Lutte contre la corruption au Bénin : Les efforts de Talon anéantis (Corrupteur et corrompu se protègent face à la crise économique) - Les Pharaons

Talon débat

Les rapports successifs de Transparency International sur l’Indice de Perception de la corruption, illustrent à merveille la situation actuelle du Bénin. Au pays de Patrice Talon, la lutte est rude, mais la corruption a la peau dure. Malgré les lourdes condamnations, les radiations et autres sanctions jugées parfois sévères, les mauvaises habitudes perdurent. Chaque jour, une nouvelle affaire montre à la face du monde, que le Bénin n’est pas prêt de tourner la page.

L’affaire du transfert de devise qui a éclaboussé la douane béninoise au début de l’année 2022, est symptomatique du malaise qui règne au sein de l’administration publique. La grande quantité d’or et de devise étrangère interceptées à Abidjan a exposé la fébrilité des dispositifs sécuritaires béninois et révélé la passoire que constituait l’aéroport de Cotonou. Une affaire parmi tant d’autres, qui chaque jour, semble rappelé qu’au Bénin rien n’a changé. Ni la CRIET, ni les radiations, encore moins les emprisonnements ne font peur aux fonctionnaires béninois.

En moins d’un an, plus de 50 personnes ont été interpellées par la police dans diverses affaires de corruption. Au début de l’année 2022, le Directeur de l’émigration et immigration, le Commissaire Edgard Agbo, a été épinglé dans une affaire de délivrance frauduleuse de passeport et lime ses dents contre les barreaux. Plusieurs douaniers avaient été radiés et confiés à la justice. D’anciens cadres, maires, géomètres, et autres impliqués dans des affaires floues sont aussi derrière les barreaux.

Si pour l’instant les ministres n’ont jamais été cités dans des affaires, il n’en est pas de même pour les hauts fonctionnaires, et les directeurs. Antoine Dayori, et Thomas Agbéva, deux directeurs généraux de société tous proches du régime, ont été épinglés pour des malversations. Un préfet a également fait la prison dans une affaire de malversation foncière.
Tout porte à croire qu’en dix ans, Patrice Talon ne réussira pas le pari de la lutte contre la corruption. Après 6 ans de rude lutte, le Bénin semble être au point de départ. Selon les indiscrétions, la petite corruption a même refait surface dans les administrations, et les fonctionnaires ont légalisé une forme subtile de corruption, où les requêtes administratives sous entendent toujours le versement de petites sommes pour l’accélération de certains dossiers. L’e-Gouv est la réponse du gouvernement qui annonce une administration intelligente dans quelques années.
Selon plusieurs experts de la société civile à Cotonou, la lutte contre la corruption au Bénin doit réintégrer certains paramètres pour aller plus vite. Le salaire des fonctionnaires, la collaboration avec les entreprises locales, et l’amélioration du pouvoir d’achat des béninois. Pour l’heure si face à la détermination du pouvoir d’enrayer les mauvaises pratiques, la peur a gagné les rangs à Cotonou, les hommes en uniforme rivalisent de stratégies pour retomber dans les travers.
La lutte contre la corruption jugée sévère sous le régime Talon, a les dents longues. Le gouvernement à travers un récent conseil des ministres a décidé de renforcer encore la lutte à travers la mise en place d’une cellule d’analyse et de traitement des plaintes et dénonciations dans l’administration publique. Une ènième parade face à un phénomène qui résiste.

Dios CHACHA



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Les PHARAONS est  un  quotidien béninois paraissant au Bénin , disponible également dans une  version en ligne.

Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


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