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    [DIAGONALE] Trésors royaux Des propos de Talon rappellent la vaillance du roi Gbèhanzin - Les Pharaons

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    Il entre dans l’histoire sous les honneurs princiers avec un discours de conquérant intrépide. Patrice Talon, le Président de la République tient dans ses mains la nouvelle page de l’histoire des relations partenariales entre le Bénin et la France mais aussi avec les autres pays du monde. Le discours fondateur de cette nouvelle ère ouverte au détour de la restitution des vingt-six (26) trésors royaux pillés par les troupes françaises il y a près de 130 ans, était au cœur de l’émission spéciale Diagonale de la chaîne numérique Bi-News ce mercredi 10 novembre 2021. Dans un exercice analytique, le professeur Dodji Amouzouvi, socio-anthropologue, Directeur Scientifique-du Laboratoire d’Analyse et de Recherche Religions Espaces et Développement (Larred) a établi un lien entre le discours prononcé par le Président Patrice Talon sur le perron de l’Elysée ce 9 novembre et des propos forts du Roi Gbèhanzin. « Merci au Parlement et au peuple français, pour ce geste combien symbolique et inespéré, avec toute sa charge d’émotions et de polémiques.Par ma voix, c’est le peuple béninois tout entier qui vous exprime sa gratitude et ses félicitations pour votre clairvoyance et votre courage qui ont permis de franchir le cap du tabou de la restitution.Bravo, bravo Monsieur le Président !Mais, Monsieur le Président, cher Président, convenez avec moi, que la restitution de vingt-six (26) œuvres que nous consacrons aujourd’hui, n’est qu’une étape dans le processus ambitieux d’équité et de restitution des patrimoines mémoriels, extorqués jadis aux royaumes du territoire du Bénin, par la France. Monsieur le Président, Il est regrettable que cet acte de restitution, si pourtant appréciable, ne soit pas de portée à nous donner entièrement satisfaction. En effet, comment voulez-vous, qu’à mon départ d’ici avec les 26 œuvres, mon enthousiasme soit total pendant que le Dieu Gou, œuvre emblématique représentant le dieu des métaux et de la forge, la tablette du fâ, œuvre mythique de divination du célèbre devin Guèdègbé, et beaucoup d’autres, continuent d’être retenus ici en France, au grand dam de leurs ayants droits.?», avait déclaré le Président béninois Patrice Talon le mardi 9 novembre à l’Elysée après la signature de l’accord de transfert des droits de propriété sur les œuvres culturelles. Par ailleurs le Président béninois a laissé entendre que l’espoir d’une restitution massive est permis grâce aux travaux législatifs instruits par le Président français Emmanuel Macron qui aura la grâce de ce patrimoine mémoriel. Pour le professeur Dodji Amouzouvi, ce discours qui élève les trésors royaux au rang de « notre âme » met en exergue les profondeurs de la culture béninoise qui est le carrefour du passé, du présent et qui structure l’avenir. En nous ramenant ces œuvres culturelles, Patrice Talon a travaillé à ramener au pays une partie du peuple, c’est-à-dire, l’âme, a analysé Dodji Amouzouvi. Selon le sociologue, le discours du président béninois à l’Elysée, est un discours « historique, courageux et révolutionnaire ». À en croire l’invité de Bi-News, le discours du président Patrice Talon est un acte fondateur d’une nouvelle relation de partenariat gagnant-gagnant. Il s’agit, poursuit Dodji Amouzouvi, d’un discours qui invite les Béninois à rentrer désormais dans le nouvel état d’esprit pour repousser les limites et faire parler le génie béninois. « Vous avez vu la fière allure républicaine avec laquelle nous avons obtenu le rapatriement, le retour de notre héritage, de notre mémoire, de notre vie passée, mais également l’engagement dans l’avenir », a dit le professeur Dodji Amouzouvi. Pour le sociologue, Patrice Talon est allé puiser dans les valeurs africaines pour témoigner sa reconnaissance au président français Emmanuel Macron pour ce premier épisode de restitution des vingt-six trésors royaux. Mais la suite du discours est plus intéressante selon Dodji Amouzouvi. « Je vous remercie pour ce que vous avez fait, mais je vous demande de finir ce que nous avons entamé.», a paraphrasé Dodji Amouzouvi pour qui, le retour de ces biens culturels est un acte qui rétablit un équilibre longtemps rompu. Au-delà des parallélismes mystiques, le professeur Dodji Amouzouvi établit un lien entre le discours du Président Patrice Talon et le roi Gbèhanzin, figure forte de la résistance au colon français. C’est d’ailleurs à sa chute que les trésors royaux d’Abomey ont été pillés par le général Dodds et ses troupes. « Moi, le parallélisme que je fais, c’est plutôt entre le ” comment voulez-vous” de Patrice Talon et le ” comment voulez-vous de Gbèhanzin il y des années. Comment voulez-vous que je retourne et que je regarde mes ancêtres en face si j’accepte le pacte que me propose le colon, les colonisateurs ? Comment voulez vous que le douanier au pays des morts , au pays des ancêtres ne retrouve pas des souillures à mes pieds si je vous trahissais vous, soldats inconnus, soldats disparus qui avez défendus le Danxomè avec bravoure et vaillance.?». Pour Dodji Amouzouvi qui venait ainsi de rappeler ces propos du roi Gbèhanzin, le Président Patrice Talon s’est inscrit dans la même dynamique quand lui à son tour lance son ” comment voulez-vous” sur le perron de l’Elysée le 9 novembre dernier. Dodji Amouzouvi le paraphrase en ces termes: « Comment voulez-vous que je retourne chez moi, parmi les miens avec un sentiment complètement enthousiaste lorsque nous savons que nous avons fait une partie du chemin et qu’il reste une partie à faire? Comment voulez-vous que nous ne continuons pas cette œuvre là ? Que nous ne puissions pas récupérer le dieu Gou, que nous ne puissions pas récupérer la tablette, que nous ne puissions pas récupérer les dix mille, les vingt mille, les trente mille œuvres ?». Pour Dodji Amouzouvi, il y a une vérité spirituelle et mystique de la parole dite depuis longtemps par les souverains. Les œuvres culturelles restituées au Bénin par la France appellent les Béninois à la vaillance et constituent un ciment de soudure avec les ancêtres. Ces œuvres culturelles permettront de « recoudre notre histoire, la vraie histoire qui a été entrecoupée en sautant le verrou, en sautant le tabou », a dit pour finir le professeur Dodji Amouzouvi.

    Dios CHACHA



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    Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


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