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    Bénin/Législatives 2023 L’électorat béninois, grand oublié de la stratégie électorale ? - Les Pharaons

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    Cyrille LIGAN

    Les adhésions ne font pas, à elles seules, les résultats électoraux. Et ce n’est pas Joseph Djogbénou, président de l’UPR, qui dira le contraire. Bien conscients du risque abstentionniste, les différents appareils politiques adoptent depuis quelques semaines des stratégies diverses pour se muscler. Des démissions hasardeuses aux ralliements vaseux, le drame politique du moment ne suffit toujours pas à masquer une certaine perplexité. Car à l’aune du scrutin de janvier 2023, l’unanimité reste de rigueur pour déplorer le manque de considération des préoccupations des électeurs.

    Dans les média sociaux, on entend parler de grosses prises au profit de tel ou tel autre parti. Des nœuds partisans se font et se défont au gré des intérêts inavoués. Des comportements transhumants pompeux à faire pâlir les précurseurs de la réforme du système partisan. Et puis plus grand-chose. Or ces événements occultent les préoccupations quotidiennes des Béninois. Qu’ils soient acquis ou perdus, les différents électorats sont comme voués aux gémonies. Certains ont le sentiment de ne pas être au centre des préoccupations politiques. On préfère miser sur les « gros bonnets », lesquels ne pèsent plus grand-chose. Mais cette stratégie est éculée.

    Au sein de l’opposition, certains partis font face à un paradoxe. Ils ont besoin, d’un côté, que les électeurs se déplacent aux urnes pour qu’ils réalisent de gros scores. Cependant, ils ne font pas grand-chose à cette fin. Ils misent sur le coup du sort, pariant sur le sentiment d’exaspération des désabusés et des déçus des grands partis de la mouvance ; ce qui pourrait mécaniquement leur profiter.

    Pour leur part, les partis de la mouvance se fient au piège de l’adhésion-soumission. Jadis hégémonique, ils ont fait croire que la participation en peau de chagrin de leurs électorats à la dernière présidentielle est un accident conjoncturel. Une autre hypothèse existe cependant : et si, à force de le considérer comme acquis, ils avaient poussé leur propre électorat de l’autre bord ? Miroiter l’illusion du changement voire du rajeunissement des instances de décision des chapelles politiques ne marchera pas cette fois-ci. Mieux, la mouvance aurait tort de penser que les actions gouvernementales suffiraient à ramener vers eux l’électorat perdu. Le piètre bilan de la huitième législature, entièrement composée de députés de la mouvance, est fort éloquent.

    Les grands partis pourraient, malgré « les grosses prises », être perçus comme un repoussoir, avec des électeurs désabusés qui pensent que le jeu est « plié d’avance », surtout si cela vient du camp présidentiel. Car parfois, la politique peut intimider. Même si les électorats n’ont de vœu que le renouvellement de la classe politique, la perte de confiance dans l’action politique et l’affaiblissement des grands partis peuvent favoriser une nouvelle fois des montées d’abstention. Car les « gros bonnets » ne pèsent plus rien, mais il est peut-être encore tôt pour décider.

    Dios CHACHA



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