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    Affaire « Pandora Papers » 2 aptitudes professionnelles à cultiver par les journalistes africains selon Wenceslas Mahoussi - Les Pharaons

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    Reçu en entretien sur les plateaux de la première audience numérique au Bénin, Bi-News TV, ce vendredi 8 octobre 2021, Wenceslas Mahoussi, Enseignant-chercheur et expert en pratiques info-numériques et médiatiques, a déconstruit, dans un langage accessible, l’affaire dite des « Pandora Papers ». Il s’agit d’une rocambolesque affaire basée sur une fuite de près de 12 millions de documents, près de 3 millions d’images, plus d’un million d’e-mails et près d’un demi-million de feuilles de calcul , et, qui révèlent la richesse cachée, l’évasion fiscale et des cas de blanchiment de capitaux. L’affaire révélée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) basé à Washington DC est le résultat d’un travail à la chaîne de plus de 600 journalistes dans 117 pays pendant plus de 2 ans. Selon les experts, il s’agit de la plus grandes enquêtes mondiale jamais réalisée avec une approche collaborative avec plus de 140 organisations médiatiques. Dans cette affaire de finance offshore axée sur plusieurs dizaines de milliards de dollars dissimulés dans les paradis fiscaux, près d’une cinquantaine de personnalités publiques, des célébrités de réputation mondiale, des chefs d’État et de gouvernement, des hommes d’affaires, etc, sur le continent africain sont ébranlés. De l’Europe à l’Asie passant par l’Amérique, le rapport révèle aussi des avoirs cachés de certains personnages publics. Sur la démarche suivie par le Consortium international des journalistes d’investigation, Wenceslas Mahoussi fait remarquer qu’il s’agit d’un « travail fouillé, d’un travail méticuleux qui nécessite des moyens, qui nécessite du temps, qui nécessite d’avoir recours à des réseaux d’informateurs pour aller aux confins des affaires scabreuses pour enfin les révéler au monde ». Selon l’expert en pratiques info-numériques et médiatiques, « ce qui caractérise les Pandora papers, c’est le désir de faire du journalisme, le vrai journalisme d’investigation. C’est d’hérriser le poils des dirigeants politiques qui se complaisent dans des scandales peu orthodoxes». Selon Wenceslas Mahoussi, les révélations faites sur les paradis fiscaux procèdent d’une vocation des journalistes qui s’assignent comme mission de donner l’information aux populations. Le journalisme, dit-il, c’est de la science depuis la collecte de l’information, le traitement, la triangulation avant la diffusion. « Quand on sait que dans le journalisme, une source unique est une source inique égale une source nulle, le travail qui a été fait par le Consortium international des journalistes d’investigation a consisté à recouper dans plusieurs sources, à mettre bout-à-bout les fils et d’en dégager des éléments qui puissent éclairer l’opinion. C’est un travail basé sur une méthodologie d’abord scientifique, une vérité des faits », a expliqué l’enseignant chercheur en sciences de l’information et de la communication. Pour réussir à bien un travail d’investigation, Wenceslas Mahoussi étale les aptitudes professionnelles que doivent avoir les journalistes. Selon lui, la première aptitude que doit avoir le journaliste, c’est sa capacité à aller rechercher l’information, à appréhender l’information, à la maîtriser, à l’évaluer et à agir avec l’information. Selon l’expert en pratiques info-numériques et médiatiques, il s’agit pour les journalistes de pouvoir rechercher des informations dans les « entrepôts blancs ou des entrepôts gris ou des entrepôts noirs ». Wenceslas Mahoussi explique qu’il s’agit d’aller recueillir des « informations blanches» dans des bases de données qui existent ; des « informations grises » dans des bases limitées d’accès et des « informations noires» dans des bases de données où l’on a besoin de filtrer et d’avoir d’autres techniques. En plus de ces aptitudes, l’invité de Bi-News fait savoir que la deuxième aptitude très utile dans un travail d’investigation est le « travail en réseau ». « C’est d’abord un travail de compétence informationnelle, un travail de réseautage, un travail de falsification dans plusieurs autres réseaux qui n’existent pas toujours », a martelé Wenceslas Mahoussi qui insiste sur le fait que dans chaque palais de République, dans chaque Institution, autour de chaque état-major autour d’une personnalité, il y a toujours des gens qui informent. L’enseignant chercheur insiste ensuite sur l’objectivité du rapport du Consortium international des journalistes d’investigation et conclut qu’il n’est pas question d’une vérité de « monsieur tout le monde » en raison de la rigueur observée dans la méthodologie et la restitution des faits loin des commentaires propres à la tradition journalistique latino-européenne dont sont proches les pays francophones africains.

    Dios CHACHA



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    Les PHARAONS est  un  quotidien béninois paraissant au Bénin , disponible également dans une  version en ligne.

    Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


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