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    Verdict dans l’affaire “Tricherie au concours des magistrats”. Quand l’économie chevauche le droit pour l’intérêt général - Les Pharaons

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    Dans l’affaire relative à la tricherie organisée lors du concours de recrutement de 100 auditeurs de justice (futurs magistrats), les mesures punitives se sont enchaînées. Tout est allé très vite. Le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire se sont mis en branle et ont déclenché la procédure d’une sanction administrative mais aussi pénale. Au nom de l’équité et de l’égalité des chances, le Président de la République, Patrice Talon, avait ordonné l’annulation du concours. Le procès des quatre (04) prévenus poursuivis dans cette affaire de ” Tricherie au concours des magistrats ” s’est déroulé ce mardi 22 décembre au tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Après la phase des auditions, des plaidoiries et des réquisitions du ministère public, le juge a prononcé une série de sanctions. Les deux candidates tricheuses, Clarisse Assogba et Maissarath Koukoui sont condamnées à 36 mois de prison dont 12 fermes. Poursuivi pour fraude et complicité de fraude, le Directeur adjoint de cabinet (Dac) du ministère de la justice, Timothée Yabit, a écopé de 6 mois de prison avec sursis. Timothée Yabit a d’ailleurs été relevé de ses fonctions de Dac du ministère de la justice en marge du Conseil des ministres tenu ce mercredi 23 décembre 2020. L’avocat Pacôme Koundé, qui est l’époux de l’une des candidates a été relaxé au bénéfice du doute par le juge. Les 4 personnes poursuivies ont été condamnées à payer solidairement la somme de 38. 710 160 FCFA, représentant une partie des fonds engagés pour l’organisation du concours de recrutement des auditeurs de justice. C’est la nature de cette dernière sanction appliquée aux quatre personnes poursuivies qui fait apparaître la notion d’économie. Parallèlement aux peines privatives de liberté, les quatre personnes poursuivies devront payer solidairement plus de 38 millions FCFA. Il s’agit d’une compensation financière des préjudices causés à l’État organisateur du concours. Ayant posé des actes cités en cause de l’annulation du concours organisé par l’État avec des fonds publics, les quatre personnes poursuivies sont astreintes au payement de plus de 38 millions FCFA. Cette sanction pécuniaire infligée aux coupables permettra à l’État de recouvrer tout au moins une partie des fonds publics engagés pour l’organisation du concours des magistrats ; lequel concours devra être repris dans les semaines à venir. Alors que les avocats de la défense entendent interjeter appel après les sanctions infligées à leurs clients, le verdict du juge prononcé ce 22 décembre 2020 est un filet de sécurité économique. Au-delà des préjudices moraux, les plus de 38 millions FCFA que les prévenus devront payer procèdent d’une justice économique. Ce verdict est au confluent du droit et de l’économie. Il réprime les fautifs pour donner l’exemple à travers la promotion de la vertu mais préserve en même temps les intérêts économiques du peuple. L’économie a ainsi chevauché le droit en s’adjugeant ses bases pour servir l’intérêt général. Pour rappel, le concours de recrutement des auditeurs de justice a été organisé le samedi 12 décembre 2020. Dans l’après-midi au lycée Coulibaly, des cas de fraude et de tricherie ont été signalés lors de la composition de l’épreuve de procédure pénale. En conférence de presse le 15 décembre, le procureur de la République, Mario Mètonou, avait indiqué que deux candidates avaient été arrêtées pour des faits de tricherie. “L’une a été vue en train de manipuler un téléphone portable par lequel elle correspondait avec une personne extérieure, l’autre avec des documents écrits en forme de brouillons qui n’étaient pas ceux fournis par le centre d’examen “, avait renseigné le procureur Mario Mètonou.

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