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    Bénin/ Culture Roch G. David et le Grap passent le Fâ au scanner de la science - Les Pharaons

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    Sous la houlette du Professeur Roch Gnahoui David, Doyen de la Fadesp et Président du Groupe de réflexion alternatives et perspectives ( Grap), des universitaires et des sachants du monde culturel et cultuel ont débattu de l’histoire du Tofâ. À cette conférence du Grap organisée ce samedi 23 janvier 2021 dans la salle polyvalente de la Chaire UNESCO de l’Université d’Abomey-Calavi, le Tofâ 2020 a été décodé par les professionnels du Fâ. Les communications animées sonnent comme un message d’exhortation de retour aux valeurs endogènes. Elles ne laissent aucun espace pour l’acculturation des citoyens. Elles ont suscité dans le cœur des participants la faim de comprendre d’où est-ce qu’ils viennent? Où sont-ils ? Où vont-ils ? Selon les sachants et les universitaires, le passé, le présent et le futur sont cernés par le Fâ mais ignorés du peuple à cause de la diabolisation prônée par les puissances coloniales. De cette conférence qui a réuni au même pupitre, des universitaires solidement ancrés dans le Fâ et les Sachants du Fâ, la question récurrente de la relation entre le Fâ et la politique a été élucidée. « Le Fâ est un instrument politique avant d’être social », a déclaré le Professeur David koffi Aza. C’est d’ailleurs pourquoi le Tôfa existe, dira-t-il. Dans l’histoire du Dahomey d’alors, le premier Tofâ a été fait le 15 novembre 1715 et le dernier en décembre 1891 avant sa reprise relativement récente. Le Fâ intervenait ainsi pour la première fois sous le roi Dossou Agadja afin de l’aider à pacifier le royaume. Le signe était Toula Gbogli. Au début du mandat de chaque roi, c’est le Fâ qui donne l’identité de règne et le programme d’action. Sous Dosssou Agadja, le signe est Woli Dola, c’est pour ça il s’est orienté vers la mer et son emblème est un bateau. Le roi Tegbéssou est venu avec le signe Tlou Kpinka, c’est pourquoi il a développé l’alcool. Après lui, c’est le roi Kpengla qui a eu le signe Gbetou Mila, raison pour laquelle il est resté imperturbable. Glèlè a eu pour signe Abla Wlin, qui signifie que salamandre va perdre ses enfants et va les chercher dans tous les coins et recoins. Il est le roi qui a eu plus d’enfant et ses enfants sont éparpillés un peu partout. À sa mort, au moins 200 femmes qui lui ont fait d’enfants l’ont suivi. Son signe était un signe dangereux. C’est un signe qui annonce la chute. C’est pourquoi jusqu’aujourd’hui on ne permet pas à ceux qui ont ce signe d’être élu où d’être responsable de quoi que ce soit. Il faut noter que le signe de Glèlè avait annoncé la chute de la dynastie. La preuve, sous Béhanzin cela n’a pas raté. Le roi Béhanzin a eu pour signe Aklan Wlin qui veut dire, la misère est trop ; de grâce, il faut que la misère s’arrête. A cette époque le Fâ a demandé au roi d’aller faire l’agriculture au lieu de faire la guerre. Mais le roi répondit en ces termes : « un homme digne de son père ne va pas au marché pour acheter la peur mais il achète le courage ». Il aura eu le courage de faire la guerre et nous avons vu la suite car son signe Akla Wlin savait que son sort est en exil. Depuis la chute royale depuis le 12 février 1900 par l’arrêté 102 du roi français, le Fâ n’était plus l’apanage de la dynastie. Mais un vent nouveau a soufflé et les choses ont repris de plus belle. A chaque consultation annuelle, des interprétations divergent et semblent salir la réputation des initiateurs. Le Tôfa 2020 est un exemple palpable.

    *Que dit superficiellement le Tofâ 2020 ?*

    A cette conférence du Grap, le professeur Koffi Aza et Dah Kpéyi, deux initiateurs de Tôfa ont expliqué le signe de l’année 2021. Selon la consultation faite en décembre 2020, le signe révélé est Sâ Mèdji. « Sur le Tofâ, les sacrifices sont prévus pour le samedi 30 sous les pylônes à Godomey (…). Sur Sâ Mèdji, simplement pour résumer ; c’est vrai que le signe est positif. Mais le signe comporte beaucoup d’éléments qu’il faut corriger. Déjà il dit par où on est passé pour poser des pièges, on passera également par là pour les enlever. La maîtresse n’a pas trouvé de la place nulle part et s’est pliée en deux entre les jambes. Mais il dit que la pierre ferreuse quand elle s’étale il n’est pas facile de le déloger. Donc ceux qui pensent qu’on peut déloger mon roi, ce ne serait pas aussi facile. Deuxièmechose, il dit, le vent a tout secoué mais ne peut secouer la montagne. Je pense que mon chef de famille reste imperturbable. Il dit l’oiseau sacré qui a la patte huilée ne tombe pas dans les pièges de col. Il faut faire beaucoup attention pour ne pas tomber dans les pièges. C’est vrai qu’on va faire des sacrifices mais le grand sacrifice c’est ‘’aïvo’’, c’est dans le cœur. Le Fâ comporte beaucoup d’instabilités certes, mais on peut avec le cœur avec sa tête sortir également de ça. C’est vrai que nos mamans sont mises devant parce que c’est un signe de femme. C’est le signe de la fille de la mère du Fâ. La mère du Fâ, c’est Kou Mèdji. C’est elle qui a engendré le Fâ. Sa fille la plus puissante est le Sâ Mèdji. C’est le signe le plus craint dans tous les domaines à cause de son effet dévastateur lié à la sorcellerie. Donc nos mamans n’ont qu’a prié pour les enfants même si l’enfant commet des impairs, il faut le pardonner. La puissance matricielle sera à la plénitude de sa manifestation. Quand on parle de puissance matricielle, c’est le positif et le négatif. Il faut que le négatif disparaisse pour que le positif reste en 2021. Les bokonons sont à l’œuvre. Je vous prie de nous accompagner pour vous accompagner », a détaillé le Professeur Koffi Aza. Pour sa part, le professeur Roch Gnahoui David fera savoir, dans son propos conclusif, que le Fâ est partout, que le Fâ est tout et que le Fâ, c’est l’Homme. Sans le Fâ nous n’existons pas au Bénin. De son propos, on peut retenir trois messages. Le premier message dit qu’il ne faut pas mentir. Le deuxième dit qu’il ne faut pas suivre les menteurs. Le troisième dit qu’il faut dire la vérité et suivre la vérité. La vérité qu’on doit suivre est confirmée par Sâ mèdji. Pour le bien on connait le choix, a conclu le Professeur Roch Gnahoui David, président du Grap. Rappelons que les panélistes sont au nombre de huit. Entre autres, les universitaires Dodji Amouzouvi, Hygin Kakaï, Oswald Kpengla, Roch Gnahoui David, les sachants Gratien Ahouanmenou, Prof Koffi Aza ; Dah Kpéyi et le politique Séraphin Agbahoungbata, vice-président du Grap.

    Dios CHACHA



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