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    Bénin / Politique Candide Azannaï : les raisons de la fracture - Les Pharaons

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    Cyrille LIGAN

    Candide Azannaï ne lâche jamais, ni la politique ni la verve. Le tribun a beau affirmé avoir été victime de nombreuses tentatives de censure, il conserve évidemment le droit à la parole. A fortiori quand il livre un discours sur les forfaitures et les impostures d’un « pouvoir manifestement pervers et déviant ». En tant qu’ancien allié du pouvoir Talon, et sans qu’on soit forcément d’accord avec lui, son regard sur la gouvernance, sur l’état de droit, sur les partis politiques actuels, mais aussi sur la santé de la démocratie a toutes les chances d’être intéressant. Est-on prié de le croire sur parole ? Une chose est sure : son ombre ne cessera de flotter dans l’air Rupturien de sitôt.

    Malgré les critiques sur sa position et les doutes sur son action, Candide avait expliqué que sa religion n’était pas faite sur la loi Talon. À la conférence des cadres de son parti, il revient à la charge. Sa récrimination est claire : Patrice Talon aurait trahi le peuple béninois et endormi les partis politiques. Pour celui qui s’est éloigné de la Marina après avoir pris part au gouvernement, les griefs ne sont pas moins nombreux. Mais six d’entre eux rebutent particulièrement le président de Restaurer l’Espoir : le coup de force contre l’ordre constitutionnel, l’atteinte aux valeurs et aux acquis du Renouveau démocratique, au pluralisme politique et humain, la désarticulation cauteleuse de l’État de droit, l’instauration de la pensée unique et l’instrumentalisation de la puissance publique. Voilà donc Candide Azannaï aussi vertueux qu’irrité, bien loin des prochaines élections.

    S’il sait faire preuve d’une hauteur de vue qui sied à sa personnalité, Candide Azannaï a toujours eu, depuis 2017, du mal à lâcher du lest ou, pire, à ne pas se complaire dans le rôle d’un politicien adepte des phrases qui bien souvent laissent un goût amer à la mouvance. On aurait bien compris que pour lui, « lorsqu’il y a une dictature, les partis politiques n’ont aucune fonction ». C’est d’ailleurs la raison pour laquelle son parti entend boycotter toute élection organisée par le pouvoir Talon. Car, selon lui, « un parti politique, à l’heure actuelle, n’a aucune valeur devant la Rupture ; y compris les partis politiques instigués par la Rupture ».

    L’élection du 8 janvier 2023 ne fera pas exception. « Certains disent que si on ne va pas aux élections, on n’a pas d’avenir. Mais si on va aux élections, on a quel avenir ? », s’interrogeait le philosophe pour qui les conditions aussi bien logistiques, électorales que financières ne sont pas réunies, ni pour RE encore moins pour les autres partis de l’opposition, pour faire le contre-poids à « cette dictature qui occupe l’espace » politique béninois. Toutefois, Candide Azannaï ne dissipe pas certaines ambiguïtés, comme lorsqu’il fustige la trahison de la Rupture ; l’ex-ministre ne propose ni vision ni solutions concrètes aux défis auxquels le pays devrait faire face. Si ce n’est qu’« une lutte implacable de résistance nationale généralisée ».

    Équipe Pharaons



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