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    Bénin / Affaire Madougou : L’opinion décrie l’automaticité des attaques contre la justice - Les Pharaons

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    Cyrille LIGAN

    Dans le contexte, diversement apprécié, de la nébuleuse affaire Madougou ou du bien contestable « association de malfaiteurs et terrorisme », l’expression publique s’est libérée. Dans l’opinion publique, l’affaire fait beaucoup d’étincelles. Estomaquée par l’interpellation d’une des leurs, la famille politique de Réckya Madougou vole à son secours et faire bloc autour d’elle quitte à distiller quelques confusions au passage afin d’écorner l’image de l’institution judiciaire. Ils récusent en effet une « justice politique » qui aurait dépassé les bornes. Pas de quoi convaincre toutefois l’opinion qui, dans les médias et sur les réseaux sociaux, peine à se prêter à « une scène de victimisation » et de « supposé acharnement politique ». Certains, beaucoup plus perplexes, dénoncent l’automaticité des attaques répétées contre la justice et l’impartialité des juges de la Criet.

    Le phénomène n’est pas nouveau. Depuis quelques temps, l’interpellation de personnalités politiques déclenche automatiquement des attaques de l’opposition contre l’indépendance de la justice. Certains politiques dénoncent la manière de procéder de la Criet qui, selon eux, fait fi des procédures ou des règles bien définies. Et c’est de bonne guerre. Accusée d’avoir financé, par l’intermédiaire d’un colonel à la retraite et l’un de ses collaborateurs, le meurtre de deux personnalités politiques de la ville de Parakou « afin de provoquer la terreur, le chaos et parvenir ainsi à faire suspendre le processus électoral », l’ancienne ministre de Boni Yayi est dans de beaux draps. Car comme le font remarquer certains, fort heureusement, le temps où les politiques étaient intouchables est révolu. Si d’autres admirent le courage de la brigade économique et financière dans l’interpellation d’une personnalité aussi influente que Réckya Madougou, d’aucuns déplorent les conférences de presse interposées pour salir l’image de la justice au sein de l’opinion.

    Les faits mis à la charge de dame Réckya Madougou sont loin d’être fantaisistes et anodins, surtout dans le contexte politique actuel. De graves accusations corroborées et étayées par des preuves dont la pertinence sera souverainement appréciée par la justice sont légions. Prétendre ainsi que la justice agirait à des fins partisanes, c’est non seulement porter atteinte à l’impartialité des magistrats qui travaillent pour l’intérêt général, mais aussi empêcher l’institution judiciaire de faire la lumière sur cette affaire. Et c’est de loin le seul moyen de confirmer ou d’infirmer l’implication de l’ancienne ministre dans ce dossier de déstabilisation du pouvoir politique. En tout cas, l’opinion revendique la bonne foi de la justice et attend d’elle une impartialité des dieux pour éclairer cette nébuleuse affaire. Si elle devait être reconnue coupable des faits qui lui sont reprochées, la majorité de l’opinion voudrait que Madougou subisse une application pure et dure, intransigeante et dépourvue de tout scrupule, de la sanction pénale pour, peut-être, avoir voulu mettre en péril la paix et la quiétude qui leur sont chères.

    Dios CHACHA



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