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    Bénin/ Loi sur l’avortement. Christelle Medaho alerte sur le phénomène des enfants de rue et parle d’une « société démissionnaire » - Les Pharaons

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    À la périphérie du débat déchirant sur la légalisation ou non de l’avortement au Bénin, certaines voix mettent l’accent sur des problèmes réels liés à l’enfance. Sur l’émission Face-à-face de la chaîne numérique Bi-News ce mercredi 20 octobre 2021, Christelle Medaho, juriste, activiste féministe et biologiste médicale en service à l’Agence Nationale pour la Transfusion Sanguine (Ants), antenne départementale Atlantique-Littoral, a mis l’accent sur la fragilité du système social comme facteur incitatif vers l’avortement. Alors que la tendance est à la critique suite à cette loi tendant à légaliser l’avortement au Bénin, la biologiste médicale propose que l’on dépassionne le débat pour scruter les causes qui amènent les femmes, malgré elles, à devoir faire le choix difficile et douloureux, de l’avortement. Entre autres raisons qui amènent les femmes à pratiquer l’avortement, il y a l’état de besoin qui se traduit par la précarité économique et donc l’incapacité à prendre en charge le futur nouveau-né. Mais cet argument, selon les anti légalisation de l’avortement, n’est pas valable. Pour Christelle Medaho, cette position ne tient pas compte du phénomène des enfants de rue dépourvus de toute protection sociale. « Pour avoir vu autant d’enfants de rue qui demandent quoi manger et très sales, vous vous rendez compte que la société est démissionnaire de sa mentalité », a déclaré la juriste et activiste féministe, Christelle Medaho. « Quand vous ne voulez pas de l’avortement, il y a quelque chose qui est essentiel ; on n’est même pas capable aujourd’hui de garantir à une femme qui est enceinte et qui dit je ne peux pas en prendre soin, la société n’est pas capable, quand elle défend le droit de vie de cet enfant là, de se dire, quand elle va accoucher , on va mettre l’enfant dans telles et telles conditions. Peut-être que si cela existait, beaucoup de femmes accoucheraient et la société qui se sent responsable de ces vies là s’en occupera », a fait savoir Christelle Medaho. La juriste estime qu’un
    Fonds de solidarité Nationale serait idéal pour ressouder les liens sociaux à travers la prise en compte des femmes enceintes et démunies. Non seulement ce Fonds de Solidarité Nationale, explique-t-elle, pourra faire baisser le taux d’avortement mais va aussi servir à prendre en charge les enfants y compris les orphelins. « On n’est pas assez responsables de nos choix. Si à la date d’aujourd’hui, on était convaincu que, quand un enfant naît dans les conditions difficiles, la société en prend soin, il y aurait moins de polémiques autour du débat. Mais quand on estime que l’enfant qui naît est entièrement de la responsabilité de ses parents, c’est en ce moment là qu’une mère se dit, je ne peux pas en prendre soin, donc je n’en veux pas », a expliqué Christelle Medaho. Une analyse qui remet sur tapis le devoir de la société vis-à-vis des enfants.

    Dios CHACHA



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