ALERTE :

    Bénin/ Présidentielle 2021. Dakpè, Tiando et Vlavonou. Le pugilat verbal autour du parrainage - Les Pharaons

    dakpe tiando valvonou

    Bénin, Présidentielle 2021, Dakpè, Tiando , Vlavonou, Le pugilat verbal ,autour , parrainage

    Au parlement ce mercredi 21 octobre 2020, le mécanisme pratique du parrainage a fait le lit à une brève séquence de chaudes discussions entre le député Dakpè Sossou, le Président de la Commission Électorale Nationale Autonome ( CENA), Emmanuel Tiando et le Président de l’Assemblée Nationale, Louis Vlavonou. L’institution en charge de l’organisation matérielle des élections au Bénin a retenu un parrainage via des formulaires nominatifs individuels et sous anonymat.

    Avant de se rendre au parlement avec sa suite pour exposer le mode opératoire du parrainage, le Président de la CENA savait qu’il n’aurait pas le quitus de tous les députés. Lors du débat sur le parrainage des candidats à l’élection présidentielle, l’honorable Dakpè Sossou a adressé, sous un ton ironique, une question au président de la CENA. Il s’agit de la question du coût auquel les députés pourraient céder leurs parrainages à chacun des candidats. « Je voudrais juste vous prier de me permettre de faire une petite illustration de ma préoccupation. Je suppose, je suis BR et j’ai un ancien copain FCBE, peut-être de Bopa ou de je ne sais pas qui est candidat FCBE. Mais, il n’a pas autant de députés et de maires qu’il faut pour être parrainé. C’est un ami. Je choisis de le parrainer. Jusqu’à combien puis-je négocier ce parrainage si le parrainage peut être négocié ? », a demandé le député Dakpè Sossou qui poursuit : « Jusqu’à combien on peut négocier ce parrainage ? (…), si le parrainage peut faire l’objet de négociation financière.

    Nous voulons comprendre, je veux comprendre. C’est pour cela que je suis venu. Je veux comprendre », a martelé le député Dakpè Sossou. Visiblement tendu suite à cette question ironique du député Dakpè Sossou, le président de la CENA a réagi. Sa réponse renferme des insinuations largement partagées depuis des années au Bénin mais rarement relayées à une tribune officielle. Alors qu’il lui est demandé de sortir la grille tarifaire des coûts de cession des parrainages, Emmanuel Tiando a répondu : « C’est vous qui savez comment vous faites vos affaires. Et vous savez très bien le faire. Ne nous demandez pas de dire comment cela ( l’achat des parrainages, Ndlr) va se passer ». Le président de la CENA renchérit. « Les honorables députés savent très bien négocier pour voter un texte. Vous savez le faire. Quand il s’agit de ça, les groupes parlementaires se concertent, le reste, je ne sais pas ».

    Cette réponse du président de la CENA n’est pas passée sous silence. Passablement en courroux et dérangé par cette réponse pleine d’insinuations à la question liée au coût d’achat des parrainages, le Président de l’Assemblée Nationale, Louis Vlavonou a remis les pendules à l’heure. « J’ai entendu dire, peut-être par mauvaise compréhension ou par abus de langage de votre part, que vous savez comment les lois sont votées ici. Je ne sais pas comment vous savez comment les lois sont votées. Vous avez dit que vous savez comment ça se négocie. Rien ne se négocie ici pour voter une loi », a martelé Louis Vlavonou qui répondait ainsi au président de la CENA. « (…) il n’y a pas du tout des négociations qui précèdent ou qui viennent après un vote », a assuré le Président de l’Assemblée Nationale tout en indiquant que les députés adoptent les lois suivant leur intime conviction. A six mois de l’élection présidentielle, le parrainage est une question extrêmement clivante qui mobilise les acteurs. Entre la CENA et les acteurs politiques, l’on tarde à accorder les violons autour du mécanisme pratique. L’épisode de ce pugilat verbal au parlement autour du parrainage en est une preuve.

    Equipe Les Pharaons


    One comment

    • Segnon KOTTIN

      23 octobre 2020 at 7 h 11 min

      Les députés de rendent compte que le parrainage
      tel que modelé par la CENA, pourraitt échapper aux partis politiques. Or, ce sont les individus qui ont le droit de parrainer conformément à la loi et non les partis politiques. Voilà qu’ils veulent contrôler un droit individuel octroyé par eux-mêmes à travers la loi qu’ils ont voté.
      Par ailleurs, la question du député Dakpè ne méritait même pas que l’on s’y attarder car la loi n’a pas prévu un coût pour le parrainage. C”est d’abord une attitude irrévérencieuse vis-à-vis du président d’une institution de la République. Elle révèle aussi que même les mouvanviers ne se font pas confiance entre eux. De plus, cela met en doute la sincérité des mouvanviers qui clament partout que le parrainage n’exclut personne et que les candidats peuvent négocier et obtenir des parrainages des élus de la mouvance. Pourquoi donc s’inquiéter jusqu’à s’en prendre au président de la CENA qui n’est que le représentant d’une institution qui a pris une décision collégiale ? C’est le moment pour eux de réfléchir mûrement avant de voter les lois.
      Rien n’empêche les députés, puisqu’ils en ont toutes les prérogatives, de retourner à l’assemblée pour voter une loi complétive et explicative. S’ils ont pu le faire en plein processus électoral, occasionnant 2 catégories de maires, ce n’est pas à des mois d’une autre élection que cela sera impossible.
      Enfin, quand ils ont fini de voter les lois, qu’ils laissent les autres l’appliquer afin l’expérience nous instruire. Ce n’est qu’ainsi seulement que nous pourrons tester leurs efficacité.

      Reply

    Leave a Reply

    Your email address will not be published. Required fields are marked *


    Qui sommes-nous?

    Les PHARAONS est  un  quotidien béninois paraissant au Bénin , disponible également dans une  version en ligne.

    Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


    Contactez-Nous

    Appelez à tout moment