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    Lutte contre les infractions commises à raison du genre Le sociologue Aimé Tcheffa propose un retour au « moule social d’éducation » - Les Pharaons

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    La session extraordinaire qui s’est ouverte la semaine écoulée au palais des gouverneurs à Porto-Novo aura à étudier un projet de loi portant protection de la femme et lutte contre les infractions commises à raison du genre ou du sexe. Ce projet de loi qui est d’une portée générale vise à lutter contre le harcèlement sexuel sous toutes ses formes, le viol, les mutilations génitales féminines, le mariage forcé, les pressions exercées sur les femmes pour des avortements clandestins, etc. Dans ce débat très vif, Aimé Tcheffa, docteur en sociologie et expert en stratégie de développement a appelé à élargir les pistes de réflexion sur cette question hautement sensible dans la société béninoise. Selon Aimé Tcheffa, les violences faites aux femmes sont légions partout au monde, en France, aux États-Unis, en Belgique, en Suisse, en Asie, etc. Le sociologue invite à éviter une fixation sur le Bénin comme le pays dans lequel les violences faites aux femmes sont légions plus qu’ailleurs. Reconnaissant que les femmes subissent des actes répréhensibles ; lesquels constituent des problèmes en société, Aimé Tcheffa estime que le prisme unique de la loi ne pourra jamais permettre de changer la vision et les mentalités des peuples. « Le moule social est la résultante de tout ce que nous sommes et notre conscience collective est le produit de nos expériences fusionnées pendant longtemps. Pour toucher et produire de la dynamique dans une société, il faut visiter les agents sociaux qui sont la famille, l’école, le milieu professionnel, le milieu religieux, les mass médias. Les enfants reproduisent ce qui est ambiant dans leur société et nous tous, par le fait social, nous sommes fabriqués à travers la généralité, la coercition et la contrainte social. Donc si nous voulons une société qui n’aura pas un certain nombre de défauts et qu’il faut les extirper, il faut commencer par l’éducation à la base », a expliqué le sociologue Aimé Tcheffa. Selon lui, les violences dont il est question, représentent, certes, des problèmes cruciaux, mais « il ne faut pas tenir compte de la mésaventure de deux ou trois personnes ou de l’expérience propre et typique de déviants sociaux pour élaborer des lois ». Au regard de la délicatesse du sujet au cœur du projet de loi, l’invité de l’émission Diagonale suggère que la procédure de fabrication tienne compte de la consultation populaire. « Je voudrais écouter des anthropologues, des sociologues, des historiens, des psychologues (…) et c’est plutôt ceux-là que notre Assemblée Nationale a tout intérêt à écouter » à l’occasion de l’étude de ce projet de loi portant protection de la femme et lutte contre les infractions commises à raison du genre, a martelé Aimé Tcheffa. Toutes les cultures au monde, poursuit-il, réservent une place de choix aux femmes. « Une femme se traite avec douceur, parceque c’est l’être le plus doux au monde. Faire la cour à une femme relève d’un acte d’élégance et chacun de nous connaissons l’utilité de la femme pour la société. Les questions liées au harcèlement de la femme proviennent d’où ? La femme elle-même a une dignité qu’elle doit protéger. Lorsque vous êtes un homme et que vous abordez une femme et qu’elle vous dit non, si son nom est sincère vous le savez et vous savez bien le rubicon que vous ne devez pas franchir et si vous prenez la responsabilité de franchir ce rubicon vous savez très bien ce que vous courez comme peine même s’il n’y avait pas une loi. Vous serez déchu de votre haut rang de personne humaine digne et responsable à qui l’on doit respect. Mais si vous êtes dans des paradigmes à harceler les gens à travers mille appels par jours pour qu’ils vous envoient de l’argent, vous serez harcelée vous aussi, vous ne serez plus jamais prise au sérieux.», a expliqué le sociologue sur les plateaux de Bi-News ce dimanche 10 Octobre 2021. À l’en croire, il y a un cadre purement psychologique, sociétal et culturel qui est occulté du débat. Aimé Tcheffa a invité pour finir, les parlementaires à ouvrir le débat aux experts des questions sociales et aux autres acteurs sociaux afin de parfaire la mouture finale du projet de loi envoyé à l’Assemblée Nationale.

    Dios CHACHA



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