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    Opinion. Au Bénin, l’opposition informelle fait le contraire de ce qu’elle propose, et on se bat contre ce qui n’existe pas - Les Pharaons

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    Cyrille LIGAN


    Le parrainage semble cristalliser les ardeurs. Ce n’est plus une petite musique, mais une fanfare qui entonne l’air « anti-Talon » avec une certaine ténacité. L’orchestre des incrédules est naturellement composé de personnalités de l’opposition réfractaires à un jeu politique sain. Très emballés, Les Démocrates ont décidé d’esquisser quelques pas. Ces derniers jours, leur frivole parade dans les institutions de la République n’a pas manqué d’être risible. Pourtant, ils sont formels : il faut renoncer au parrainage des candidats à la présidentielle. Leur argumentaire repose sur une critique assez radicale qui assimile le dispositif du parrainage à « un procédé malicieux visant à empêcher la participation de l’opposition à la prochaine élection présidentielle ».

    Faits alarmants ou déclarations alarmistes ? En effet, dans la foulée de la loi du 13 novembre 2019, la présidentielle 2021 inaugurera le parrainage au Bénin. Ce système a été conçu pour garantir le sérieux des candidats en lice et éviter toute candidature fantaisiste. Ainsi, les vermoulus politiques et les hurluberlus empleins d’une vérité personnelle seront exclus au profit des candidats ayant une assise nationale et des ambitions sérieuses. Après la déclaration des intentions de candidature, l’étape des parrainages détermine, de façon décisive, la capacité des aspirants à la fonction suprême à se présenter.

    Avec la présidentielle de 2021 en ligne de mire, l’heure ne devrait plus être aux bruits de bottes mais à la course au parrainage ! 160 élus peuvent offrir leur sésame aux prétendants et les candidats doivent en réunir au moins 10% soit 16 signatures pour postuler à la Marina. Fini donc l’époque calamiteuse où les électeurs étaient contraints de choisir parmi une quarantaine de candidats au premier tour.

    Et les Démocrates le savent bien. En dehors des « petits couteaux » qui vont ramer désespérément, eux, ils n’auront pas du mal à réunir les parrainages.  Leur crainte pourrait être légitime si des éventuels « parrains » n’osaient pas accorder leur quitus à un candidat autre que celui de leur parti. Néanmoins, les responsables de la Commission électorale nationale autonome ont été on ne peut plus clairs. Le parrainage est anonyme et les parrains restent dans l’ombre. De plus, le président Patrice Talon a précisé que les élus sont libres d’accorder leur soutien à qui ils veulent. Cela est d’autant plus vrai car même si le chantre du Nouveau Départ devrait se présenter à nouveau, il n’aurait besoin que de 10% de l’ensemble des élus. Après tout, parrainer n’est pas synonyme de soutenir, mais donner la possibilité d’exprimer librement ses ambitions. Faute d’essayer, les Démocrates ne peuvent opposer un refus catégorique à ce dispositif pourtant bien-fondé.

    Le vrai débat est ailleurs. Les nostalgiques du régime Yayi et les quelques rescapés politiques réunis au sein de ce nouveau parti font figure de spécialistes dans ces mêmes travers, n’hésitant pas à se prévaloir de leur propres turpitudes. Et cela devient un rituel. À chaque fois qu’une loi est votée, c’est un tollé. Les membres de l’opposition en particulier Les Démocrates font chorus pour tempêter contre ces « lois scélérates » votées par ce « parlement illégitime issu d’élections non inclusives ». Loin de l’intérêt général, le procès des Démocrates sur le parrainage devient foire d’empoigne. Ils doivent désormais se faire une raison : les temps ont changé et ils devraient faire pareil au risque de disparaître.

    Entre coup médiatique et démarche démocratique, tout semble indiquer que ce parti politique en quête de légalité essaie vaille que vaille de détourner l’estime d’un peuple qui n’a d’yeux que pour l’architecte du « Bénin Révélé ». Chez Les Démocrates, on fait le contraire de ce qu’on propose et on se bat contre ce qui n’existe pas. Leur versatilité n’a d’égal que leur vision politique. De toute évidence, le parrainage est un parcours de combattant auquel ils veulent se soustraire. Qui a dit que le ridicule ne tue pas ? Il peut certainement tuer un parti politique en mal de reconnaissance !

     

    Equipe Les Pharaons


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