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    Dépression, troubles mentaux, déceptions amoureuses : 1200 personnes se suicident au Bénin chaque année depuis 2010 - Les Pharaons

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    Daniel Tognandan


    La Conférence Episcopale du Bénin a lancé une polémique après quelques cas de suicides au Bénin. Pourtant, les derniers chiffres sur le suicide au Bénin datent de 2016, et sont disponibles sur le site de la Banque mondiale et de l’OMS. 9 personnes sur 100.000 habitants se suicident au Bénin chaque année depuis 10 ans, contrairement au Sénégal, la Côte-d’Ivoire, ou la France ou les chiffres oscillent entre 3640 pour la Cote d’ivoire et 11390 pour la France. L’absence de données au Bénin a poussé les acteurs politiques, et une partie de  l’opinion à tirer des conclusions hâtives.

    Chaque année, dans le monde plus d’un million de personnes mettent fin à leurs jours, soit l’équivalent d’un suicide toutes les 40 secondes. Au Bénin, ce phénomène, selon nos investigations, n’a jamais fait l’objet d’une étude nationale. Cependant des résultats d’une étude locale, réalisée par une équipe de chercheurs conduite par Francis Tchégnonsi Tognon, de 2013 à 2017 à Cobly, donnent certains éléments d’appréciation.

    Sur la base des données recueillies, dans les dossiers des brigades de l’ancienne gendarmerie, de la police, des centres de santé et de la mairie, 52 cas ont été enregistrés. Soit en moyenne, 10 suicides par an sur la période. Le rapport dévoile que l’âge moyen des suicidés était de 36 ans ± 11,8 avec des extrêmes de 18 à 70 ans. La tranche d’âge la plus représentée était celle de 20 à 30 ans. Sur les 52 suicidés, poursuit le rapport, 8 (15,4%) avaient laissé une lettre dans laquelle figurent les causes qui les ont poussés au suicide : maladie (62,5%), pauvreté (25%), mariage forcé (12,5%). Selon l’autopsie psychologique, les causes suivantes ont été relevées : pauvreté (32,7%), conflits familiaux (26,9%), mariage forcé (15,8%), troubles mentaux (5,8%), maladie incurable (3,9%) et causez inconnues (15,4%). Les chercheurs ont conclu alors que le suicide au Bénin, est souvent minimisé et négligé.

    Contre toute attente, le 21 Octobre, le communiqué de la Conférence Episcopale a relancé le débat. Les évêques se disent inquiets des cas de suicide élevés au niveau de la jeunesse, alors même qu’au niveau national, aucune statistique n’est disponible. Plusieurs chercheurs interrogés se demandent l’origine des données qui ont servi de base aux conclusions de l’Eglise Catholique, et les chiffres  actuellement en sa possession. Toutefois, reconnait le Psychologue Atcho Damien, “le message a relancé une polémique inutile sur un fait de société qui ne cesse de croitre dans tous les pays”. Selon le spécialiste, “les maladies mentales, les souffrances quotidiennes, les déceptions amoureuses et autres difficultés de la vie obligent les gens à mettre fin à l’heure vie”. L’autre phénomène à ne pas occulter en Afrique selon lui, et principalement au Bénin, reste l’influence des charlatans qui selon plusieurs enquêtes peuvent pousser des gens dans un puits ou vers la mort avec des pratiques occultes et quelques incantations.

    Pour exemple, nos investigations ont révélé que l’enseignant qui s’est donné la mort à Banikoara, s’est jeté dans un puits. Ses chaussures et un sceau d’eau, ont été retrouvés au bas du puits. Une source anonyme nous a confiés que sa famille était venue lui rendre visite de Kouandé au cours de la semaine précédant le drame. Elle l’invitait à accomplir des cérémonies traditionnelles parce que ce dernier avait été sauvé d’un puits dans sa tendre enfance par un guérisseur. La veille du drame, l’enseignant a entrepris d’aller auprès d’un charlatan dans sa localité pour l’accomplissement du rituel. La source indique qu’il s’est perdu en cours de route et est rentré chez lui sans accomplir le rituel. Le lendemain, il sera retrouvé au fond d’un puits.

    Equipe Les Pharaons


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