Bénin /Législatives 2023 Veillée d’armes au sein de l’opposition, l’UP et le BR se tressent des lauriers - Les Pharaons

Elections

Cyrille LIGAN

Après le doute, l’horizon se dégage pour les partis de l’opposition. Comme si la perspective de leur confortable réélection anesthésiait toute crainte de la défaite, l’Union Progressiste et le Bloc Républicain font mine de se reposer sur leurs lauriers. Alors qu’ils ont déserté le terrain, leurs concurrents de l’opposition affinent leurs lignes de défense pour être à la hauteur d’une élection qui s’annonce extrêmement délicate. De la FCBE au Restaurer la Confiance, en passant par Les Démocrates et le MPL, les partis de l’opposition reportent tous leurs espoirs sur les législatives du 8 janvier 2023. Combatifs mais lucides, ils savent que la sérénité n’est plus de mise dans les Etats-majors UP et BR. Pour cause.

Les législatives du 8 janvier 2021 s’annoncent comme une déroute pour l’UP et le BR qui ont bénéficié de la prime présidentielle en 2019. L’alchimie de 2019 est loin d’être évidente pour 2023. Mais cela n’explique pas tout. Les tensions internes qui se sont réveillées courant la présidentielle de 2021 ont contribué à troubler le jeu au sein des deux partis. La tentative de se ménager des alliés susceptibles de nouer des accords a tourné court, tout comme les opérations de débauchages. Bien que l’UP et le BR paraissent en mesure de conquérir quelques nouveaux sièges, on les imagine loin de la razzia de 2019, tant la détermination des partis de l’opposition ne les ménage pas d’un accident dans les urnes.

Déjà, tous s’attèlent à appeler le plus grand nombre à s’inscrire sur les listes électorales. L’opposition qui, faute d’avoir pu compéti en 2019, avait appelé au boycott est consciente qu’un enrôlement massif pourra enfin lui fournir une dynamique de succès. Au moment où tout peut changer, où chaque voix va compter, il serait dommage que le jour de l’élection, certains citoyens se rendent compte qu’ils ne peuvent pas participer à faire bouger les lignes. Et ces citoyens sont nombreux. Car, jamais l’éloignement des députés des préoccupations des Béninois, régulièrement mesuré à un haut niveau tout au long de la huitième législature, n’aura été aussi explicitement formulé. Face à une assemblée amorphe, accusée d’être aux ordres de l’exécutif et déconnectée des réalités du terrain, l’opposition a des chances de se reconstituer au parlement en 2023.

Si les deux partis de la mouvance font profil bas depuis l’annonce du calendrier électoral, comme s’ils avaient renoncé à renouer un lien avec les Béninois, le PRD et le Moele-Bénin, mieux organisés, semblent, tout comme les partis de l’opposition, décidés à ne pas reproduire les erreurs de 2019. Le match électoral ne sera peut-être pas à armes égales. Il sera peut-être moins querelleux que celui de 2019, mais il sera rude car tous les partis devront atteindre l’objectif des 10% du suffrage exprimé pour avoir une chance au parlement. Malgré eux, l’UP et le BR, pas habitués à la compétition, devront s’activer pour sauver quelques meubles. Le défi est actuel et de taille ; les prochains mois nous édifieront sur leurs capacités à le relever.

Dios CHACHA



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Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


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