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    Bénin/Politique : À vide de pouvoir, Yayi imite le Christ à Parakou - Les Pharaons

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    Cyrille LIGAN
    Il est ressuscité : cet air pascal qui évoque la résurrection du Christ en écho à la Galilée chez les chrétiens a été entonné, parmi tant d’autres, weekend dernier à Parakou pour accueillir l’ancien président Boni Yayi. Certes, on le savait prédicateur ou pasteur, mais l’on ne pouvait jamais se douter qu’il se ferait passer un jour pour le Christ. Pourtant, tout a été mis en œuvre pour offrir un spectacle politique digne des retrouvailles du Christ avec ses apôtres à Boni Yayi. Beaucoup de femmes. Qui créent à elles toutes seules l’impression de confusion entre huées et bain de foule. Malgré la perfection de la mise en scène, le folklore a été frappant.
    Au cœur de la tourmente qui électrise le paysage politique, le membre fondateur du parti Les Démocrates se perd dans une boulimie, plutôt voulue que subie, mais qui risque de banaliser sa parole publique. En vrac ses incantations néo-démocrates sur la théorie de Rousseau et l’état de nature, sa prêche de l’espérance, ses colères nerveuses, ses diatribes contre ses innombrables ennemis politiques (Fcbe, Talon, etc.), ses connaissances sur la crise sanitaire du coronavirus et les applaudissements télécommandés des spectateurs Avec l’illusion du contact direct, Yayi s’offre un espace de défoulement tout à fait adapté : celui d’une grande cour de récréation où il se pose en caïd, où il est encore moins obligé d’argumenter que dans les médias, où il peut reprocher aux autres les travers qu’il étale lui-même, la mauvaise foi la plus éhontée. Il y impose, enfin, sa propre vision du monde.
    A quoi bon chanter des cantiques quand on a le cœur fermé à tout amour ? Nul ne doute que Boni Yayi est le champion toutes catégories des interventions populistes. En ajoutant à son palmarès son récent spectacle à Parakou, fait-il un pas de trop? Le débat n’est pas nouveau sur la pertinence de ses déplacements. Personne ne comprend exactement à quoi il veut arriver. Peut-être qu’il pense, à tort, que sans bain de foule, sa retraite politique après la Marina serait cruelle. Mais qu’on le veuille ou non, ce débat est caduc. L’obtention du récépissé du parti Les Démocrates n’a été en rien une marche triomphale.
    Le parti a remporté une victoire comme une quinzaine d’autres partis, mais doit encore convaincre de sa crédibilité en tant qu’une opposition capable d’offrir une alternative du pouvoir Talon. L’ancien chef d’Etat ne veut pas se résoudre à l’évidence qu’il n’est plus en exercice depuis 2016. Plutôt de se poser en personne ressource pour le développement du pays, compte tenu de ses fonctions passées, il se positionne en précurseur, modèle de réussite de la démocratie béninoise et veut corriger le tir du tout au tout. En se comportant comme tel, il complaît à ses laudateurs, mais ne rend service à personne. Certes, sa boulimie médiatique lui permet de démontrer qu’il exerce constamment et totalement son pouvoir, un pouvoir qu’il a perdu depuis 2016.

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