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    Opinion Les partis politiques…si loin des électeurs ! - Les Pharaons

    marché dantokpa

    Cyrille LIGAN

    Désert de propositions. La critique paraît acerbe, mais loin s’en faut. Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’omerta auquel les partis de la classe politique se sont astreints face à la flambée des prix de denrées. Dans ce contexte socioéconomique tourmenté, les formations politiques, tous bords confondus, donnent le sentiment d’une stupéfiante dérobade face à la réalité. Qui pourrait se hasarder à dire quelle est la position de tel ou tel autre parti politique sur la flambée des prix de produits de grande consommation, et surtout les solutions qu’il propose ? En reste sur le sujet depuis quelques semaines, les partis politiques constituent pourtant un rouage décisif de la vie démocratique. Il leur incombe de conduire un débat de société, de traduire les attentes populaires en propositions politiques.

    A de rares exceptions près, on a beau tendre l’oreille et éplucher les journaux, l’effet de souffle n’a pas eu lieu. Les chaînes d’information en continu, si promptes à ergoter sur les déclarations ou les sorties de tel ou tel chef de parti politique, n’ont jamais vu des formations politiques déployer autant d’énergie pour éclipser un sujet qui touche au pouvoir d’achat des Béninois. Même ceux qui ambitionnaient la magistrature suprême semblent ne plus rien avoir à dire. Toutefois, les sorties médiatiques au cours desquelles on pourrait se prêter, ne serait-ce à une pédagogie de soutien, n’ont pas manqué. Visiblement, il y a mieux à faire. Alors que les populations crient misère, l’UDBN et Moele-Bénin se règlent leurs comptes. De leur côté, le Bloc Républicain et l’Union Progressiste s’entredéchirent. La FCBE, quant à elle, ne manque pas de célébrer chaque échec des vautours qui débauchent ses membres. Bref, tout le monde était occupé à quelque chose, et cette chose est loin d’être la flambée des prix de denrées.

    Dans une indifférence totale, les prix de première nécessité semblent n’avoir jamais augmenté. Et comme tétanisés, les partis politiques n’ont pas su saisir l’opportunité pour faire des propositions, même les plus fallacieuses. Dans ce jeu de dupes, le président de l’Assemblée nationale, peu prolixe sur le sujet, s’est contenté de reprendre à son mérite quelques propos agilement piqués dans la déclaration du creuset Génération Talon. D’ailleurs, ce mouvement de jeunes intellectuels est la seule formation à faire des propositions de solutions concrètes, suite au ras-le-bol des syndicats. Pendant ce temps, les politiciens font mine de ne pas entendre la majorité silencieuse.

    Le contraste entre l’attitude adoptée et les déclarations faites lors des dernières élections présidentielles, est saisissant. Incapables de peser sur le cours réel des choses, faute de n’avoir pas essayé, certains responsables politiques démocratiquement élus en sont réduits à des discrétions aussi graves qu’inefficaces. La flambée des prix aura montré que gouverner, c’est être en mesure d’agir face à l’imprévu. Elle aura aussi mis en évidence la fuite en avant de la classe politique dans son ensemble sur des sujets qui touchent le quotidien des populations.

    Qu’à cela ne tienne. Les Béninois ne sont pas dupes. Ils commencent à comprendre qu’entre les déclarations politiques et la capacité des démagogues à agir sur la réalité, le fossé est énorme. Si cette situation n’a aucun effet sur la popularité du chef de l’Etat, elle pourrait avoir de graves conséquences sur les prochaines joutes électorales, surtout pour les formations politiques dites de la mouvance qui s’arrogeraient le mérite des mesures prises par le gouvernement. Pour éviter des surprises désagréables, ils pourraient d’ores et déjà se prononcer sur l’augmentation du pouvoir d’achat fragilisé par les crises actuelles.

    Équipe Pharaons



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