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    [DIAGONALE] Pour Dodji Amouzouvi, les trésors royaux sont des « attributs du pouvoir, des entités chargées » - Les Pharaons

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    Après la signature de l’accord de transfert de propriété entre les Présidents Patrice Talon et Emmanuel Macron, les 26 trésors royaux d’Abomey pillés par les troupes françaises il y a près de 130 ans sont depuis ce mercredi 10 novembre 2021 au Bénin. Au-delà d’un simple retour au bercail, il s’agit d’un moment de reconnexion entre les trésors royaux pillés et leur environnement symbolique, leur terre d’origine, la terre de l’ancien royaume de Danxomè. Reçu sur la chaîne numérique Bi-News dans le cadre d’une émission spéciale, « Diagnoale », le Professeur Dodji Amouzouvi, Directeur Scientifique- du Laboratoire d’Analyse et de Recherche- Religions, Espaces et Développement ( Larred), est revenu sur la portée socio-anthropologique des œuvres culturelles restituées au Bénin par la France. Selon certains initiés et autres gardiens de la tradition, dès leur retour au pays, les œuvres culturelles devront passer par le moule d’un rituel de re-consécration dans une perspective de conjurer le sort d’une probable profanation qu’elles auraient subi depuis leur déportation en France. Là-dessus, le professeur Dodji Amouzouvi est clair. « Il n’y a pas qu’un travail de consécration, de purification qu’on va entreprendre », a d’abord lancé le sociologue qui reconnaît que le Bénin est une République laïque à équidistance avec toutes les religions. « Mais ce dont on parle, c’est des éléments de la vie quotidienne, c’est des attributs du pouvoir. Or, le pouvoir est un attribut divin. Des attributs du pouvoir ayant appartenu à des rois, leur ayant servi pour la gestion de nos sociétés ; nous sommes ici dans le pouvoir politique, le pouvoir religieux, le pouvoir spirituel que ces rois avaient hier. Ces objets qui leur ont appartenu, ce sont des entités chargées. Et le simple fait que ça ait appartenu à un roi dont la personne est déjà consacrée par tout le rituel d’avant, ces choses là sont dotées d’une charge, d’une surcharge positive.», a expliqué le professeur Dodji Amouzouvi. Selon lui, la déportation de ces objets, attributs du pouvoir royal, a pu entraîner un déséquilibre. « Ces choses ( trésors royaux, Ndlr) ayant une âme, il est normal que le rituel par lequel tout se rétablit soit envisagé», a déclaré le socio-anthropologue. « Le contexte de leur existence, le contexte de leur déplacement, le contexte de leur transport, aller et retour exige que pour un bon rétablissement, les sachants puissent parler de leur purification.», a soutenu Dodji Amouzouvi. Selon le directeur scientifique du Larred, face aux œuvres culturelles restituées, les sachants devront se mettre en place avec toutes les vibrations avant de se rendre compte de tout le travail qui sera utile à faire en fonction du degré de profanation ou non. « Ce qui se passe là, c’est une jonction entre le métaphysique et le physique. Parce que ces éléments, pour moi, ont d’abord un sens spirituel avant d’avoir un sens pratique, physique, normal.», a renchéri le professeur Dodji Amouzouvi. À l’en croire, c’est dans son sens normal que les œuvres pourront être mises au service du développement par le truchement du tourisme avec des expositions dans des musées. L’invité de la chaîne Bi-News soutient que ces œuvres pourront ainsi servir l’universel, nourrir l’économie nationale du Bénin et renforcer les relations et coopérations. Selon Dodji Amouzouvi, cette double facette des œuvres culturelles restituées permettra aux Béninois d’être plus équilibrés et de devenir des agents économiques importants au service du développement national. Parmi les vingt-six œuvres culturelles restituées, il y a: Bôtchio, Assin, Kataklè, les trônes du roi Guézo, du roi Glèlè, des portes massives des palais royaux sculptées en bois polychromes sous le règne du roi Glèlè, 10è roi d’Abomey par l’artiste Sossa Dédé, des sacs, des tuniques, des autels portatifs ou encore des bâtons de danse qui témoignent de l’âge d’or du royaume de Danxomè, etc.

    Dios CHACHA



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