote pour tester l’efficacité de cette nouvelle politique.

    Quelle est selon vous la contribution qu’apporte l’électrification hors-réseau à l’électrification rurale au Bénin ?

    Le gouvernement béninois a récemment adopté le décret N° 2018-415 du 12 septembre 2018 portant réglementation de l’électrification hors-réseau en République du Bénin. La mise en place de ce nouveau cadre réglementaire relative à l’électrification hors-réseau constitue un tournant majeur dans l’électrification rurale au Bénin. Avec l’électrification hors-réseau, nous attendons capter le financement privé qui n’existait pas antérieurement, afin d’accroître de façon exponentielle l’accès à l’énergie des populations rurales et pour parvenir à l’accès universel à l’énergie d’ici 2030.

    Par ailleurs, certaines localités sont éloignées du réseau conventionnel de la SBEE et nécessitent un financement très élevé pour être raccordé au réseau. Aujourd’hui ces localités que nous ne pouvons pas raccorder avant 10 ans, voir 15 ans seront électrifiées dès maintenant grâce à l’électrification hors-réseau. Et d’ailleurs 128 localités ont été choisies au titre des deux Appels à Propositions de Projets de l’OCEF pour être électrifiées par des mini-réseaux solaires. Si c’est l’ABERME qui devrait réaliser le raccordement de ces localités, cela ne pourra pas être fait avant 10 ans, 15 ans ou même 20 ans.

    Que vous évoque la Facilité d’Énergie Propre Hors Réseau (OCEF) ? Quelle est l’importance de la Facilité OCEF dans le développement de l’électrification hors-réseau au Bénin ?

    L’OCEF est une phase pilote pour tester si la nouvelle politique de l’électrification hors-réseau marche correctement et pour capter le financement privé. C’est pourquoi il est prévu un fonds de 32 millions de Dollars US à accorder les promoteurs privés qui désirent investir dans ces localités hors-réseaux à travers les quatre fenêtres d’intervention de l’OCEF.

    Aujourd’hui, plusieurs promoteurs privés ont été sélectionnées par l’OCEF au titre des deux Appels à Propositions de projets lancés. Ces deux Appels à Propositions de projets cumulent un investissement total de 92 millions de Dollars US dont 58 millions provenant du secteur privé. C’est dire que les promoteurs privés apportent plus de la moitié de l’investissement total. C’est justement ce que visait le nouveau cadre réglementaire.

    L’OCEF va booster l’électrification rurale car de nouvelles localités auront accès à l’énergie dans les deux années à venir à travers l’installation de mini-réseaux solaires et des centaines d’autres localités bénéficieront de kits solaires.

    Que peut attendre le Bénin une fois que les différents projets sélectionnés par la Facilité OCEF seront mis en œuvre ?

    Dès la mise en œuvre des initiatives d’affaire sélectionnées par l’OCEF, le taux d’électrification en milieu rural va connaître un accroissement rapide. Cela va également permettre de stimuler le développement économique des localités concernées via des activités génératrices de revenu.

    L’ABERME est une partie prenante importante de l’OCEF. Comment intervient-elle pour l’instruction des projets de mini-réseaux des promoteurs sélectionnés par l’OCEF ?

    L’ABERME a travaillé et continue de travailler de façon étroite avec l’équipe de l’OCEF et rien ne fait sans l’ABERME. L’agence joue son rôle d’autorité concédante conformément au cadre réglementaire. Elle a pris part activement à toutes les étapes des Appel à Propositions de projets de l’OCEF. L’ABERME est actuellement à pied d’œuvre pour l’instruction des dossiers du deuxième Appel à Propositions de projets de l’OCEF en vue de leur transmission à l’Autorité de Régulation de l’Electricité (ARE) avant la signature des conventions de concession. Ceci constitue l’étape finale du processus pour les promoteurs de mini-réseaux. Cette étape consiste à évaluer les dossiers complets qui seront soumis par les promoteurs après les études réelles de terrain qu’ils sont en train de réaliser actuellement. Nous sommes réellement associés à toutes les étapes de processus.

    Comment assurez-vous que l’expérience de l’OCEF est capitalisée pour renforcer la stratégie d’instruction des dossiers pour le développement de l’électrification hors-réseau au Bénin ?

    Pour capitaliser cette riche expérience de l’OCEF, nous avons dédié une équipe spécifiquement à toutes les activités de l’OCEF depuis le début. Cette équipe a pris part à toutes les étapes du processus et rien de ce qui a été fait, n’a été fait sans cette équipe. L’expérience de l’OCEF est déjà capitalisée et utilisée au niveau de l’ABERME. Nous avons commencé à évaluer de nouvelles propositions spontanées des promoteurs privés. Ainsi, trois propositions spontanées ont été déjà examinées au cours de l’année 2019 et deux autres sont en instance d’évaluation pour cette année 2020.

    Source: ABERME


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