Législatives 2023 Un défi pour un marché politique de 10 mois - Les Pharaons

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Moins d’un an après l’organisation du scrutin présidentiel, les Béninois se rendront aux urnes le 8 janvier 2023 pour élire les députés de la neuvième législature. Ainsi en a décidé, dans une décision en date du 24 février 2022, la Cour Constitutionnelle suite à l’examen d’un recours formulé par le Président de la Commission électorale nationale autonome (Cena). Si cette décision a le mérite de mettre fin au flou juridique, d’assoir une lecture univoque des dispositions légales et de lever le brouhaha nourri par les acteurs politiques dans les états-majors, elle ouvre aussi une période bien délimitée pour l’animation d’un double marché. Il s’agit d’un marché politique qui, inéluctablement servira de tremplin pour l’ouverture des portes d’un marché électoral. Ce dernier marché électoral est d’ailleurs la raison de vie du marché politique. Désormais, le 8 janvier 2023 devient le repère pour l’offre programmatique des activités au sein des partis politiques, qu’ils soient de l’opposition ou de la mouvance. Dix mois. C’est le temps qui reste à égrener avant le jour ultime du scrutin au cours duquel les Béninois, en toute souveraineté, trancheront la bataille électorale dans les urnes. Mais avant ces moments de fête démocratique, l’espace politique béninois sera rythmé par le bruit des tambours des jeux et enjeux politiques. En période préélectorale ou électorale, l’espace politique fonctionne sur les mêmes ressorts que ceux qui gouvernent l’espace marchand. On peut bien s’imaginer l’explosion d’un mercato avec des transactions politiques, signe d’une transhumance politique entre, d’une part, les partis de la mouvance présidentielle plurielle et d’autre part, entre les partis de l’opposition plurielle. Le premier défi auquel feront face les partis politiques au cours des dix prochains mois restera le nomadisme politique. Un jeu volatile avec des partisans qui se révéleront peu convaincus de leur engagement politique. C’est l’heure où, le militantisme sera éprouvé. C’est surtout l’heure où les frustrations qui ont été gardées vont justifier des démissions en cascade et susciter la formation des fronts de rébellion au sein des partis politiques, tous bords confondus. En toile de fond de cette transaction politique va se cacher la quête absolue pour les acteurs politiques d’être bien positionnés sur les listes. Le slogan non assumé qui va désormais structurer les réflexions et les prises de décisions chez les acteurs politiques sera : ” On me positionne, je reste. Je ne suis pas sur la liste ou je suis mal positionné, je quitte”. Alors que la vertu que prône la réforme du système partisan a rendu prohibitif l’inconstance idéologique et donc forcément l’instabilité politique, les animateurs de la vie politique s’empresseront de justifier leur addition au vice. Déjà, entre les partis UP, BR et FCBE, le torchon brûle. C’est la guerre des d’émissions et des adhésions. La force politique de l’opposition accuse les formations de la mouvance de débaucher dans ses rangs des partisans aux fins de ratisser large lors des prochaines législatives du 8 janvier 2023. Dans le rang de la mouvance, la lecture est toute autre. Ce sont les résultats positifs à l’actif du gouvernement du Président Patrice Talon qui séduisent les nouveaux adhérents ayant rompu les amarres avec le parti cauris ou tout autre parti politique. Si le jeu des démissions- adhésions sera moins perceptible entre les partis d’opposition, il sera plus remarquable entre les partis de la mouvance et ceux de l’opposition. Acteurs rationnels engagé dans un jeu stratégique, les politiciens cherchent là où il fait bon vivre. L’attrait qu’offre la mouvance et les chances qu’ont les partis UP et BR de réunir les 10% des suffrages pour être éligibles à la répartition des sièges sont des raisons valables pour attirer. Seulement, c’est une option incertaine. Tant, nul ne peut savoir quel sera le sort qui sera réservé aux transfuges des partis de l’opposition une fois logés dans la mouvance. Quoiqu’il en soit, dès lors que la Cour Constitutionnelle a fixé la date du scrutin législatif, les partis politiques se mettront en état d’alerte comme dans un jeu d’échec afin de suivre la dynamique des pions mouvant dans l’espace politique. C’est à ce prix que le challenge sera âpre et qui sait, la victoire au bout de la bataille électorale.

Dios CHACHA



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Les PHARAONS est  un  quotidien béninois paraissant au Bénin , disponible également dans une  version en ligne.

Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


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