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    Loi sur l’avortement L’Eglise Catholique donne à nouveau de la voix, l’abbé Éric Okpéitcha clarifie la position des Évêques - Les Pharaons

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    Elle n’entend pas sombrer dans un fatalisme. L’heure n’est non plus à une résignation devant le cours des choses. Depuis l’adoption de la loi n°2021-13 du 20 octobre 2021 modifiant et complétant la loi n°2003-04 du 03 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction en République du Bénin, l’Eglise Catholique reste en état d’alerte sur la ligne de front. Les communiqués des 19 et 22 octobre signés de la Conférence Épiscopale du Bénin témoignent d’un regain d’activités des évêques qui expriment un « profond regret et une grande déception» suite à la légalisation de l’avortement au Bénin. Reçu sur l’émission Diagonale de la chaîne numérique Bi-News ce 31 Octobre 2021, l’Abbé Éric Okpéitcha, Chargé de Communication de la Conférence Épiscopale du Bénin, est revenu sur le sens du combat que mène l’église catholique contre la loi adoptée à l’unanimité le 20 octobre dernier par les députés de la huitième législature. « L’enjeu est de taille, il est question ici de la vie. Or, pour l’église, la vie est sacrée, la vie vient de Dieu. Il y a un commandement divin qui stipule que tu ne tueras pas. Donc à partir de ces principes, l’église ne peut pas se taire surtout quand il est question de la vie et de l’avortement qui est défini clairement comme un acte inhumain qui détruit une vie (…)», a fait savoir l’abbé Éric Okpéitcha expliquant les raisons qui sous-tendent le regain d’activités de la Conférence Épiscopale du Bénin. S’abstenant de commenter le vote à l’unanimité de la loi sur l’avortement, l’abbé Éric Okpéitcha rappelle tout de même que les évêques ont supplié au nom de Dieu les députés pour que ceux-ci puissent puiser dans les croyances du pays qu’ils représentent, les ressources nécessaires pour dire « un non catégorique à une culture de la mort ». La vie, dit-il, est un don de dieu, un trésor que Dieu confie à l’homme et dont l’homme rendra compte. L’abbé Éric Okpéitcha renvoie à la lecture du livre de Genèse 9, les versets 5 et 6 à travers lesquels Dieu demandera des compte aux hommes sur le vie. « Quand on parle de l’avortement, on parle de meurtre », a martelé le chargé de communication de la Conférence Épiscopale du Bénin qui nuance les expressions telles que ” avortement sécurisé, encadrement de l’avortement”. Au Bénin, près de 200 femmes meurent chaque année suite à des avortements clandestins ou suite à des complications cliniques liées à des avortements pratiqués sur le marché noir. Les géniteurs de la loi argumentent qu’il faut assouplir la législation afin de sécuriser la vie de la femme en autorisant des avortements sécurisés. Non insensible à ces décès, l’abbé Éric Okpéitcha émet des réserves sur la solution de la légalisation de l’avortement. « L’église retient que, à partir du moment où vous avez une femme enceinte, la grossesse n’est pas une partie de la femme. La grossesse, c’est un autre être humain qui pour quelques mois demeure dans l’utérus de la femme, et donc, il est porté lui-même à sortir de ce milieu pour prendre son autonomie comme un être humain s’il a la chance de naître.», a expliqué l’abbé Éric Okpéitcha qui s’interroge : « S’il y a deux êtres qui sont ensembles, pourquoi sécuriser l’un au détriment de l’autre?». La loi de 2003, sus visé prévoyait déjà l’avortement en cas d’inceste, de viol, de malformation du fœtus ou de grossesses mettant en danger la vie de la femme. La loi modificative, selon l’abbé Éric Okpéitcha, élargit la base des cas en parlant de la détresse matérielle, éducationelle, psychologique, professionnelle, morale de la femme. La femme peut désormais évoquer ces raisons et obtenir de son médecin le quitus pour avorter. Ces nouvelles modalités ne passent pas chez le Clergé Catholique. « L’église retient que seul, Dieu est le maître de la vie et seul Dieu peut disposer de la vie. Aucun autre homme n’a le droit de disposer de la vie de l’autre», a fait savoir le chargé de communication de la Conférence Épiscopale du Bénin selon qui, il fallait voter une loi pour prendre en compte les femmes enceintes afin d’éviter les détresses évoquées dans la nouvelle loi. « Qui fixe la détresse matérielle ?», s’est-il interrogé avant de répondre que chacun peut se déclarer en état de détresse matérielle. C’est une porte ouverte, a soutenu l’abbé Éric Okpéitcha qui explique que tout le monde peut dire qu’il n’a pas de quoi vivre et qu’il est en manque. « À la fin des conditions, c’est que, une grossesse qui n’est pas mal formée on va décider de l’avorter. Quand on aura satisfaire à toutes les conditions du décret, c’est que une grossesse qui n’est pas malade, qui n’est pas mal formée, qui n’est pas le fruit d’un viol, qui n’est pas le fruit d’un acte incestueux sera avortée. Et au bout de tout avortement, vous avez un cadavre», a laissé entendre l’abbé Éric Okpéitcha. L’église ne peut pas être d’accord que la femme peut disposer de son corps et donc disposer de la vie du fœtus qui est un autre être humain, a déclaré l’invité de l’émission Diagonale. Au regard des conséquences physiologiques, psychologiques, physiques, spirituelles et mystiques, l’église catholique déconseille les pratiques d’avortement. « Il y a des femmes qui ont 70 ans aujourd’hui mais qui continuent de pleurer, de regretter un avortement accompli quand elles avaient 18 ans (…) Et il faut maintenant les accompagner et leur montrer la miséricorde de Dieu autrement elles vont sombrer dans la dépression», a fait savoir l’abbé Éric Okpéitcha qui parle des cas que l’église catholique traite dans les chapelles. Aussi, dit-il, au plan mystique, « il y a des gens qui ne se sont plus jamais retrouvés depuis qu’ils ont fait l’avortement, plus rien ne marche, tout est bloqué au plan professionnel ». L’avortement est un problème social qui résulte de la sexualité irresponsable et des grossesses non désirées. Pour l’Abbé Éric Okpéitcha, un débat inclusif avec les agents sociaux pouvait aider à mieux régler le problème auquel l’on a tenté d’apporter une réponse à travers la légalisation de l’avortement au Bénin.

    Dios CHACHA



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