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    Présidentielle 2021 et Parrainage. Ping-pong entre gouvernement et société civile au #Bénin - Les Pharaons

    Orounla conseil

    Le parrainage comme condition de participation à l’élection présidentielle de 2021 divise les corps constitués au Bénin. Alors que certains partisans du régime de la Rupture chantent les vertus du parrainage et demandent aux candidats de l’opposition d’engager des négociations avec les élus de la mouvance, la société civile reste extrêmement prudente. Ces forces citoyennes relèvent des limites aux appels à négociations entre des élus de la mouvance présidentielle et des acteurs de l’opposition.

    Dans le contexte actuel, seuls les partis Union Progressiste ( UP) et le Bloc Républicain ( BR) peuvent parrainer des candidats à l’élection présidentielle. Les deux partis de la mouvance comptent dans leurs rangs, les 83 députés de l’Assemblée Nationale et 71 maires sur les 77 du Bénin. Le parti Fcbe, se réclamant de l’opposition ne disposent que de 6 maires. Or, l’article 132 du code électoral dispose que tout candidat à l’élection présidentielle doit jouir du parrainage de 10% des élus soit, 16 députés et ou maires. Les données factuelles montrent l’incapacité pour les partis politiques de l’opposition de parrainer à eux seuls, leurs candidats.

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    Ce visage que présente l’espace politique inquiète certains observateurs. Les craintes d’une implosion sociale sur fond d’une élection non inclusive sont exprimées. Début septembre, une dizaine d’organisations de la société civile a lancé le mouvement ” Laissez-moi choisir”. Dans leurs recommandations à l’endroit du Chef de l’État et du parlement, les Osc demandent une ” suppression urgente du parrainage”. En marge du point de presse sur le conseil des ministres le mercredi 9 septembre 2020, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Alain Orounla, a répondu à la dizaine d’organisations de la société civile. ” Le parrainage est à tort considéré comme un verrou alors qu’il s’agit ni plus ni moins d’un filtre qui fait barrage aux candidatures pléthoriques et fantaisistes” , a réagi Alain Orounla. Le porte-parole du gouvernement fait savoir que les candidats de l’opposition ” sont libres de démarcher les députés et maires” pour se faire parrainer. Les jeux sont ouverts, dit-il, et il n’est pas opportun d’ouvrir un front sur ce parrainage. ” Ces acteurs [ les acteurs de la société civile qui sont opposés au parrainage, Ndlr] ont bien tort de penser que cela ne peut pas fonctionner dans notre pays”, a conclu Alain Orounla.

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    Cette réaction du porte-parole de l’Exécutif béninois a suscité une autre réaction de la société civile. Sur une chaîne de télévision locale ce samedi 12 septembre 2020, Ralmeg Gandaho, président de l’Ong Changement social Bénin et membre du mouvement ” Laissez-moi choisir ” a réagi sur l’analyse du ministre Alain Orounla. ” Il faut faire la démarcation entre le chef de l’État et le gouvernement. Vu la sensibilité de la question, le plaidoyer [sur la suppression urgente du parrainage] s’adresse strictement au Chef de l’État “, a fait savoir Ralmeg Gandaho. L’acteur de la société civile insiste sur la légitimité du Président Patrice Talon à être leur unique interlocuteur. ” (…) Il faut distinguer les institutions dans leur posture. Nous sommes responsables pour ne pas distraire le gouvernement en ces moments précieux du PAG. Le Chef de l’État par contre est la principale cible du plaidoyer.”, a renchéri Ralmeg Gandaho qui ne comprend pas la réaction du ministre Alain Orounla.

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    Selon lui, l’argument qui consiste à dire que les candidats de l’opposition peuvent se faire parrainer par des élus de la mouvance est en conflit avec la cohérence politique clamée et assumée par le Président de la République, Patrice Talon. ” Le chef de l’État, (…) c’est l’acteur politique le plus cohérent depuis 2015″, a martelé Ralmeg Gandaho faisant allusion à la réforme du système partisan où, il y a désormais, une lisibilité claire des sensibilités politiques loin des accords incestueux entre mouvance et opposition. ” Cet argument qui consiste à dire que des élus de la mouvance peuvent parrainer des candidats de l’opposition, c’est une incohérence. C’est une rébellion à la cohérence du chef de l’État, (…). Laissez le monsieur [ le président Patrice Talon] rester cohérent”, a insisté Ralmeg Gandaho. La société civile accuse ainsi l’entourage du Chef de l’État et ses partisans de vouloir maintenir en l’état le parrainage pour compromettre la réforme du système partisan. Cette réaction de la société civile fera-t-elle appel à une autre réplique du gouvernement ou d’autres soutiens du pouvoir Talon ? En tout cas, le parrainage se retrouve au cœur d’une guerre de communication.

    Equipe Les Pharaons


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