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    Opinion : A qui profite le clivage Yayi-Talon? - Les Pharaons

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    Ce n’est rien. Quelques clapotis politiciens à la surface de l’eau. Une poignée d’apocalyptiques qui exalte la zizanie avec des trémolos dans la voix. Armés de sombres sentiments, ils clouent au pilori les intentions qui osent contredire leur dérision. Les émules d’Eris sont à la manœuvre. Depuis que Patrice Talon a sollicité les sages et notables de Parakou pour se réconcilier avec son prédécesseur, ils ergotent sur les réelles intentions du Président. Tandis que les effluves d’une certaine excitation flottent dans leurs idées, ils s’affichent allergiques à la réconciliation.
    Voilà un duel qui s’étend au-delà de deux personnes, clament-ils. Mais il n’en est rien. Deux amis, deux frères d’antan qui nourrissent le vœu de se rapprocher. Il n’y a guéguerre qu’entre Talon et Yayi. Les étreintes d’Abidjan n’y firent rien, tant les intrigues de la compétition politique ont pris le pas sur la quête de la paix. Le constat est triste. Autant que l’aveu fut douloureux. Et Talon refit le pas. Il prêche la réconciliation, vertu qui a su se faire jour au lendemain de son élection. Une quête pourtant consubstantielle à la paix tant évangélisée par Yayi, mais qui bute aujourd’hui sur l’obstacle des nostalgiques de la nébuleuse. Ils ne veulent pas l’entendre de cette oreille. D’autant qu’ils ont beau jeu d’agiter le spectre de la détestation.
    La réconciliation se banalise. Prétextant des conditions de formalisme et un conflit qui impliquerait le peuple, les petits démons de la division estiment que Talon doit faire le sacrifice d’Abraham avant que le père Yayi ne pardonne. Désabusés, leur intérêt à attiser le feu de la glaive est patent.
    Depuis son élection, le personnage déroute. Ils ne retrouvent plus dans son regard les codes qui régissaient hier encore l’univers politique. Il aura suffi à l’intéressé de réformer le paysage politique et institutionnel pour déboussoler davantage encore ce petit monde. Le déboussoler et aiguiser sa haine à son encontre. N’eut été le mentorat politique de Yayi, ils auraient disparu de la scène politique. On peut donc aisément comprendre que le rapprochement des deux hommes ne soit pas du gout des apologistes de la discorde. Ce n’est tout simplement pas dans leur intérêt. Ils savent que Talon veut se rapprocher sans se renier. Et ils redoutent l’orphelinat politique.
    L’imposture des frondeurs ne convainc guère. Pas sûr qu’ils y parviennent. Car avec une ferme volonté de jouer plus collectif, Patrice Talon est sincère dans sa doléance aux sages et notables de Parakou : il veut apaiser les velléités. Et sa démarche, aussi honorable soit-elle, est mue par le simple amour de la patrie. « Je fais l’effort qu’il faut et je voudrais compter sur vous pour que la chose se fasse », leur a-t-il confié. Pour aider ceux-ci à enterrer les démons de la division, il faut que Yayi y mette du sien. C’est le moment d’exhiber son certificat de patriote. Le devoir de sagesse l’appelle. Et il doit y répondre si tant est qu’il aime les Béninois comme il aime le dire. « Nous étions des amis, nous demeurons des amis et nous resterons toujours des amis », a-t-il juré devant les caméras à Abidjan en 2016. Nul ne doute que, s’ils y parviennent, cette réconciliation serait celle de toute la nation.

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