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    Bénin/Politique Pardon présidentiel et normes légales, l’éprouvant dilemme - Les Pharaons

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    L’offense contre la République a été inimaginable. Intolérable pour les esprits lucides profondément attachés aux principes fondateurs de la République, la faute commise est loin d’être un péché véniel sur lequel un simple coup d’éponge suffirait pour créer l’amnésie voulue. Les atteintes portées contre les sceaux de l’État dans la vallée à pièges des processus électoraux sont encore vives dans les mémoires. Les séquelles sont perceptibles par endroits. Les dégâts matériels ont laissé des marques. Les pertes en vies humaines ont créé un plomb de choc à la fois émotionnel et psychologique. Le deuil peine à être levé. Les âmes précipitées, contre leur gré, dans un état de solitude du fait de la disparition tragique d’un parent, vivent difficilement leur statut d’orphelin. Moins grave que la mort, l’infirmité est aussi le lot de certains citoyens qui ne pourront plus jamais recouvrer l’usage de leurs membres. Les conflits issus des processus électoraux ont laissé une ardoise sombre et un coût difficile à payer aussi bien pour l’État que pour ses citoyens au plan individuel. Mais par-dessus tout, le Président de la République, Patrice Talon, dépositaire de la charge publique, est attendu au carrefour de l’histoire. C’est l’essentiel du message passé en filigrane par l’ancien Président de la République, Boni Yayi au cours du tête-à-tête qu’il a eu avec son successeur Patrice Talon. Si la plupart des auteurs qui ont attenté à la République à travers des actes répréhensibles et des projets funestes sont dans les geôles de l’administration pénitentiaire, il y en a qui ont pris leurs distances avec le territoire national. Boni Yayi est allé plaider pour qu’on ouvre les portes des prisons et que l’on favorise le retour des ” exilés politiques”. Alors qu’une certaine chapelle politique avec des fidèles en nombre très marginal veut maintenir le statut-quo et exister par la crise, certaines voix réputées pourtant très hostiles au régime de la Rupture préfèrent aller à l’école de l’espoir. L’espoir d’un pardon présidentiel qui permettrait un dégel rapide de la crise politique sans outre forme de procédés lourds. Reçu sur l’émission ”100% Bénin” de la chaîne panafricaine Sikka Tv ce lundi 27 septembre 2021, Aboubacar Baparapé, avocat proche de l’opposition s’en est d’abord pris aux acteurs politiques radicaux qui n’accordent aucun crédit à la rencontre Talon- Yayi. « Eux, ils ne sont pas en prison, ils ne sont pas en exil…Il y a toujours des radicaux dans tous les camps, j’ai vu des communiqués », a réagi l’invité de Sikka TV qui soutient que la rencontre entre l’ancien Président Boni Yayi et l’actuel Président Patrice Talon a permis de «libérer les nerfs » chez la majorité des citoyens lambdas. « Je ne parle pas des politiciens » qui ont des intérêts divergents, a-t-il expliqué trouvant que le tête-à-tête entre Boni Yayi et Patrice Talon est un premier niveau de « libération de souffle ». Selon Aboubacar Baparapé, la libération des détenus politiques et le retour des exilés politiques relèvent du domaine de compétence du Président Patrice Talon, à qui, la Constitution à donner le pouvoir « de tout arrêter ». Si cette approche n’est pas partagée par certains leaders d’opinion plutôt fans des procédures judiciaires normales et d’une éventuelle grâce présidentielle post- condamnation, les voix comme celle de l’avocat Aboubacar Baparapé jouent sur le tableau d’un pardon présidentiel plus souple afin de réduire la souffrance des personnes privées de liberté. Pas question, selon certains leaders politiques de négocier avec le Président Patrice Talon désigné comme l’adversaire politique à éviter. La question divise la classe politique entière. L’unicité n’est d’ailleurs pas au rendez-vous au sein de l’opposition. Pour le président du parti d’opposition RLC, « ceux qui ont attaqué la République doivent être jugés selon les normes de la République » pour ne pas instaurer une « République des irresponsables ». Le chef de file de l’opposition, Paul Hounkpè, a quant à lui demandé la clémence du Chef de l’État. Le pardon du Président Patrice Talon sera-t-il accordé ? Si oui, sous quelles formes et suivant quel agenda ? Le suspens perdure et nul ne peut prédire quelle sera la nature des réponses du Président Patrice Talon suite aux doléances de son prédécesseur Boni Yayi.

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    Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


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