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    Loi sur l’avortement Un effet des « sociétés dites de transition », analyse du Sociologue Achille Sodegla - Les Pharaons

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    Sur l’émission Face-à-face de la chaîne numérique Bi-News ce lundi 25 octobre 2021; émission consacrée à la nouvelle législation qui encadre l’avortement au Bénin, Achille Sodegla, docteur en sociologie, a relativisé l’argument d’un mimétisme. Selon certaines voix très critiques qui voient d’un mauvais œil la loi n°2021-12 relative à la modification de la loi n°2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction, le Bénin vient de sceller son arrimage à la dynamique mondiale sur la légalisation de l’avortement. Il s’agirait d’une loi ”prêt-à-porter” adoptée par le Bénin au mépris des valeurs endogènes et des valeurs identitaires internes. Cet argumentaire a été nuancé sur l’émission Face-à-face par le sociologue Achille Sodegla. « Le Bénin, comme l’Afrique et comme le monde aussi, nous sommes de plus en plus face à une société dite de transition. Cette situation fait que les réalités qui étaient des normes hier, peuvent ne pas être des normes aujourd’hui ; ce qui n’est pas accepté hier peut être la réalité acceptable aujourd’hui», a d’abord fait savoir Achille Sodegla. Selon lui, face à une société qui produit elle-même des normes qui ne sont pas partagées par tous, un État normal doit réagir pour produire des normes générales et des lois pour arrêter la saignée. « Il faut une systématisation active des sphères. Si on ne fait rien pour aller contre cela( l’avortement clandestin), la société de demain sera difficilement contrôlable.», a déclaré Achille Sodegla qui pense que la légalisation de l’avortement au Bénin ne s’inscrit pas forcément dans une logique d’arrimage à une dynamique mondiale. « Nous avons nos réalités béninoises, nous avons nos faits qu font que nous devrions aller vers l’adoption de cette loi ( sur la légalisation de l’avortement). Est-ce qu’hier, il y a les tontines sexuelles ? Est-ce qu’hier la jeune fille a la facilité d’aller faire l’avortement ?», s’est interrogé Dr. Achille Sodegla qui soutient que l’adoption de la loi sur l’avortement permettra de mieux protéger la personne humaine au Bénin et de préserver la vie des femmes. Face à la loi, certaines communautés religieuses ont exprimé leur indignation. Il s’agit pour certains acteurs religieux, d’une loi qui instaure une culture de la mort et une négation de la vie. Pour d’autres, en raison des graves conséquences fâcheuses au plan spirituel, cette loi sur l’avortement doit être rapportée. En désaccord avec ces prises de positions, le sociologue Achille Sodegla interroge le rôle des confessions religieuses et met l’accent sur leur responsabilité dans le drame social qui a cours au détour des avortements clandestins. « Les communautés religieuses qui prennent position, qu’est-ce qu’elles font pour conseiller, pour sensibiliser nos jeunes filles à ne pas adopter ces comportements liés à la ( sexualité irresponsable, Ndlr)», a laissé entendre Dr. Achille Sodegla. Au-delà des critiques, le sociologue pense qu’il y a comme une hypocrisie dans le débat passionné qui se mène. « Regardons nous en face et disons nous les vérités. Pourquoi nous acteurs qui prônons ces positions ( critiques), le soir nous nous retrouvons être des acteurs, des partisans de l’avortement », a martelé Achille Sodegla. Le Bénin est un État laïc, dira-t-il et n’appartient à personne encore moins à des confessions religieuses. L’invité de l’émission face-à-face a d’ailleurs convié ces communautés religieuses à bien occuper leur couloir dans la société et aider au mieux à prévenir les grossesses non désirées à travers l’éducation. Au terme des dispositions de la loi 2021-12 sus visé, l’avortement n’est admis que avis médical au cas où : la grossesse met en danger la vie et la santé de la femme enceinte ; la grossesse est la conséquence d’un viol ou d’un inceste ; l’enfant à naître est atteint d’une affection d’une particulière gravité au moment du diagnostic ; lorsque la grossesse est susceptible d’aggraver ou d’occasionner une situation de détresse matérielle, éducationelle, professionnelle ou morale chez la femme enceinte. L’avortement n’est légal que sur avis médical au cours des trois premiers mois de la grossesse. C’est justement les amendements liés aux cas de détresse matérielle, éducationelle professionnelle et morale qui suscitent une levée de bouclier dans le rang des populations.

    Dios CHACHA



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