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    Démission des élus des partis politiques en plein mandat El Farouk Soumanou suggère une réforme pour le système partisan - Les Pharaons

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    Face au devoir d’une culture de la vertu, l’incorrigible méchanceté des hommes est plus que jamais présente dans les habitudes. La réforme du système partisan au Bénin est destinée à aseptiser le paysage politique des vices qui, au fil des années, sont devenues le cancer ruineux dont l’excroissance avait fini par creuser la tombe pour un système partisan au service du développement. Au titre de ces vices, la transhumance politique était une plaie incurable. Certes, à coups de loi et des normes contraignantes, l’on ne peut parvenir à tuer l’instinct de liberté qui détermine l’existence de l’homme, et donc de l’acteur politique doté de rationalité. Ce dernier peut, s’il ressent un mal être dans une organisation, décider de rompre les amarres et d’entrevoir de nouvelles perspectives. Si elle n’a pas été interdite et expressément traduite dans les lois au risque d’entraver le principe de la liberté d’association, droit fondamental de la constitution, la transhumance politique est néanmoins contraire à l’esprit de la réforme du système partisan. Elle embrouille les pistes et rend illisible le jeu dans l’espace politique. Surtout quand les transhumants politiques sont des élus ayant un mandat électif en cours, l’équation devient encore plus difficile. La jouissance de la liberté d’adhérer et de démissionner d’un parti politique compromet de facto le principe sacro-saint du respect du choix du peuple électeur qui a voté pour les idéaux de la mouvance ou de l’opposition. La problématique a été abordée ce week-end sur l’émission Diagonale de la chaîne numérique Bi-News par El Farouk Soumanou, secrétaire national à la jeunesse du parti Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Un cas d’école a permis à l’invité de Joël Tchogbé et Paul Danongbé de suggérer une réforme palliative à cette crise de démissions des élus de leurs partis politiques de provenance. Il s’agit de la commune de Copargo. En effet, depuis les dernières élections communales de mai 2020, Fcbe, parti d’opposition, contrôle la commune de Copargo avec 9 conseillers communaux contre 8 conseillers pour la mouvance présidentielle. Il y a quelques semaines, les 9 conseillers communaux Fcbe ont démissionné de leur parti pour adhérer au parti Union Progressiste. « Aujourd’hui est pour nous, un nouveau jour, le jour du nouveau départ. Après avoir observé la gestion du premier mandat du chef de l’État Patrice Talon et face à l’option urgente de développement choisie par le Président de la République au détriment de la politique politicienne, s’opposer pour des raisons inavouées n’est plus une option intelligente. Le conseil communal de Copargo dirigé par les élus Fcbe depuis 2015 ont constaté que les actions du Gouvernement riment avec les attentes des populations et des militants à la base. De plus, vu le pragmatisme du chef de l’État, les Fcbe de la commune de Copargo ne doutent point de la réalisation effective des promesses tenues par le Président Patrice Talon. Nous devons donc agir ensemble avec la Rupture pour donner plus de chance à notre Commune », avait déclaré Zacari Wiodé, porte-parole des ex-conseillers Fcbe de Copargo. Selon El Farouk Soumanou, secrétaire national à la jeunesse du parti Fcbe, ce discours manque de pertinence. « Cela montre que ces conseillers n’étaient pas des militants. Il faut, argumente-t-il, faire une différence entre les militants et les délectants. « Le militantisme a déserté le forum. Sinon, comment comprendre qu’on puisse quitter d’un parti de l’opposition et joindre les deux pieds dans la mouvance et estimer que c’est parce que le chef de l’État réalise des choses comme si le chef de l’État travaillait en tenant compte de la couleur politique des communes. Non, le chef de l’État a, à travailler pour tout le pays. C’est une obligation. Quand les élections sont terminées, le président est élu, il est le président de tous les Béninois», a fait savoir El Farouk Soumanou qui réfute la pertinence de la raison évoquée par ses ex-camarades politiques Fcbe de la commune de Copargo. Pour mettre un terme à ce phénomène, El Farouk Soumanou propose que de nouvelles modalités soient introduites dans les lois qui sous-tendent la réforme du système partisan. « Il faut s’interroger sur la réforme du système partisan (…) les gens ne veulent plus faire de l’opposition. L’opposition, ce n’est pas une partie de plaisir. C’est la réforme du système partisan qui est ébranlée. L’une des raisons pour lesquelles cette réforme a été instaurée, c’est de mettre fin à la transhumance politique.», a fait savoir El Farouk Soumanou. Selon lui, ces démissions de conseillers communaux n’ont aucune valeur devant la Cour suprême encore moins devant la Commission électorale nationale autonome ( Cena). Les démissions, poursuit-il, n’ont aucune influence sur le financement public attribué au parti Fcbe. « Le conseil communal de Copargo reste un conseil communal Fcbe. Que le maire et les conseillers communaux le veulent ou pas ils sont Fcbe jusqu’en 2026. Mais il faudra qu’on trouve la formule. Quand les gens utilisent les logos d’un parti, vont vers les populations, se font élire et qu’au cours du mandat, ils démissionnent, on doit trouver la formule de leur retirer la confiance. C’est-à-dire qu’il faut qu’ils quittent le Conseil communal. Dans le cas de Copargo, puisque ce sont les titulaires et les suppléants, à notre avis, puisqu’ils ont renoncé au parti, ils devraient tous démissionner de leur statut de conseillers et la Cena devrait trouver la formule de réorganiser les élections pour ces 9 postes pour qu’on sache si vraiment Fcbe est mort dans la commune», a expliqué El Farouk Soumanou. À l’en croire, la réforme du système partisan n’est pas mauvaise. Il faut, poursuit-il, trouver les moyens de renforcer cette réforme pour éviter que des élus démissionnent en plein mandat pour des « raisons fallacieuses».

    Dios CHACHA



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