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    Présence des femmes au parlement béninois : Législatives 2023, un test grandeur nature pour les partis politiques - Les Pharaons

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    Le 8 janvier 2023. C’est la date repère qui structure les réflexions et l’agenda politique des acteurs et des partis politiques depuis le 24 février 2022. Dans l’attelage institutionnel, la décision de la Cour Constitutionnelle fixant le 8 janvier prochain comme jour du scrutin législatif de 2023 est actée. Elle est d’ailleurs irréversible. Les partis politiques le savent si bien qu’ils n’ont plus qu’une seule tâche : activer leur plan de conquête ou de conservation du pouvoir législatif. Les électeurs, seuls arbitres du jeu électoral en démocratie sont attendus au tournant de l’histoire. Eux, ils attendent déjà avec impatience, que l’emballage des offres politiques et surtout des programmes parlementaires soit déballé. Les hommes et femmes politiques, dans leur rôle de producteurs d’idées soumises à la discussions dans l’espace public seront mis en lumière dans les médias. Les citoyens électeurs pourront ainsi aller puiser dans leur rationalité pour former une opinion publique autour des offres proposées par les partis politiques désireux d’aller à la conquête du pouvoir législatif. Si les Béninois veulent renouer avec les élections festives sans heurts, l’équation du niveau de représentation du peuple par les femmes dans les instances de prise de décisions se pose avec acuité sur la scène politique. Combien seront-elles à franchir le barrage des urnes au soir du 8 janvier 2023 ? Seront-elles en nombre suffisant pour peser dans la balance lors des débats parlementaires dès l’installation de la neuvième législature ? Au plan normatif, la volonté politique portée par le Président de la République Patrice Talon a apporté une première réponse à la problématique de la promotion des femmes dans les instances de pouvoir. Novembre 2019. Les députés de la huitième législature ont procédé à une révision constitutionnelle à la suite d’un dialogue politique national organisé en octobre, soit un mois plus tôt, au palais des congrès à Cotonou. L’article 26 nouveau de la loi n°2019-40 du 07 novembre 2019 portant révision de la loi n°90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin stipule: « L’État assure à tous l’égalité devant la loi, sans
    distinction d’origine, de race, de sexe, de religion, d’opinion politique ou de

    position sociale. L’homme et la femme sont égaux en droit.
    Toutefois, la loi peut fixer des dispositions spéciales d’amélioration de la représentation du peuple par les
    femmes. (…) ». Le verrou constitutionnel longtemps évoqué par le juge constitutionnel pour rétorquer toutes les initiatives visant à réserver un ” traitement de faveur” aux femmes venait ainsi d’être sauté. Le législateur détenant le pouvoir d’un constituant dérivé a ouvert la voie à une discrimination positive dans les processus électoraux en faveur des femmes. Dans la même logique, le code électoral a été révisé pour donner corps aux nouvelles dispositions de la constitution. L’article 144 de la loi n°2019-43 du 15 Novembre 2019 portant code électoral en République du Bénin stipule que : « Le nombre de députés à l’Assemblée nationale est de cent neuf (109) dont vingt-quatre (24) sièges exclusivement réservés aux femmes». Au regard des dispositions légales, un coup de pouce a été donné aux organisations de la société civile qui, depuis des années, étaient engagées dans la plaidoirie pour l’amélioration du niveau de représentation des femmes au parlement.

    _Les partis politiques à l’épreuve_

    Fini l’époque où les partis politiques se réfugiaient à l’ombre des verrous légaux pour maintenir les femmes dans des rôles de seconde zone. L’argument qui consiste à dénier au femmes leur capacité à assumer le pouvoir est aussi en panne. Par le truchement de plusieurs programmes conduits par les organismes indépendants, les femmes bénéficient des cours de leadership politique depuis quelques années et, donc sont de plus en plus aguerries. N’ayant plus de motifs valables auxquels s’accrocher, que diront et que feront cette fois-ci les leaders des partis politiques qui, nous le savons tous, disposent en dernier ressort d’une voix prépondérante dans le positionnement des candidats sur les listes électorales ? Avec la dynamique en cours, les Béninois savent par avance qu’en dépit de tout, 24 femmes, à raison d’une femme par circonscription électorale, seront présentes au parlement. Mais sur 109 sièges, ce quota légal de 24 sièges n’offre qu’une représentation à minima. Les acteurs politiques eux-mêmes n’ont pas manqué de dire, à qui veut l’entendre, qu’il s’agit juste d’une ouverture légale avec l’espoir d’une plus forte représentation des femmes grâce à la bonne foi des responsables des partis politiques. La bonne foi. C’est justement à l’aune de ce critère que les positionnements des femmes sur les listes seront appréciés dès le dépôt des dossiers à la Commission électorale nationale autonome (Cena). Les prochaines élections législatives constituent ainsi un test grandeur nature pour les chefs de partis politiques. Il s’agit aussi d’une occasion pour les femmes engagées de savoir sur qui, elles peuvent compter en tant que véritablement partenaires dans leur combat. Avec son pouvoir de nomination et son influence politique, le Président de la République Patrice Talon marque des points en matière de promotion des femmes dans les institutions et dans l’administration. Ses soutiens, chefs des partis de la mouvance et par extension dans l’opposition sont attendus au carrefour des confessions des listes de candidatures à moins d’un an du scrutin législatif de 2023. Il s’agit de remonter la pente. Au Togo, 15 femmes sont représentées au parlement sur les 91 sièges. Mieux, c’est une femme qui est élue à la tête de l’institution parlementaire togolaise. Au Rwanda, l’exigence de 30% de femmes dans les instances de prise de décisions de l’Etat est une réalité. Avec la bonne foi de l’élite, le parlement rwandais est composé d’environ 64% de femmes sur les 80 sièges. Ces chiffres sont connus de tous depuis 2019 et font de ces pays des modèles sur le continent. Paradoxalement, entre la 7ème et la 8ème législature, le Bénin a reculé en passant de 6 femmes à 5 femmes élues au parlement sur les 83 sièges. Les statistiques parlent et au-delà de la loi qui offre d’office 24 sièges aux femmes, un acte de bonne foi est attendu des rangs des chefs de partis politiques.

    Équipe Pharaons



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