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    Pluie d’hommages après le décès de John Lewis, icône de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis - Les Pharaons

    Icône, héros, géant: les hommages se sont multipliés, samedi, après la mort la veille de John Lewis, militant emblématique de la non-violence et des droits civiques aux États-Unis, ancien compagnon de route de Martin Luther King et membre du Congrès américain depuis 1986, décédé à l’âge de 80 ans.

     Ce vétéran de la lutte des Afro-Américains a mené toute sa vie une bataille acharnée contre la discrimination raciale, et a été battu par la police et arrêté à de multiples reprises lors de protestations.

    «L’Amérique déplore la disparition d’un des plus grands héros de l’histoire américaine», a écrit la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

    Mme Pelosi a décrit Lewis, démocrate comme elle et qui a succombé à un cancer du pancréas, comme «un titan du mouvement des droits civiques dont la bonté, la foi et la bravoure ont transformé [la] nation».

    Considéré comme l’une des voix les plus respectées du pays pour la justice et l’égalité, il avait, malgré la maladie, fait son retour à Washington en juin, en pleine tourmente après la mort de George Floyd aux mains de la police à Minneapolis, pour participer à la mobilisation antiraciste du mouvement Black Lives Matter.

    «Les vents soufflent, le grand changement arrive», avait déclaré Lewis quelques jours plus tôt.

    Militant de la première heure

    Fils de métayers, ce militant indomptable est devenu, à 21 ans, l’un des plus jeunes Freedom Riders (voyageurs de la liberté) qui ont combattu la ségrégation dans le système de transport américain au début des années 1960.

    Il était le plus jeune meneur de la marche sur Washington en 1963, au cours de laquelle Martin Luther King a prononcé son fameux discours, «I have a dream» (Je fais un rêve).

    Deux ans plus tard, John Lewis a failli succomber sous les coups de la police sur le pont Edmund Pettus, à Selma, en Alabama, où il menait une marche de plusieurs centaines de militants pacifiques contre la discrimination raciale. Il avait eu le crâne fracturé.

    «John Lewis est vraiment devenu un géant par les exemples qu’il nous a montrés», a salué samedi le fils du pasteur King.  En 2015, pour célébrer le cinquantenaire de ce «Dimanche sanglant», Lewis avait marché sur le pont, main dans la main avec Barack Obama, premier président noir de l’histoire des États-Unis.Depuis son décès, les appels se multiplient pour rebaptiser à son nom ce pont, qui rend hommage à un général confédéré et chef local du Ku Klux Klan.Barack Obama lui avait décerné la Médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile américaine, en 2011.

    «Peu d’entre nous vivent pour voir notre propre legs se développer d’une manière aussi remarquable et significative. John Lewis l’a fait», a tweeté Barack Obama, soulignant que l’ancien militant «aimait tant son pays qu’il a risqué sa vie pour lui».

    Son ancien vice-président, le candidat démocrate à la présidence Joe Biden, a indiqué avoir parlé à John Lewis il y a seulement quelques jours.«Il nous a demandé de rester concentrés sur le travail qui reste à faire pour guérir cette nation», a-t-il expliqué.

    «La conscience du Congrès»

    John Lewis est né à Troy, dans l’Alabama, le 21 février 1940, troisième enfant d’une fratrie de dix. Élevé dans une communauté presque entièrement noire, il a rapidement pris conscience de la ségrégation dans cet État du sud des États-Unis.Il a commencé par organiser des sit-in aux comptoirs des restaurants imposant la ségrégation raciale, et a été arrêté une vingtaine de fois lors de protestations non violentes, avant de fonder et plus tard diriger le Comité de coordination étudiant pour la non-violence.

    Élu de Georgie depuis 1986, il incarnait «la conscience du Congrès», selon Nancy Pelosi.Les hommages sont également venus du camp républicain.Il était «une icône» et «laisse un héritage durable qui ne sera jamais oublié», a affirmé la porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany.Et Mitch McConnell, président du Sénat, a loué ce «pionnier des droits civiques qui n’a pas hésité à mettre sa vie en jeu pour combattre le racisme, promouvoir l’égalité des droits et placer [la] nation en accord avec ses principes fondateurs».

    À l’étranger, le président français Emmanuel Macron a rendu hommage à un «héros» grâce à qui «tant de progrès ont été conquis».

    Equipe Les Pharaons



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