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    Bénin/Lutte contre le réchauffement climatique : Les énergies renouvelables à la rescousse ! - Les Pharaons

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    L’urgence du réchauffement climatique nous impose donc de revoir en profondeur notre système de production énergétique afin de réduire son bilan carbone et dans le meilleur des cas, de nous défaire une fois pour toute de l’emprise des énergies fossiles les plus polluantes. La production d’énergies renouvelables est donc au centre des solutions pour lutter contre le changement climatique au Bénin.

    Dios CHACHA

     

    Le soleil de cet après-midi du 11 mars est impitoyable. N’en pouvant plus de supporter la chaleur, Jean a carrément déserté sa chambre située à Mènontin à quelques encablures de l’hôpital. Torse nu et prenant de l’air devant sa maison, il maudissait le ciel qui lui infligeait ce supplice. Evidemment, les raisons des caprices du climat sont essentiellement liées au changement climatique. A ce propos, l’utilisation de certaines énergies qui implique le réchauffement climatique en ait pour quelque chose. D’ailleurs, contre ce phénomène, les experts s’accordent à dire qu’il est nécessaire de développer les énergies renouvelables. Bien qu’elles soient encore minoritaires au Bénin, celles-ci tendent à prendre de plus en plus d’importance au fil des années. D’aucuns estiment que ces dernières années, la production béninoise d’énergie renouvelable s’est accrue. Sur cette question, Seini Nouhou Amadou, Responsable Zone 3, Président du Centre des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique de la Cedeao à la faveur d’une interview accordée fait savoir que le développement des énergies renouvelables offre une alternative durable à la raréfaction des énergies fossiles et permet de répondre à des engagements nationaux et européens.

    Tout comme lui, nombreux sont les spécialistes qui s’accordent à dire que pour réduire les émissions de gaz à effet de serre au Bénin, il faut changer de modèle énergétique. « La transition énergétique correspond au passage d’un système basé sur la production dénergie issu de sources fossiles et fissiles (charbon, pétrole, gaz, nucléaire) vers des sources renouvelables tels que les technologies solaires. Elles se sont grandement améliorées au fil des années au Bénin, si bien qu’elles représentent aujourd’hui une belle opportunité pour se chauffer, et s’éclairer à moindre coût, tout en luttant contre le réchauffement climatique grâce à l’exploitation d’une solution ne rejetant pas de gaz à effet de serre », a laissé entendre Fulbert Adjimehossou, Journaliste et spécialiste des questions environnementale.

    Toutefois, pour faire face au double défi de l’accès à l’énergie et de la lutte contre le changement climatique, le développement des énergies renouvelables en Afrique sera confronté à trois enjeux majeurs estime le spécialiste.
    Malgré d’importants développements technologiques, les technologies renouvelables demeurent relativement plus coûteuses que les techniques conventionnelles, notamment fossiles. Face à la priorité donnée aux enjeux de développement, et malgré les nombreux avantages dont sont dotées les EnR (emplois locaux, prix orientés à la baisse, réduction de la dépendance aux énergies fossiles), la majeure partie des Béninois continuent aujourd’hui à donner la priorité aux énergies fossiles, faute de moyens financiers. Pourtant, en cas de prix élevé de l’essence et du pétrole, le photovoltaïque est très rapidement compétitif.
    L’un des enjeux principaux selon Seini Nouhou, est donc le financement de la transition énergétique africaine, pour permettre aux États comme aux communautés de mettre en place des politiques publiques soutenant le développement des EnR.
    Dans la même veine, souligne-t-il, le développement des technologies renouvelables implique des savoir-faire nouveaux, aussi bien pour les communautés que pour les entreprises assurant les services énergétiques que dans le domaine de la recherche. « Aujourd’hui, les technologies renouvelables sont principalement concentrées entre les mains de quelques acteurs, dans les pays industrialisés et les pays émergents, malgré les expérimentations développées par les acteurs de terrain dans le cadre de projets de développement. La mise en place de mécanismes de transferts de technologies ainsi que le déploiement de stratégies de recherche sur le territoire africain sont donc des conditions sine qua non de l’accès des communautés aux services énergétiques renouvelables », va marteler le Responsable Zone 3, Président du Centre des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique de la Cedeao.
    Aussi, a-t-il assuré que l’accès de tous aux énergies renouvelables implique une redéfinition de la gouvernance des politiques énergétiques dans les pays africains. Les ONG et les communautés, qui développent depuis plus d’un demi-siècle des projets innovants dans ce domaine sont en effet les mieux à même de participer à la définition des technologies à mettre en place, dans la mesure où elles connaissent parfaitement les besoins des populations. « Aujourd’hui, la gouvernance énergétique reste malheureusement concentrée dans les mains des acteurs institutionnels et n’encourage pas la mise en place de politiques publiques adaptées, prenant en compte les réalités du terrain », a-t-il déploré.
    Une chose est incontestable, les énergies renouvelables (EnR) offrent aujourd’hui un potentiel demploi local important.

