ALERTE :

    Bénin/Bourse du Travail La grève, l’ultime arme en mutation chez les syndicats - Les Pharaons

    ANSELME AMOUSSOU

    Chez les locataires de la Bourse du Travail à Cotonou, le recours instantané à la grève n’est plus la priorité. La grève est vue désormais comme un appel au dialogue social qui doit intervenir dans des cas extrêmes de rupture de communication entre les travailleurs et les employeurs. C’est la position affichée par la Csa-Bénin 48h après la rencontre entre le Chef de l’État et les secrétaires généraux des organisations syndicales. Au Bénin, les moyens de lutte chez les organisations syndicales engagées dans la défense et la protection des intérêts des travailleurs sont en pleine mutation. Il s’agit d’une transformation profonde des outils de combat combinés pour s’offrir de meilleurs conditions de vie et de travail. Ultime arme reconnue comme telle dans le monde syndical, la grève s’est altérée au Bénin ces dernières années. Le recours excessif et à l’emporte-pièce à la grève par les centrales et confédérations syndicales avait fini par altérer l’outil. Le mythe de la grève est tombé. L’évocation de son nom suscite systématiquement l’indignation populaire. La grève avait donc quitté depuis lors le terrain du sacré et du cas de force majeure, pour devenir aux yeux du Béninois lambda, victime de ses effets, une arme banale mais à la fois nuisible pour le développement du pays. Ce sentiment se justifie par le silence presque plat et ou la clameur observée chez les populations depuis la réduction du délais légal d’exercice du droit de grève. Désormais, pas plus de 10 jours de grève en une année. La loi de recadrage votée au parlement a fragilisé encore plus le droit d’exercice de la grève. Presque désarmées, les centrales et confédérations syndicales sont désormais à l’école d’une réinvention des outils de lutte. Elles travaillent à redonner à la grève, son caractère d’ultime recours dans les rapports avec le gouvernement et les employeurs.

    Au détour d’une émission ce dimanche sur Bi—News, le Secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin ( Csa-Bénin), Anselme Amoussou, est revenu sur la question du recours à la grève comme moyen de lutte syndicale. Selon lui, la grève doit être un moyen de provocation du dialogue social. Elle n’est pas toujours serviable et ne doit pas être la seule arme à brandir. ” Je voudrais dire à nos camarades que nous pouvons expérimenter les autres stratégies du syndicat. Nous ne devons pas rester fonder sur la seule que nous connaissons qui est la grève “, a martelé Anselme Amoussou. Le secrétaire général de la Csa-Bénin précise qu’il n’éprouve aucune aversion pour la grève dans le cas où ” la grève est un appel au dialogue à des moments donnés”. Pour Anselme Amoussou, il n’y aucune honte d’être un adepte du dialogue social avec les partenaires sociaux. Il s’agit dira-t-il, d’une nouvelle approche du syndicalisme. ” Il est plus difficile de faire le dialogue que de faire la guéguerre ou la grève (…)”, dit-il. Sur l’utilité ou non de la grève au Bénin, le secrétaire général de la Csa-Bénin estime qu’un ” pays, une gouvernance a le type de syndicalisme qu’elle mérite “. Il renseigne qu’il y a actuellement un processus de changement de mentalité en cours dans le monde syndical. Mais ce changement, poursuit-il, n’est pas encore partagé par les autorités qui continuent de regarder le syndicat comme un ” ennemi “. Ce qui compromet le dialogue et l’écoute. Dans ces conditions, dit-il, la grève peut provoquer la qualité de l’écoute souhaitée par les corps syndicaux. ” Elle ( la grève) peut encore être utile. Seulement nous devons apprendre à faire des grèves efficaces, de courtes durées mais très efficaces et à sortir de la grève qui dure trois mois, quatre mois et que l’on brandir fièrement comme étant un exploit, ça n’a jamais été un exploit”, a conclu Anselme Amoussou.

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    One comment

    • Stephenbriem

      28 octobre 2020 at 22 h 16 min

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