Bénin / Politique Pension des députés, la prudence tactique de Patrice Talon - Les Pharaons

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Cyrille LIGAN

L’affaire a déchaîné l’humour acide de Patrice Talon. Elle continue même d’hérisser l’opinion. En cause, la pension beurrée ou, oserait-on dire, la retraite en or massif que veulent se tailler les parlementaires. Après avoir empoisonné une partie de leur quadriennium avec des lois controversées, les voilà désormais mués en sangsues de la République. Les 83 trublions de la 8è législature s’illustrent, à quelques mois de la fin de leur mandat, par une proposition de loi qui révèle qu’ils ne pensent qu’à la fatuité. Certes, en politique, comme aux échecs, il est essentiel d’avoir un ou deux coups d’avance. Encore faut-il bien savoir quand avancer ses pions. Alors que le petit peuple est appelé à se serrer la ceinture, le train de vie des élus ne veut changer que pour s’améliorer.

Pouvait-on faire pire timing ? Au moment où les syndicats ferraillent avec le gouvernement à propos de la revalorisation des salaires du citoyen lambda, les représentants de la Nation jouissent de leur position pour se tailler une loi susceptible de leur permettre de couler des jours heureux, lors de leur retraite. Pour d’aucuns, ils seraient déjà trop payés, inutiles ou déconnectés. D’ailleurs, ces griefs ont toujours parsemé les discussions sur les députés de la huitième législature. Les voilà de retour avec une initiative aussi révélatrice qu’inappropriée qui déchaine des convulsions sociales. Et encore, le mot est faible. L’initiative des 83 irrite. A compter par le président Patrice Talon qui y a opposé une fin de non-recevoir.

Puis vient l’analyse. Patrice Talon est catégorique : la fonction politique n’est pas un métier ; et les députés, mieux que quiconque, devraient le savoir. Si d’aventure, elle venait à être adoptée, cette proposition de loi risque de mettre en péril les finances de l’Etat, plus qu’elles ne le sont déjà. Car les salaires politiques pèsent sur les finances de l’Etat et ce cercle vicieux demande un équilibre subtil au nom de l’équité salariale qui peut être facilement rompue. Quand on y pense. La 8è législature se moque du peuple. Il y a peu, au début de la tourmente économique, aucun de ses membres n’a daigné se prononcer sur la cherté des denrées ne serait-ce que pour rassurer leurs mandants. D’un point de vue morale, cette initiative est inadmissible. Mais c’est connu : morale et politique ne font pas souvent bon ménage.

D’autant plus que les parlementaires sont déjà indemnisés à la fin de leur mandat, Patrice Talon se dit favorable à une pension pour les présidents d’institutions, car ces derniers continuent de représenter le pays même s’ils ne sont plus dans la fonction. La résignation guette, mais ce serait rendre mauvais service aux Béninois que d’y céder. Patrice Talon est clair. Aucune bénédiction ne sera donnée aux initiatives des sangsues qui veulent asphyxier les finances de l’Etat. Vivre sur le dos du contribuable avec un train de vie au-dessus des moyens du pays est une chose scandaleuse.

Dios CHACHA



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Les PHARAONS est  un  quotidien béninois paraissant au Bénin , disponible également dans une  version en ligne.

Fondé depuis 2004, le journal paraît pour la première fois la même année mais s’arrête à 8 numéros seulement.  Il sera repris en 2014  avec une équipe de jeunes journalistes rompus à la tâche.


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