    Des perspectives pour la jeunesse

    De toute évidence, les pays d’Afrique à l’instar du Bénin sont aujourd’hui, plus que jamais, confrontés à un bouleversement du marché du travail. Un très grand nombre de jeunes à qui il faut trouver des débouchés, entre chaque année sur le marché du travail. Pour relever ce défi, le secteur des énergies renouvelables peut constituer une voie pertinente. « Dans les prochaines années, les énergies renouvelables vont employer plus de gens qu’il en faut. Je crois sincèrement que c’est la solution contre le chômage des jeunes au Bénin », affirme avec conviction Vivien Assogba, la quarantaine environ. Dans le rang de la vingtaine de personnes interrogées sur l’importance des EnR dans la lutte contre le chômage au Bénin, 98% estiment que c’est la solution. Seulement, 2% trouvent que c’est une utopie de penser que ce secteur est susceptible d’employer tous les jeunes qui sont déversés chaque année sur le marché de l’emploi. « Ce n’est point la solution contre le chômage. C’est de la poudre jetée aux yeux pour endormir la jeunesse », a déclaré un étudiant de l’Ecole Supérieure des Métiers des Energies Renouvelables.

    Moins pessimiste que son étudiant, Félix Comlan EBO, Président de Ecole Supérieure des Métiers des Energies Renouvelables (Esmer Bénin), estime que le nombre d’emplois verts devrait, selon toute probabilité, augmenter en corrélation avec la démocratisation des énergies renouvelables, notamment les systèmes solaires photovoltaïques. Toutefois, insiste Noé Garba, formateur dans le secteur : « pour profiter au maximum de cette conjoncture, les autorités béninoises et le secteur privé devront investir en amont sur un système éducatif prônant le développement durable et le verdissement des emplois traditionnels ». Pour autant, dit-il, « ce secteur ne peut jouer qu’un rôle relatif et doit être appuyé par d’autres secteurs potentiellement créateurs d’emplois ».
    Difficile de savoir pour autant si le développement croissant des énergies renouvelables, aussi prometteur soit-il, sera véritablement suffisant dans les années à venir pour se substituer aux combustibles fossiles. Objectif de ses énergies renouvelables, assumer à elles-seules les exigences de notre système de production énergétique sans l’aide d’aucune énergie de complément. Malgré des tarifs de plus en plus compétitifs, les énergies renouvelables, de par leur coût de production encore élevé et leur caractère intermittent, restent liées au développement de nouvelles technologies efficientes en matière de stockage de lélectricité et l’état actuel des connaissances ne permet pas de dépasser les conséquences de cette intermittence sur la stabilité et la sécurité du réseau dapprovisionnement.

    Dios CHACHA



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    Les PHARAONS est  un  quotidien béninois paraissant au Bénin , disponible également dans une  version en ligne.

    Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


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