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    Bénin/Politique : Le spleen de l’opposition à l’orée de la présidentielle de 2021 - Les Pharaons

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    Cyrille LIGAN
    Qui réussira à ravir la vedette à Patrice Talon en 2021 ? À cinq mois de l’élection présidentielle, le flou règne partout. Difficile de dégager autre chose qu’un infini sentiment de brouillard. Dans cet ultime virage avant l’arrivée, la côte de popularité du Chef de l’Etat va crescendo. Ses réalisations suscitent admiration et gratitude. Tout semble indiquer que Patrice Talon, Président de la République, est en bonne voie pour le rester. Au sein de l’opposition, l’ambiance est acrimonieuse. Depuis quelques jours, ils assistent, médusés, à l’effondrement de leurs bases militantes au profit de « Agbonon ». Jusque-là, aucun objectif politique en vue. Que des déclarations pusillanimes, des abois hystériques, des métaphores creuses et de la rhétorique essoufflée.
    Décimés par leurs frasques aux dernières législatives, les membres de l’opposition n’ont pas su se réorganiser pour la reconquête du pouvoir en 2021. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé. La Résistance nationale simulée en 2019 par les anciens présidents Boni Yayi, Nicéphore Soglo et l’ancien ministre Candide Azanaï a tôt fait de voler en éclat face aux intérêts individualistes de ses leaders. Si Boni Yayi a pu fonder un nouveau parti après avoir claqué la porte de la Force Cauris pour un Bénin émergent, Nicéphore Soglo, lui, n’a eu d’autre choix que d’assister impuissant à la disparition de la Renaissance du Bénin, emportée dans les décombres de la réforme du système partisan.
    Quant à Candide Azanaï, le tribun de la plèbe, il affiche une position on ne peut plus ambiguë. Son parti Restaurer l’Espoir n’a pas jugé nécessaire d’effectuer les démarches prévues par la loi pour sa reconnaissance en tant que tel et évolue dans une direction bouchée. Beaucoup s’interrogent d’ailleurs sur la position de ce parti au sein de l’opposition, tant les réflexes se sont émoussées à force de deviner les non-dits.
    Alors que l’échéance approche à toute vitesse, les Cauris sont les premiers à donner le la. Mais, le risque de l’implosion est patent. Paul Hounkpè et Théophile Yarou, les deux leaders de ce parti qui incarne l’opposition, convoitent tous deux le fauteuil présidentiel. Un malheureux épisode qui porte en lui des germes de division et qui pourrait précipiter l’agonie du parti avant même la précampagne. D’ailleurs, le parti est en mal de ligne et sa base s’effondre de jour en jour au profit du pouvoir Talon.
    La revanche de Boni Yayi sur les Cauris ne porte pas encore ses fruits. Les Démocrates, toujours en quête de reconnaissance, n’affichent aucune ambition politique à ce jour. Leur programme semble reposer sur la restauration d’une démocratie illusoirement en péril et le retour d’exilés politiques qui ont maille à partir avec la justice. Si leurs réelles ambitions sont aussi sombres que leur stratégie politique, on peut néanmoins leur accorder la présomption d’être partis avec de bonnes intentions. Pour autant, ils auront du mal à remobiliser une base politique désormais acquise à la cause de l’architecte du « Bénin Révélé ».

    Le phénomène Aïvo…

    Avant de jouer sa crédibilité à quitte ou double, Patrice Talon devra prendre au sérieux les candidatures indépendantes, en particulier celle de l’ovni politique Aïvo. Le monde politique bruisse de rumeurs sur ses ambitions. Le Professeur Frédéric Joël Aïvo attire davantage l’attention. Dans les urnes, il s’agit d’une possibilité. Mais dans les couloirs, le bruit est avéré. Pour l’heure, l’universitaire n’a toujours pas fait part de ses intentions. Depuis quelques mois, il s’emploie à instiller l’évidence de sa candidature à la prochaine présidentielle. Il reçoit beaucoup, il visite beaucoup et il soigne ses relations. Il ne cesse de multiplier ses déplacements à l’intérieur du pays afin de rallier les populations à sa cause. Sa communication depuis peu, sans être inexistante, reste sobre. Son leitmotiv : restaurer l’Etat de droit et la démocratie. Atteindre le fauteuil présidentiel, il est sûr d’y parvenir.
    Malgré son indépendance vis-à-vis des partis politiques en règle et sa fin connaissance des dispositions électorales qui lui imposeraient des parrains, Joël Aïvo continue de surprendre avec ses tournées. Cependant, si sa vision semble rejoindre celle des Démocrates, l’agrégé des facultés de droit ne propose pas, jusque-là, un programme politique faisant de lui l’alternative crédible capable de convaincre les Béninois qu’il sera l’homme de la situation en 2021.
    Avec un bon compromis et le soutien des exilés politiques, il pourrait bénéficier d’un alignement parfait des étoiles et réussir à sortir de la masse pour affronter Patrice Talon. Là encore, il lui faudra convaincre les Béninois avec un programme concret, ambitieux et réalisable comme le fait le chante du Nouveau Départ depuis bientôt cinq ans. En tout cas, le fils de Baba Yabo croit en son destin, et c’est son droit.
    Nul ne doute que les ambitions présidentielles de l’opposition se jouent en ces jours incertains. La victoire reviendra à celui qui sera considéré comme le moins mauvais pour maintenir le pays dans le rythme du développement amorcé depuis 2016. Bientôt, les orgues de Staline sortiront et la Cena sonnera le tocsin. Que le meilleur gagne !

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