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    Mandats Présidentiels en Afrique. Roch Gnahoui David décortique ” le phénomène des nouvelles Républiques ” et l’échec de la démocratie traditionnelle - Les Pharaons

    Gnahoui

    Josiane Bonou


    Les mandats politiques dans la région ouest-africaine connaissent une mutation depuis quelques mois. Alors que l’Afrique est entrée depuis le début des années 90 dans une nouvelle ère de démocratie à l’occidentale guidée par la limitation du mandat présidentiel et l’alternance au sommet de l’État, l’émergence du ” phénomène des nouvelles Républiques” semble avoir tout remis à plat. Les pays ouest-africains sont à l’épreuve du ” phénomène 3è mandat présidentiel ” sur fond de critiques et de violences meurtrières. Face au chaos qui se dessine, le Professeur Roch Gnahoui David élève la voix. Sa voix est celle d’une élite qui refuse d’être emportée par la passion et le bricolage dans l’analyse. C’est surtout une voix qui pose un diagnostic ouvert sur ce fait nouveau en politique.

    Selon le professeur Roch Gnahoui David, l’émergence du ” phénomène troisième  mandat” est la conséquence des révisions constitutionnelles mises en avant par les Chefs d’État pour décréter maladroitement l’avènement de nouvelles Républiques. Il s’agirait là d’une acrobatie juridique intellectuelle. Le doyen de la Fadesp explique cet état de chose par le modèle caduc de l’enseignement de la démocratie trop théorique en déphasage certain avec la réalité. “Face à cette tendance qui brise la colonne vertébrale politique d’une Afrique déjà affaiblie, tout semble être : repenser juridiquement certaines bases”, a analysé Roch Gnahoui David.

    Lire l’opinion du Professeur Roch Gnahoui David

    Échec et Mat ?

    ” Deuxième République, troisième République etc., premier mandat, compteur remis à zéro, c’est le vocabulaire auquel on est confronté, en Afrique de l’Ouest, depuis un moment et qui ira sans doute en s’amplifiant tant des sympathisants de ce vocabulaire pourraient être amenés à vouloir en faire une pratique expérimentale quelque part ailleurs. La démocratie est piétinée, l’Etat de droit est décadent ne cessent de crier des intellectuels. Mais bon, rassurez- vous : les populations rurales et paysannes, et la grande masse des artisans et de ceux qui sont dans l’informel ne s’en plaignent pas, tant que, à chaque jour suffit sa peine. On se souviendra de ce que dit ce proverbe chinois « le peuple est difficile à gouverner quand il est trop savant ». En tout cas « si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique » (Platon).
    Les Constitutions et les codes électoraux sont à l’épreuve du temps et d’une autre dynamique transitionnelle. Les interprétations sont dans le sens de privilégier la vérité politique d’un groupe, d’un pouvoir en exercice. Les réflexions et éclairages de juristes, de professeurs, d’experts, de médecins de la démocratie n’intéressent plus ou intéressent moins guère. Le phénomène des nouvelles Républiques sonne l’échec de ces enseignements théoriques sur la démocratie, enseignements parfois désarticulés par rapport aux réalités locales et accrochés à des idéaux et principes quoique nobles (je veux être libre mais je veux pouvoir quand même assurer un minimum vital). Le phénomène sonne également la faillite des partis politiques (suivez bien mon regard). Aujourd’hui, la réalité et la force du pouvoir conduisent à d’autres analyses et d’autre manières de raisonner et faire évoluer les Constitutions africaines. Avis aux politiques à la conquête du pouvoir : aucun projet de société ne peut se fonder exclusivement sur la restauration de la démocratie. On ne peut prétendre conduire un peuple qu’en lui montrant un avenir certain. Halte aux thuriféraires d’une restauration de ce qui est dépassé.
    Pour l’instant, on a échoué et c’est parce que nos visions ne sont pas assez globalisantes et prospectives. On veut reproduire les mêmes schémas en regardant l’occident alors que la pauvreté est rampante, le développement économique et des infrastructures hypothéqué. La question ne réside pas dans la bonne foi ou mauvaise foi du pouvoir décriée ici et là. D’ailleurs, ne prêtez point à un homme politique la mauvaise foi. Au surplus, « la bonne foi ne sert qu’à se tromper soi-même » (De Jacques Ferron). L’homme politique est dans une démarche fortement bien pensée. Il sait ce qu’il veut, il sait ce qu’il fait. Parfois il a tort d’avoir vite raison. Cette demarche est fondée sur des intérêts multiples, légitimes ou non qui ne peuvent être perçus aussi aisément par tous. Le gros problème n’est pas l’homme, l’homme politique, ses promesses, sa foi, sa vision. La question est dans l’ancrage des textes, pensés, repensés, évolutifs, verrouillés par des mots simples avec beaucoup d’espérance.
    Repensons bien les textes et réavançons autrement. « Penser grand, penser futur, loin, penser avant les autres et agir de même (Robert Maxwell).
    A la réflexion et au travail….

    Ps. Les gestes barrières contre le coronavirus (Covid-19) sont toujours de rigueur. ”

    RDG

    Equipe Les Pharaons



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