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    Bénin/Politique: L’obsession d’une législature transitoire multicolore - Les Pharaons

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    Cyrille LIGAN

    L’urgence n’est plus économique, ni sécuritaire encore moins sanitaire. Elle est déjà politique. À neuf mois de l’échéance, les manœuvres pour les élections législatives ont commencé. Au grand dam de la mouvance présidentielle, l’opposition politique semble décidée à décorer la 9e législature des partis qui la composent. Les proportions prises par les appels à l’abstention et le boycott des élections de 2019 et 2020 seront, à n’en pas douter, rapidement éclipsées. Les caciques ont beau jouer l’unité, tous sont déjà en campagne et savent qu’elle sera sans merci. Cependant, face à l’impatience des ambitieux, la majorité présidentielle, forte de ses 83 députés, tente de se restructurer pour assurer sa survie. Une chose est sûre et certaine en politique : pour réussir une campagne électorale, il faut parler de l’avenir. Pas du passé.
    Dans la majorité présidentielle, les tractations de repositionnement font des vagues. Les deux formations politiques proches du Chef de l’Etat s’arrachent les bras au risque de l’implosion. En effet, face au doute de se faire représenter en 2023, des membres élus de l’Union Progressiste et du Bloc Républicain, ne savent plus où donner la tête. Nul besoin de rappeler que pour ceux-là, le mandat électif est une profession dans laquelle il faut se maintenir et non une mission d’intérêt général. Dans la périphérie de la majorité présidentielle, c’est l’heure de la revanche. Les dernières élections ont montré que, malgré leurs intrigues, le PRD, l’UDBN et le Moele-Bénin n’ont peut-être pas poussé leur dernier soupir. Et cela fait pousser des ailes. Si Moele-Bénin se remobilise depuis quelques semaines, le parti arc-en-ciel rêve renaissance. Adrien Houngbédji et les siens promettent une « remontada » qui restera à jamais dans l’histoire. Quant au parti de Claudine Prudencio, son orientation actuelle reste des plus imprécises. Néanmoins, l’idée d’un parti commun issu d’une fusion ou d’une absorption entre l’UDBN et Moele-Bénin n’aura été qu’un écran de fumée. En tout cas, l’union n’est forcément pas une garantie de force. Et les Démocrates l’auraient appris à leurs dépens à la dernière présidentielle.
    Pour cause. Dans le vieux camp des Résistants, il est des records sombres qu’il faut s’empresser d’oublier. Après les boycotts aux élections passées, Les Démocrates rêvent reconquête. Ils entendent recréer une dynamique pour arracher quelques sièges au pupitre. L’enjeu est de taille. Pour autant, un trouble existe. Depuis quelques mois, le jeu politique reste désespérément figé du côté Démocrate. Il leur faudra pourtant ourdir un plan de route pour renverser l’image d’une opposition démobilisée qui peine à retrouver une identité commune. Dans cette dynamique, la FCBE peut sans doute se flatter de ne pas s’être écroulé et, surtout, de disposer d’un maillage au plan national, mieux que ses adversaires qui connaissaient une dynamique. Forte de son statut de leader de l’opposition et du parti de l’opposition ayant des élus, la FCBE peut se positionner pour construire son image qui a souffert ces derniers mois.
    Pour l’instant, il y n’a que seize partis officiellement enregistrés dont les candidats peuvent prétendre au parlement. Le MPL est dans les starting-blocks. Tout comme La Nouvelle Alliance de Théophile Yarou, Restaurer La Confiance d’Irénée Agossa, le Parti pour l’Engagement et la Relève de Nathanaël Koty, le Parti la flamme renouvelée de Gilbert Tolodji Eda et le Parti pour l’Engagement de Bruno Viaho. Tous veulent peser dans la balance électorale. Dans ce méli-mélo, la position du parti Restaurer l’Espoir de Candide Azannaï demeure on ne peut plus floue. Quels qu’ils soient, les partis de l’opposition devront néanmoins retrousser les manches pour prendre de vitesse leurs concurrents s’ils veulent obtenir des sièges à l’Assemblée. En effet, la prochaine législature qui sera un parlement de transition est un enjeu à nul autre pareil pour la classe politique. Les prochains jours nous diront davantage sur les réels positionnements et la présence des partis sur le bulletin unique en janvier 2023.

    Équipe Pharaons



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