ALERTE :

    Afrique/ Économie Refus d’annulation de la dette. Le Bénin bien coté pour l’accès au financement extérieur - Les Pharaons

    wadagni 1

    Seul contre tous mais déterminé et convaincu de la logique de sa position face au reste du monde. Sur la pernicieuse question de la gestion de la dette publique africaine en pleine crise sanitaire de la Covid-19, le Bénin n’a jamais été aussi ferme. Hier comme aujourd’hui, le Bénin s’oppose à toute politique globale d’annulation de la dette des pays africains. Cette solution suggérée par certaines puissances comme la France et autres du G20 aux fins d’assurer une relance économique sur le continent africain présenterait moins de vertus aux yeux de l’État béninois qui tire d’ailleurs profit de sa position sur les marchés financiers. En 2020 l’économie mondiale a enregistré une chute drastique (8%) du PIB avec une perte estimée à près de 10.000 milliards de dollars. L’ Afrique a, quant à elle, été confrontée à une récession économique (2,4%) du PIB. Mais en dépit de ces voyants rouges, le Bénin s’est résolu à ne souscrire à aucune demande d’annulation de sa dette. Le pays a plutôt plaidé pour une facilitation d’accès à de nouvelles ressources sur les marchés financiers internationaux au profit des pays africains. Au sommet de Paris organisé le 18 mai 2021 sur les économies africaines, soit dans une période considérée comme « post-Covidienne », le Bénin n’a pas varié sur sa position relativement à l’annulation de la dette. Par la voix du Ministre d’État chargé de l’économie et des finances, Romuald Wadagni, le Bénin a suggéré une allocation des Droits de Tirage Spéciaux (DTS). Il s’agit d’une approche de « solidarité mondiale » qui offrirait la possibilité aux pays riches de renoncer à empocher leur quote-part de Droits de Tirage Spéciaux et d’accepter les ré-allouer aux pays africains considérés comme des pays à économies fragiles. « Notre logique a été toujours de dire que quand on a durement acquis une crédibilité sur la place des marchés, en période de crise, le premier réflexe, c’est de s’assurer d’avoir les capacités d’honorer ses engagements. Et donc toutes les solutions qui permettent au pays d’avoir des ressources nouvelles pour honorer les engagements doivent être privilégiées. », a soutenu le Ministre d’État béninois de l’économie et des finances, Romuald Wadagni sur Rfi. Pas question donc d’opter pour un moratoire encore moins pour une annulation de la dette. Alors que les différentes propositions sont en cours d’examen au sein des institutions financières internationales, l’option assumée du Bénin lui assure une amélioration de sa note de souveraineté et une crédibilité d’État en capacité de solvabilité sur le marché de levée de fonds. En maintenant la notation du Bénin à « B+ avec Perspective Stable » fin avril, l’agence de notation Standard & Poor’s atteste de la solidité des bases économiques du pays; annonce un rebond de la croissance du PIB de 5,0% en 2021, qui devrait atteindre 6,5% en moyenne sur la période 2022-2024; projette une reprise de la consolidation budgétaire dès 2021, etc. Selon l’agence Standard & Poor’s, le Bénin devient l’exception avec ces bonnes perspectives dans un contexte où toutes les économies dégringolent. L’une des explications, précise l’agence, est liée au succès des opérations de financement extérieur, donc de l’accès facile aux fonds sur les marchés financiers. L’agence rappelle que la décision du gouvernement de ne pas participer à l’initiative de la suspension ou de l’annulation de la dette a été favorablement accueillie par les investisseurs. D’ailleurs ce 27 mai 2021, les investisseurs ont proposé 170,805 milliards FCFA au Bénin alors que le pays avait mis en adjudication sur le marché Umoa-Titres des Obligations Assimilables de Trésor d’une valeur de 60 milliards FCFA. Cet excès de fonds souscrits est une preuve matérielle que le rapport de l’État béninois à la dette ( déterminé à rembourser) convainc les investisseurs. Enfin, cette facilité à accéder au financement extérieur participe à une solidification des bases économiques à travers le financement optimal du budget de l’État et l’organisation d’une reprise de l’activité économique. Selon le Fonds Monétaire International ( FMI) qui a présenté les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne en mai 2021, le Bénin devrait enregistré une croissance économique d’au moins 6% en 2021 contre 3,2% en 2020. Pour le Bénin, il s’agit d’une prévision de croissance exceptionnelle dans la région qui s’explique par plusieurs facteurs dont le refus d’annulation de la dette.

    Dios CHACHA



    Qui sommes-nous?

    Les PHARAONS est  un  quotidien béninois paraissant au Bénin , disponible également dans une  version en ligne.

    Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


    Contactez-Nous

    Appelez à tout moment