Exposition des 26 Trésors royaux à la Présidence L’opposition talochée sur une critique, une leçon à mémoriser - Les Pharaons

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Face à la charge symbolique, affective et émotionnelle des vingt-six (26) trésors royaux exposés au Palais de la République, la communication empreinte de critiques et engagée par certains acteurs politiques de l’opposition se révèle contre-productive. Le 19 février 2022, au vernissage organisé dans la salle du peuple du Palais de la Marina, plusieurs personnalités du monde politique et institutionnel ont effectué le déplacement. Elles ont répondu à l’invitation du Président de la République Patrice Talon, qui a bataillé dur afin d’obtenir de la France, la restitution de cette première collection des biens culturels pillés dans le royaume d’Abomey il y a 130 ans par les troupes du général Dodds. Événement national, cette exposition valorise l’art patrimonial et l’art contemporain. Les hôtes du Président Talon y ont pris part pour communier avec ces trésors royaux, symboles de pouvoir, du génie des ancêtres et du passé glorieux du Bénin. Il s’agit d’une réhabilitation de l’histoire et surtout de l’identité du peuple béninois. Seulement, la présence de certains acteurs clés de l’opposition béninoise à cette exposition est vite devenue le sujet clivant du débat public. Sur l’autel des critiques nourries par certains leaders d’opinion, l’ancien Président de la République, Nicephore Soglo (1991-1996) ; Lionel Zinsou, ancien premier ministre sous l’ex-président Boni Yayi ; Robert Dossou, ancien président de la Cour Constitutionnelle, etc. Distants du pouvoir Talon sur un plan purement idéologique sur la scène politique et sur certaines options de gouvernance, les acteurs sus- cités ont répondu tout de même à l’appel de l’actuel Président de la République. Dans l’antre du Palais de la Marina rénové, les Béninois ont pu voir ces personnalités aux côtés du Président Talon. Une belle séquence d’échanges, sourires aux lèvres avec des accolades. L’image est unique et captivante. Très vite, cette fête de l’art patrimonial béninois est reprise au cœur d’une communication critique. Qui pour traiter de traîtres ces personnalités. Qui pour traiter d’objet volant non identifiable certains. Qui encore pour juger inopportune la présence de ces personnalités à l’exposition des biens culturels. Mais la culture a une fonction transcendantale. Devant elle, toutes les contradictions partisanes tombent en hibernation. Si jusqu’ici cette crise d’hystérie politique n’a pas réussi à pâlir l’éclat de cette exposition des objets d’art, c’est désormais les premiers accusés qui brisent le tabou du silence pour remettre les pendules à l’heure. Après l’ancien premier ministre Lionel Zinsou, c’est Robert Dossou qui vient de siffler la fin de la récréation. Sa réplique est lourde et prend des allures de leçon à la culture citoyenne. Répondant aux questions de nos confrères de Banouto, l’ancien président de la Cour Constitutionnelle a appelé les Béninois à faire la part des choses. ‹‹ Vraiment, je trouve ça imbécile être surpris››, a répondu Robert Dossou sur la question de sa présence au vernissage. L’avocat qui défend des opposants dans certains dossiers devant les juridictions croit qu’il faut éviter le mélange entre le professionnalisme et le patriotisme. ‹‹ Moi je suis un citoyen libre. Je ne suis pas encadré dans ces histoires ››, a-t-il dit faisant allusion aux considérations politiques qui devraient justifier son refus d’aller voir les œuvres culturelles restituées par la France. Pour Robert Dossou, les Béninois doivent intégrer dans leur analyse la notion de la ‹‹ mentalité institutionnelle ›› et pourquoi pas républicaine pour arrêter de tout réduire de manière patrimonialiste à l’individu. Sa ligne de défense est claire : Si le gouvernement fait quelque chose de bon comme ramener les objets d’art pillés, il faut le dire. À l’inverse, il faut le dire aussi. Les arguments poignants avancés jusqu’ici par les personnalités prises à partie rabattent le caquet aux auteurs de cette communication critique. Déjà en situation de malaise en raison des multiples contradictions, l’opposition plurielle se tire une balle dans les pieds au détour de cette exposition à moins d’un an du scrutin législatif de 2023.

Dios CHACHA



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Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


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