Le Sénégal vote pour les législatives dans un climat de mécontentement politique croissant - Les Pharaons

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Jour de vote au Sénégal. Sept millions d’électeurs sont appelés aux urnes, dimanche 31 juillet, pour renouveler les 165 sièges du Parlement. Un scrutin à l’issue duquel l’opposition espère imposer une cohabitation au président Macky Sall, qui souhaite, lui, conserver une large majorité. Ces législatives font figure de test après les élections locales de mars, remportées par l’opposition dans de grandes villes de ce pays d’Afrique de l’Ouest réputé pour sa stabilité, comme Dakar, Ziguinchor (sud) et Thiès (ouest).
Les premiers résultats provisoires partiels sont attendus dans la soirée et les chiffres globaux provisoires seront donnés au plus tard vendredi par la Commission nationale de recensement des votes (CNRV). À la mi-journée (13 h locales et GMT), le taux de participation s’élevait à 22 %, a déclaré à l’AFP une source proche du ministère de l’Intérieur en charge des élections.
La Commission nationale électorale autonome (Cena), qui supervise le vote, a déployé quelque 22 000 observateurs sur tout le territoire. Une quarantaine d’experts de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) sont également présents. Les députés sont élus selon un mode qui panache scrutin proportionnel avec des listes nationales pour 53 parlementaires, et scrutin majoritaire dans les départements pour 97 autres. La diaspora dispose de 15 députés.
Imposer une coalition au président
Huit coalitions sont en lice pour ces élections, dont celles de la majorité, et “Yewwi Askan Wi” (Libérer le Peuple en langue wolof), la principale coalition de l’opposition, formée autour d’Ousmane Sonko, arrivé troisième de la présidentielle de 2019. Celle-ci s’est alliée à la coalition “Wallu Sénégal” (Sauver le Sénégal en wolof), dirigée par l’ex-président Abdoulaye Wade. La moins bien placée dans un département s’engage à soutenir l’autre pour “imposer une cohabitation gouvernementale”.
À 96 ans, l’ancien chef de l’État de 2000 à 2012 s’est frayé un chemin à travers une foule de militants pour se rendre aux urnes à Dakar en début d’après-midi.
Le scrutin se déroule dans un contexte de hausse des prix, notamment à cause des conséquences de la guerre en Ukraine, des arguments utilisés par l’opposition contre le pouvoir qui met en avant les subventions des produits pétroliers et des denrées alimentaires ainsi que son programme de construction d’infrastructures.
L’opposition veut aussi contraindre Macky Sall – qui a voté dans la matinée à Fatick, à 150 km au sud-est de Dakar – à renoncer à toute velléité de candidature en 2024. Élu en 2012 pour sept ans et réélu en 2019 pour cinq ans, le président maintient le flou sur ses intentions à 19 mois de la présidentielle.
La pré-campagne avait été marquée par de violentes manifestations qui avaient fait au moins trois morts en raison de l’invalidation par le Conseil constitutionnel, des titulaires de la liste nationale de la coalition dirigée par M. Sonko.
Plusieurs figures de l’opposition, parmi lesquelles Ousmane Sonko, ont été contraintes de renoncer à participer aux élections, non sans avoir appelé leurs soutiens à protester contre ce qu’ils estimaient être un stratagème du président Macky Sall pour écarter ses adversaires sous couvert de moyens légaux.
Mise à part la première manifestation, toutes les autres avaient été interdites par les autorités. Le 29 juin, l’opposition avait finalement calmé le jeu en acceptant de participer au scrutin, qu’elle menaçait jusqu’alors d’empêcher.

Dios CHACHA



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