ALERTE :

    Marche à Cotonou Une minorité des femmes sous le spectre d’une opposition en déclin - Les Pharaons

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    Cyrille LIGAN
    Les Précieuses ridicules sont de retour. Mais la mobilisation n’est plus au rendez-vous. L’enthousiasme non plus. L’approbation tacite de toutes les femmes du pays encore moins. Plus qu’une poignée, les héroïnes de Yayi ont retrouvé le macadam ce samedi non pas pour vouer un culte au Chef de l’Etat comme à leur habitude, mais pour « appeler la classe politique à préserver la paix ». Du leurre. Baptisée le « Mouvement des femmes béninoises pour la paix », cette minorité agissante sous le spectre d’une opposition en déclin a échoué à recruter des comparses pour chanter le couplet pleurnichard du « c’était mieux avant ».
    Hélas ! Ce gémissement n’est pas contagieux. On s’attendait plutôt à une déferlante dans les rues de Cotonou ce samedi. A la place, on a eu droit à un spectacle inédit : les femmes des marchés de Cotonou se sont abstenues de prendre part à ce simulacre car les tenants et aboutissants de ce feuilleton sont aussi transparents que l’eau de roche.
    Ulcérés par le fiasco des tentatives pour retirer la disposition relative au parrainage des candidats à la prochaine présidentielle, l’ombre des Démocrates a plané sur cette manifestation prétendument pacifique. Vendredi, veille de la manifestation, on les a surtout vu rôder, soufflant sur les braises de cette marche qu’ils auraient été bien en peine d’initier. Un ravalement de façade qui masque mal le fond des intentions. La méthode est bien connue. Ce retour aux vieilles recettes pour altérer la fin du quinquennat de Patrice Talon est digne d’une époque mercantile, mais heureusement désenchantée.
    En réalité, les femmes des marchés n’en ont cure. Ce Mouvement ne représente rien, n’incarne aucune revendication réelle de la société. Seuls les tristes hautains politiques lui font les yeux doux et ouvrent complaisamment leurs bureaux à ses délires. Un jeu politique plutôt dangereux destiné à instrumentaliser les femmes à des fins politiques.
    Accusé d’avoir réfréner les libertés publiques et la démocratie, le gouvernement Talon continue de déjouer les subterfuges de l’opposition qui cherche à mettre le feu aux poudres. Alors que les rassemblements et manifestations publiques à caractère festif, revendicatif et politique ont été provisoirement interdites en raison de la pandémie du coronavirus, ce Mouvement a été exceptionnellement autorisé à manifester dans les marchés à Cotonou. Certes, il y a donc bien des combats à mener, mais il ne faut pas se tromper de cible, ni faire confiance à n’importe quel allié dont les intentions sont parfois plus que douteuses.
    A un peu plus de cinq mois de l’élection présidentielle, les membres de l’opposition devraient s’employer à peaufiner un projet de société réaliste pour offrir une alternative crédible aux Béninois, plutôt que d’œuvrer à l’émergence d’un Mouvement désorganisé pour remorquer la prétendue colère des femmes des marchés. En tout cas, du monde, il y en a dans les marchés. Non pas pour marcher contre l’inexistant mais pour prendre soin des étalages et s’approvisionner. Cette manifestation aura tout de même permis de voir que les précieuses d’aujourd’hui ne sont pas moins ridicules que celles d’hier, mais elles sont moins nombreuses. Le Mouvement est peut-être voué à réapparaître, car la bêtise, disait Albert Camus, insiste toujours.

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