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    Affaire 39 ha à Calavi : Georges Bada, une avanie pour l’Union Progressiste ? - Les Pharaons

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    Cyrille LIGAN
    C’est un cataclysme sans précédent. Erreur impardonnable, cela va de soi, mais surtout irréparable. Georges Bada, membre de l’Union Progressiste, est soupçonné par la justice d’être au centre d’une rocambolesque affaire de bradage d’un domaine de plus de 39 hectares à Abomey-Calavi, dont il fut maire. Contre toute attente, sa mise en détention provisoire, au même titre qu’une bonne partie des édiles de la commune, enflamme les passions depuis le 7 décembre dernier. Si la justice est décidée à faire feu de tout bois pour élucider cette affaire, l’allégeance de l’ex-maire et de quelques-uns des prévenus à l’Union Progressiste ne semble pas embarrasser le landerneau politique où personne se refuse à apporter son commentaire, au risque d’assimiler le parti à une planque de voleurs et d’escrocs.
    Compagnons d’infortune ou compagnons du devoir ? Tout semble indiquer que l’appartenance de certains d’entre les prévenus dans cette affaire domaniale au parti du Cheval gagnant ne les protège guère du scandale dans lequel ils sont embourbés. Loin de là, le parti de la mouvance présidentielle semble ne pas se mêler de cette affaire dont les ramifications et l’objet vont à l’encontre des idéaux défendus au sein de l’UP. Mieux, cette action judiciaire s’inscrit dans la politique répressif du gouvernement Talon qui nourrit l’espoir qu’aucun repos ne sera accordé aux auteurs de malversation financière ou de mauvaise gestion des biens publics.
    Chez les Progressistes, les amis qui manquent d’intégrité dans les gestion des biens publics font de mauvais comptes. La lutte anti-corruption engagée depuis 2016 est bien en marche et ne connait point d’amis. Le cas Bada et consorts nous apprend que même les proches du régime ne dérogent pas à la règle. Et l’Union Progressiste a tout intérêt à laisser la justice faire son job au risque de voir son image écornée. Désormais, il est plus qu’évident que la couleur d’un homme politique, fut-il cadre, ne l’absoudra pas de ses erreurs passées, présentes ou futures.
    Par ailleurs, cette affaire confirme à quel point le critère de proximité avec le Chef de l’Etat, outre celui de l’autorité, ne pèse qu’une plume dans les affaires judiciaires, en particulier dans les dossiers de malversations ou d’abus d’autorité. Le chantier sur lequel le président Patrice Talon s’est engagé est non seulement le plus ancien du monde, mais il se veut surtout le plus radical. L’expérience est souvent tumultueuse, car elle attise les velléités politiques.
    En cette veille de Noël, Georges Bada et ses pairs n’auront aucun cadeau. La faute essentiellement au programme de lutte anticorruption lancé par le gouvernement. Dans le collimateur de la justice, les prévenus doivent se laver de tout soupçon. Certes, ils ont leur vérité, mais en attendant leur procès, leur image se trouve froissée. Contrairement à ce qu’on peut penser, leur mise en détention n’est pas une avanie pour l’Union Progressiste. Mieux, il semble que le parti veut montrer l’exemple. Qui plus est, sa neutralité lui procure une image conforme aux actions du régime Talon qui veut rompre avec les pratiques peu catholiques.

    Dios CHACHA



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