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    Bénin/Affaire Madougou : Entre défiance et invectives, le FRD perd le fil de sa politique - Les Pharaons

    FRD-et-GNC

    Cyrille LIGAN

    Enfermé dans une hostilité systématique avec le pouvoir Talon, le Front pour la Restauration de la Démocratie est parvenu à s’offrir une tribune à Parakou ce dimanche, au détriment de la construction de sa crédibilité. Ce mouvement politique qui se rêvait, il y a encore quelques jours, en seul recours contre le pouvoir Talon, signe son retour dans le débat public avec des discours teintés d’agressivité. « Manœuvre politique grossière », « acte démocratiquement très grave», « arrestation brutale », inutile de dire que le FRD et Les Démocrates rivalisent de formules pour qualifier l’arrestation de Réckya Madougou dans l’affaire dite d’associations de malfaiteurs et terrorisme. Les invectives du Front ajoutent l’outrance à la fébrilité et l’éloignent de sa ligne politique.

    Ce dimanche, à l’évidence soulagée, l’appel fut lancé depuis Parakou. Il a eu le mérite de résonner à Cotonou. La libération de Réckya Madougou devient une priorité, sinon la priorité numéro 1. Les Frontistes sont déterminés « à aller chercher Réckya Madougou là où elle se trouve ». A la prison civile de Missérété. Mais au risque de les heurter, l’incitation à la rébellion tiendrait de l’atteinte à la sureté de l’Etat, si elle ne révélait un mal plus profond. Car cette affaire ne concerne pas tant le Front que la sûreté de l’Etat béninois. L’argument est curieux. Le FRD dénonce une instrumentalisation de la justice par le gouvernement, alors que les enquêtes sont toujours en cours. Une position qui s’écarte de l’ADN du FRD qui se veut un mouvement pacifique, démocratique.

    D’ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler la présomption d’innocence dont bénéficie dame Réckya Madougou ainsi que le caractère très sensible de cette affaire. A la justice de faire son travail. Nourris à l’impunité et à l’opacité, certains ne peuvent plus, au prétexte qu’ils sont opposants, ne jamais s’expliquer, ou pire défier la justice. Ils ont eu beau jeu en profiter de ce statut sous les régimes précédents, ils doivent reconnaitre que le temps où il fallait se garder d’être faible face à la justice est lointain et qu’il faudrait maintenant craindre d’être puissant face à la République. Gageons que la justice ne se laissera pas piéger par ces coups qui tendent à détourner le débat pour éviter le vrai sujet.

    Dios CHACHA



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