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    Restitution des œuvres pillées : Patrice Talon créé la surprise et relève le défi - Les Pharaons

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    Cyrille LIGAN
    Feu vert ! Place au retour des trésors pillés lors du sac du palais royal d’Abomey par les troupes françaises en 1892. A l’issue d’un chassé-croisé d’engagements et de négociations ces dernières années, et à moins de cinq mois de la fin de son quinquennat, Patrice Talon obtient l’approbation du parlement français pour récupérer les artefacts royaux de Béhanzin. Une bonne nouvelle pour le développement touristique sur lequel mise le Chef de l’Etat pour révéler le Bénin au monde. Cette lutte qui vient à terme a été menée au gré de différentes péripéties et de nombreux échecs essuyés par le gouvernement Talon. Personne n’y croyait, mais le résultat est là et séduit.
    En effet, le 27 juillet 2016, le Conseil des ministres approuvait une demande relative au retour, au Bénin, des œuvres royales emportées par le général Alfred Dodds en 1892. François Hollande, alors président de la République française, s’y était opposé. Mais l’élection du président Emmanuel Macron a changé la donne. Ce dernier, d’une oreille plus attentive, s’y est engagé et, lors de son discours à Ouagadougou le 28 novembre 2017, a promis qu’il ferait en sorte que les trésors africains puissent retourner en Afrique. Le projet de loi, soumis à l’Assemblée nationale française, a été adopté ce jeudi 17 décembre.
    Ce n’était pas gagné d’avance, car malgré la mise en place d’un comité chargé d’en définir les modalités avec la partie française, l’initiative avait peu de chances de prospérer dans les navettes parlementaires. Mais, cela n’aura pas suffi à émousser l’ardeur du président Patrice Talon, déterminé à réintégrer ces trésors royaux dans le patrimoine culturel béninois. Piqué au vif par une vision de développement économique plutôt axé sur le tourisme, et donc sur le patrimoine, le Chef de l’Etat s’est personnellement investi pour le retour de ces 26 œuvres exposées au musée du Quai Branly-Jacques Chirac, à Paris.
    A en croire Patrice Talon, « la restitution, le partage et la circulation des biens culturels sont désormais pour le Bénin, un moyen de lutte contre la pauvreté, un facteur de création d’emplois et de richesses, un outil de développement socioéconomique ; toute chose qui relève des objectifs de l’aide au développement et de la coopération ».Le Sénat avait entériné le mercredi 4 novembre dernier la restitution de ces biens culturels à l’issue d’un débat sémantique portant sur les termes « restitution » et « remettre » substitués dans le texte initial du projet de loi par les termes « retour » et « transférer ».
    Qu’importe ! L’histoire retiendra que le Bénin de Patrice Talon aura été le premier pays francophone d’Afrique noire à créer la surprise en réclamant à la France ses trésors royaux. En s’engageant sur cette voie, le Président Talon a pris non seulement le risque de jouer sa crédibilité, mais aussi de mettre en jeu l’autorité et l’efficacité de l’État centralisateur pour les années à venir. Parce que le sort en est jeté : les décisions n’ont plus d’autre choix que d’être efficaces. De sources concordantes, le gouvernement prévoit exposer les 26 œuvres dans le nouveau musée des amazones et des rois du Dahomey qui serait inauguré courant l’année 2021. Pour autant, la date du retour n’est pas encore arrêtée : la France a un an pour rendre ces trésors au Bénin.
    Au-delà du simple aspect touristique, ces trésors royaux revêtent un caractère symbolique qui justifie leur rapatriement. Et c’est à l’actif du quinquennat de Patrice Talon qui devra organiser, sans tarder, le retour physique de ces biens. Voilà qui résout le conflit qui empoisonne les relations entre la France et le Bénin, gage d’une refondation du partenariat culturel entre la France et le Bénin.

    Dios CHACHA



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