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    Bénin/Présidentielle 2021 : Les dangers qui font craindre le désastre d’une primaire à la FCBE - Les Pharaons

    FCBECauris

    Cyrille LIGAN
    La primaire est-elle en état d’aporie à la FCBE ? À quatre mois du scrutin présidentiel, il apparaît bien risqué d’y répondre. Il y a quelques semaines encore, les Cauris ne juraient plus que par l’organisation de cette primaire pour désigner leurs chefs de file à la prochaine présidentielle. A s’y pencher, plusieurs facteurs laissent présager une fin peu commode pour le parti de l’opposition. La grogne monte et l’opportunité semble de moins en moins acquise, faute de consensus sur la définition des critères et le processus de la désignation des candidats. Une primaire qui, par la force des choses, s’annonce plus nocive que salvatrice pour le parti.
    Deux différents comités qui ne font pas consensus. Ce sont là les questions cruciales qui nouent le débat chez les Cauris. Derrière l’interminable débat s’opposent deux visions. L’une, majoritaire, qui estime que le comité chargé de définir les critères des candidats à l’élection a outrepassé ses prérogatives en allant jusqu’à indiquer le processus de désignation des candidats dans son rapport. Si ce rapport a été haché puis saucissonné avant d’être, au finish, partiellement adopté, ce même camp dénonce l’attitude du bureau politique qui voudrait se charger de la mise en place du comité de désignation des candidats. Quand bien même il existe un bureau exécutif national plus représentatif et plus consensuel. L’autre vision défend l’inverse.
    Autre aspect essentiel de cet échafaudage branlant : son caractère expéditif. Bricolée à la hâte afin de permettre au parti de s’offrir une légitimité renouvelée auprès du peuple, la primaire s’inscrit dans un cadre exceptionnellement bref. Son principe a été entériné après les communales de 2020. Cependant, à ce jour, le comité de désignation des candidats n’est même pas encore installé. Aussi, les candidats doivent-ils encore faire la course aux parrainages, démontrer qu’ils ont l’étoffe et les ressources nécessaires pour prétendre à cette fonction. Et tout cela, dans un laps de temps.
    Par ailleurs, l’annonce d’une liste de candidatures aléatoires fait plomber l’atmosphère. Jusqu’ici tout va à peu près, avec Théophile Yarou et Paul Hounkpè qui se partagent la rose. C’était sans compter sur les prétendues ambitions de l’ancien ministre Alassane Soumanou Djimba. Des candidats difficilement réconciliables dont les candidatures pourraient renforcer le clivage nord-sud et donner à cette primaire des allures d’une certification régionaliste. Dans ce contexte, on imagine mal une photo de famille derrière le vainqueur, quel qu’il soit.
    Pourtant pensée comme le meilleur moyen pour rassembler tous les militants autour du candidat qui serait désigné au sein du parti, la primaire a visiblement du plomb dans l’aile. Les questions qui divisent doivent pourtant être tranchées au plus vite. Car même si une primaire réussie ne garantit en rien la victoire aux élections, c’est déjà en soi un gage de modernité pour un parti comme la FCBE. En vérité, la primaire serait une chance pour le parti d’espérer susciter une nouvelle adhésion et un minimum d’élan, à supposer qu’il se montre convaincant, ce qui bien sûr n’a rien d’évident.
    Pour profiter d’un horizon clairement identifié, encore faudrait-il que la FCBE elle-même soit en ordre de bataille, construise un projet avant de choisir qui peut l’incarner. Elle en est loin. Le temps presse, et chaque jour qui passe apporte son lot de confusion. Pendant ce temps, les candidatures se multiplient. Le risque que l’organisation de ce débat d’idées vire à la foire d’empoigne reste non négligeable. Quel que soit le résultat, la primaire sera pour les Cauris une rampe de lancement pour la présidentielle.
    Si l’implosion s’invite, ce sera la fin pour ce parti qui a beaucoup à prouver. Alors, évidemment, les gardiens du temple doivent éteindre les contre-feux qui pourraient justifier un certain conservatisme qui rendrait impossible cette primaire tant voulue. Bien malin qui pourra deviner si les primaires auront vraiment lieu avant les présidentielles.

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