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    La survie des PME au Bénin face au Coronavirus - Les Pharaons

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    Dios CHACHA

    Les mesures restrictives prises contre le Coronavirus au plan mondial et par les gouvernements de chaque pays impactent drastiquement les secteurs d’activités économiques. Au Bénin, du secteur des transports en passant par l’hôtellerie, aucun secteur n’est épargné. Les Petites et moyennes entreprises ou industries qui trainent un lourd fardeau, n’en peuvent presque plus. Dans plusieurs agences de voyage, à Cotonou comme dans plusieurs villes, les clients se font rares et le personnel est contraint à l’inaction. De lourdes conséquences économiques sont à déplorer.
    Tout le monde est dans le même état de désarroi. Un responsable de l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi qui a requis l’anonymat ne cache pas son pessimisme quant au tsunami économique qui pourrait s’abattre sur le pays en raison de l’épidémie de coronavirus. « Avec des conséquences lourdes en matière de pertes d’emplois, le taux de chômage augmentera graduellement », prédit-il. La réflexion de cet expert de l’emploi témoigne bien de l’inquiétude qui étreint les responsables d’entreprises.
    Les conséquences économiques de la pandémie
    A l’instar de celui-ci, Gillette Didavi de Souza, Directrice Générale d’Ifè Voyage, déclare : « Notre secteur d’activités est quasiment bloqué. Aucun vol ne part presque plus de Cotonou. Tous les passagers ont annulé leur voyage. On est presque en inactivité. Je ne vous parlerai pas de chiffre, mais je vous parlerai en thème de pourcentage. On est à 90% de vols annulés ». Aussi, confie-t-elle, « si vous partez sur nos plateformes, on a lancé un appel : n’annulez pas votre voyage, changez les dates, sauvez le tourisme ». Des appels qui à l’en croire ne sont visiblement pas entendus car aucun touriste, précise-t-elle ne veut plus voyager. Même son de cloche de part de Sylvestre Tchibozo, chargé de la clientèle à Nachita Voyage qui estime que la conséquence directe de cette situation est que les recettes sont en pleine régression. Un coup dur pour le secteur tertiaire du Bénin. C’est donc un véritable casse-tête pour les opérateurs qui investissent dans le tourisme, les voyages et autres. Face à cette situation, certains chefs d’entreprises envisagent déjà le dégraissement du personnel. « Il n’y a pas d’entrées, on ne travaille pas et par quelle magie on pourra payer le salaire aux employés », lâche Salimata Malèhossou, Directrice générale de Nachita Voyage. Face aux impacts du coronavirus, la cessation de travail s’impose donc à certaines entreprises.
    Télétravail, aides possibles, mise en disponibilité: la propagation du coronavirus chamboule la vie économique et soulève nombre de questions. Dans cette logique, que fait donc le Gouvernement pour accompagner les chefs d’entreprises dans une telle situation ?
    Quid des mesures de soutien aux entreprises béninoises
    Dans les pays à économie dominée, l’Etat accompagne les entreprises. Mais dans un pays comme le nôtre, les chefs d’entreprises se montrent réalistes. « Notre pays a des difficultés pour gérer cette crise sanitaire, donc c’est difficile de croire que l’Etat va pouvoir venir en aide aux entreprises », affirme le président de la Confédération nationale des employeurs du Bénin (Coneb), Albin Fêliho. Il estime que si l’Etat central ne fait rien, plusieurs entreprises au Bénin vont disparaître avec les employés à la porte. « Vous voyez, il y a des situations de cas de force majeure. Nous y sommes en plein. Par rapport à cela, l’État, pour arrêter la propagation de ce virus, a pris des mesures. Ces mesures impactent directement des entreprises. Celles-ci sont en droit de solliciter auprès du gouvernement, des mesures d’accompagnement et de compensation. Le Gouvernement aussi doit en retour prendre des mesures pour permettre aux entreprises de survivre », a laissé entendre le président du Coneb. Profitant de l’occasion, Albin Fêliho a déploré les redressements fiscaux qui continuent d’assommer les entreprises, malgré le contexte difficile qu’elles traversent. « Je regrette, mais jusqu’à hier on continue de recevoir des redressements fiscaux. Je crois que ce n’est pas tout à fait à l’honneur de l’administration fiscale, dans ces moments, de continuer à travailler dans ce sens », déplore-t-il avant d’insister sur le fait qu’il ne faut pas tuer la poule aux œufs d’or. « Les entreprises contribuent à la richesse, elles sont dans une situation d’incapacité totale. Si on n’y injecte pas de l’intrant pour la faire revivre, le pire que nous craignons pourrait arriver. Le Gouvernement Béninois doit veiller le plus rapidement possible à la mise en place d’un fonds que nous, nous avons appelé Covid-19. Pour crédibiliser la gestion de ce fonds-là, que cela soit cogéré par l’administration, d’une part, et le secteur privé, d’autre part », va ajouter le président de la Confédération nationale des employeurs du Bénin. En clair, pour lui, la riposte au Covid-19 doit s’accompagner de mesures sociales tant aux personnes morales que physiques.
    Face au coronavirus, les entreprises prennent leurs responsabilités malgré l’impact de la crise sur leurs affaires
    Elles sont en première ligne, dans un contexte de crise inédit. Déstabilisées dans leur organisation du travail et dans leur production, les entreprises doivent agir avec pragmatisme et responsabilité pour protéger leurs salariés et la population. Certaines vont même plus loin en mettant en place des dispositifs pour aider les services médicaux. Gel hydro alcoolique à disposition, roulement d’équipes, limitation des déplacements et des réunions, télétravail et réorganisation de la production ont donc été mis progressivement en place.
    Le Télétravail, kit de survie des entreprises béninoises face au coronavirus
    Le télétravail est une pratique qui consiste à faire un travail professionnel à distance en utilisant des moyens technologiques loin du lieu où le résultat du travail est attendu, explique un spécialiste des technologies de l’information et de la communication. Il s’agit de travailler sans être au bureau, sur un chantier en général sur le lieu du travail. Le télétravail est «rendu possible par l’évolution de la technologie qui permet de partager des données et des contenus à distance », explique Maurice Thantan, professionnel du secteur des technologies de l’information et de la communication.
    Maintes entreprises privées béninoises ont pris une longueur d’avance sur ce terrain. Ceci, pour respecter la sacrée formule «Restez chez vous », devenue la règle d’or du moment pour freiner la pandémie du coronavirus et se prémunir contre cette maladie. Certains établissements ne se sont donc pas fait prier pour adopter cette politique de travail. Bien de structures ont mis à l’arrêt des travailleurs dont la présence n’est pas essentielle. Mais généralement, elles ont demandé à la majorité que le travail se fasse depuis les lieux de résidence. Une option qui réjouit plus d’un parce que limitant les risques de contamination au virus.
    L’heure étant à ce mode de travail actuellement au Bénin, Maurice Thantan pense que « tout le monde peut le faire et dans tous les secteurs, même s’il y a des secteurs qui sont plus enclins que d’autres à ce genre de travail ». Dans certains secteurs, le travail doit être présentiel, même si aujourd’hui, la dématérialisation de l’administration est très avancée.

    Dios CHACHA



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    Les PHARAONS est  un  quotidien béninois paraissant au Bénin , disponible également dans une  version en ligne.

    Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


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