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    Les propositions sur le parrainage au Bénin pour la Présidentielle de 2021

    Présidentielles 2021 au Bénin . Patrice Talon reçoit une nouvelle proposition sur le parrainage - Les Pharaons

    Présidentielles 2021 au Bénin . Patrice Talon reçoit une nouvelle proposition sur le parrainage
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    Océane Leannon

    Le Président de la République Patrice Talon boucle son quinquennat dans quelques mois. Au tournant de l’élection présidentielle, deux issues sont scrutées de près. La première se rapporte à l’hypothèse selon laquelle il passera la main et la seconde , qu’il briguera un second mandat. Mais à huit (08) mois de l’élection présidentielle, la question du parrainage déchaîne les passions. Le parrainage nourrit des échanges les plus apaisants et les plus stressants. Il est apparu comme un élément  conflictuel pour les uns et par contre un élément de filtrage démocratique pour les autres.

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    Reçu récemment sur une chaîne de télévision locale, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Alain Orounla a battu en brèche les critiques visant à faire croire que le parrainage sera utilisé pour verrouiller l’élection présidentielle. ”Le parrainage n’est pas un verrou ”, avait-il lancé en rassurant que la candidature unique redoutée en raison du principe de parrainage n’est qu’une vue de l’esprit. Au cas où Patrice Talon serait candidat à sa propre succession, il n’aura besoin que de 16 signatures de députés et ou de maires. Selon Alain Orounla, il reste suffisamment de place pour d’autres candidats étant donné que le Bénin compte 77 maires et 83 députés.

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    Quelques jours avant lui, c’est l’ancien bâtonnier Jacques Migan, un acteur politique du Bloc Républicain qui a levé l’équivoque. Selon l’avocat, les députés et les maires peuvent parrainer les candidats de leurs choix. Car, dit-il, le parrainage relève de leurs fonctions régaliennes. Une explication qui visait à dissiper les craintes entretenues par l’opposition étant donné qu’elle ne dispose pas de 16 députés et ou maires au total pour parrainer toute seule son candidat. Jacques Migan tentait ainsi de mettre en évidence la possibilité pour les candidats de l’opposition d’être parrainés par des élus de la mouvance qui agiraient indépendamment de leurs partis politiques.

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    Toujours sur la question du parrainage, le professeur Roch Gnahoui David , membre du bureau politique du parti UP a confié sur Bi-news TV qu’une ouverture existe. La possibilité pour tous les candidats d’aller quémander le parrainage des députés et maires de la mouvance n’est pas à exclure. Ainsi, n’importe quel prétendant à la candidature, peut-il solliciter le parrainage des élus de la mouvance. Selon le professeur Roch Gnahoui David, la demande peut être formulée à l’endroit des élus, quitte maintenant à voir les directives des partis politiques auxquels ils appartiennent. Ces explications des acteurs de la mouvance démontrent le bien-fondé du parrainage et rassurent de l’esprit d’ouverture des élus. Les deux camps observent différentes lignes d’analyses.

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    Dans l’un ou l’autre des cas de lectures qui s’entrechoquent dans le débat public, le parrainage est le fruit d’un travail législatif. Il est institué par le code électoral. Au terme de l’article 32 du code électoral: ” Nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République ou de vice-président de la République s’il : – n’est de nationalité béninoise de naissance ou acquise depuis au moins dix ans ; – n’est de bonne moralité et d’une grande probité ; – ne jouit de tous ses droits civils et politiques ; – n’est âgé d’au moins 40 ans révolus et au plus 70 ans révolus à la date d’entrée en fonction ; – a été élu deux (02) fois président de la République et a exercé comme tel deux mandats ; – n’est présent en République du Bénin lors du dépôt de sa candidature ;– ne jouit d’un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois (03) médecins assermentés désignés par la Cour constitutionnelle ;– n’est dûment parrainé par un nombre de députés et/ou de maires correspondant à au moins 10% de l’ensemble des députés et des maires”. C’est justement le dernier alinéa de l’article 132 du code électoral qui n’est pas du goût de certaines forces politiques notamment celles se réclamant de l’opposition au régime de la Rupture.

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    En dépit des assurances, les forces politiques de l’opposition se sont inscrites dans une dynamique d’abrogation de la disposition du code électoral relative au parrainage. Le 2 juin 2020 à l’occasion d’une séance à la Présidence de la République, certains chefs de partis politiques de l’opposition ont demandé l’accord du Chef de l’État pour une suppression du principe du parrainage afin que l’élection présidentielle soit ouverte à tous. Le Président Patrice Talon qui n’avait pas répondu spécifiquement à la demande a tout de même marqué sa disponibilité, dans le cadre d’échanges constructifs, pour une relecture du code électoral. A cette occasion, les dispositions à polémiques pourraient être évoquées et tranchées. L’opposition semble ne rien lâcher. Elle ne manque aucune occasion pour réaffirmer son vœu qu’est celui d’une surpression pure et simple du parrainage.

    A la suite de leurs aînés le 2 juin dernier au palais de la Marina, les jeunes de l’opposition ont aussi abordé la question du parrainage ce 18 juillet 2020. La Coalition des jeunes de l’opposition ( Cjo) a fait une nouvelle proposition au Président de la République. Selon ces jeunes de l’opposition, il faut dans l’urgence et avant l’élection, que ” (…) le Président de la République utilise les prérogatives que lui accorde la Constitution, pour supprimer la condition de parrainage pour le compte des élections présidentielles de 2021(…)”. La Coalition des jeunes de l’opposition est la première organisation à soumettre une proposition d’une telle nature au Chef de l’État béninois. Avant elle, les voix craintives qui se sont intéressées au sujet ont demandé soit, une relecture du code électoral aux fins d’assouplir le taux des 10% d’élus parrains ; soit une suppression pure et simple du parrainage ou soit encore l’ajournement de son application. Patrice Talon s’était abstenu en 2019 de recourir aux mesures exceptionnelles édictées par la Constitution pour des élections législatives plus inclusives. Va-t-il y recourir cette fois-ci pour sauter le parrainage ou va-t-il renvoyer la balle au parlement ? Le code électoral sera-t-il retouché dans le sens voulu par l’opposition ? Ou des directives claires seront données aux élus de la mouvance pour parrainer des candidats de l’opposition ? Nul ne peut présager de ce que réserve les prochains jours.

    Equipe Les Pharaons


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