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    Bénin/Politique Rencontre Yayi-Talon, et maintenant ? - Les Pharaons

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    Cyrille LIGAN

    Patrice Talon et Boni Yayi, coude-à-coude, les visages pris par l’émotion. L’image est devenue un symbole : celui de l’apaisement ou presque. C’était le 22 septembre dernier au palais de la Marina à Cotonou. L’ambiance du rendez-vous semblait chaleureuse. Mais au-delà des sourires affichés, il serait bien illusoire de penser que des mots aimables pourraient annihiler les divergences abyssales entre les deux hommes. Et pour cause, l’apaisement ne coule pas de source. Par intérêt bien compris, chacun a décidé de restaurer les formes pour que les apparences soient sauves. Le calendrier électoral dans le viseur, Boni Yayi a plaidé pour la libération des opposants politiques et le retour des exilés. Si Patrice Talon n’a émis aucun commentaire sur les requêtes de son prédécesseur, encore en décembre 2020 il soutenait lors de sa tournée nationale que le pardon viendra après la justice.

    Qu’importe ! A la suite de la rencontre du 22 septembre, les lignes pourraient bouger. Et nul besoin d’y voir une sorte de capitulation ou même de servilité. Loin s’en faut. Cette rencontre est sans doute un pas important sur le chemin de la délicate réconciliation. L’ancien président Boni Yayi a fait savoir à son successeur combien il tient à la décrispation « rapide » de la vie sociopolitique. Patrice Talon qui n’a ménagé aucun effort pour la tenue de cette rencontre a toujours clamé l’unité nationale et la disparition des clivages au nom d’un « Bénin uni et développé ».

    Dans cette stratégie des « petits pas », la bonne foi sera mise à rude épreuve. Du camp de Talon, la grâce présidentielle semble le seul moyen que l’on convoite. Du camp de Yayi, il serait de bon ton que la sérénité soit prescrite aux partisans va-t’en guerre qui, constamment nourris de haine et d’adversité, prennent en otage le pays à travers des scènes de violence et les réseaux sociaux. Afin que le processus ne patine, Yayi devrait en retour s’employer à rapprocher les camps qui se sont opposés pendant la crise postélectorale notamment dans le nord du Bénin. Dans ce contexte, le gouvernement a l’opportunité d’envoyer des signaux très forts. Les poursuites judiciaires devraient être menées à terme, afin que la vérité éclate et que la grâce intervienne dans la mesure du possible.

    Sans illusions, les deux camps savent bien que la voie vers l’apaisement sera sinueuse. Il est important, pourtant de garder ce cap, même en l’absence de réciprocité, et sans se laisser distraire par les intérêts divergents des forces politiques. Les deux hommes d’Etat doivent bruler les vaisseaux afin de pouvoir avancer sereinement dans ce processus entamé. L’espoir est là. Et il a besoin d’un nouveau souffle pour « faire vivre ». La classe politique, les partisans et sympathisants de la vision de l’un ou de l’autre devraient en prendre de la graine. Plus besoin de tergiversations, d’atermoiements car le moment ne sera jamais pleinement opportun. Tous ont tout intérêt à ne pas rater ce virage de la réconciliation.

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