En Afrique, le Rwanda est classé derrière le Botswana, qui a été, une fois de plus, désigné comme le pays le moins corrompu du continent (et classé 34ème mondialement), et les Seychelles, arrivées en seconde position en Afrique au 36ème rang mondial. Selon le rapport, le Cap-Vert partage avec le Rwanda, la troisième place du classement africain. En termes de pourcentages, le Botswana a obtenu 61, les Seychelles 60, tandis que le Rwanda et le Cap-Vert ont obtenu 55 – bien au-dessus de la moyenne mondiale qui se situe à 43 pour cent.

Monsieur Kavatiri Rwego Albert, Directeur du programme « Transparency International-Rwanda », a déclaré que des institutions fortes et efficaces, telles que le Gouvernement, la Société Civile et les médias, sont les facteurs clés de la lutte permanente contre la corruption au Rwanda. L’indice a révélé que plus des deux tiers des pays du monde obtenaient des résultats inférieurs à 50%.

Pour produire l’indice, l’Observatoire Mondial de la Lutte contre la Corruption analyse la corruption dans le secteur public et classe 180 pays et territoires sur la base de 13 enquêtes auprès d’hommes d’affaires et d’experts. La Nouvelle-Zélande et le Danemark se sont classés au premier rang dans le nouvel indice mondial, enregistrant respectivement 89% et 88%. La Syrie, le Sud Soudan et la Somalie se classent dans le bas du classement avec un indice particulièrement pas (14,1% et 9%).

En Afrique de l’Est, c’est Burundi qui se classe en dernière position (157ème au niveau mondial), alors que l’Ouganda reste stationné à l’avant-dernier 151ème mondial). Le Kenya a régressé de deux places, se classant au 143ème rang mondial, mais en amélioration de deux points, passant de 26% en 2016 à 28% en 2017, tandis que la Tanzanie a progressé de 4 places, passant de 106 en 2016 à 103 en 2017.

La région la plus performante est l’Europe occidentale avec un score moyen de 66, alors que les régions les moins performantes se trouvent en l’Afrique subsaharienne, avec un score moyen de 32%, l’Europe orientale et l’Asie centrale (score moyen 34). Monsieur Rwego a déclaré que la corruption était plus répandue dans les pays ravagés par les conflits et les troubles, citant la Somalie, l’Afghanistan, le Sud Soudan, la Libye et la Corée du Nord. « Quand il n’y a pas de paix, vous ne pouvez pas construire des systèmes de gouvernance », a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’un bon leadership dans la lutte contre la corruption.

L’analyse montre que les pays où les médias et les organisations non gouvernementales (ONG) sont faibles, ont aussi tendance à avoir des taux de corruption élevés.

Où se situe la police ?

Monsieur Rwego a souligné que les indicateurs de gouvernance durable de la Fondation Bertelsmann, utilisés par « Transparency International », montraient que la corruption dans la Police Nationale Rwandaise passait de 15% en 2016 à 8% en 2017, tandis que la corruption diminuait de 5,4% à 4,9% dans les collectivités locales. Ces résultats, a-t-il dit, correspondent à l’Indice Mondial de la Sécurité Intérieure et de la Police de 2016, qui classe la Police Nationale du Rwanda en deuxième position pour assumer ses responsabilités, après le Botswana.

Jean Nepo Mbonyumuvunyi, le Commissaire de l’Inspection des Services et de l’Ethique de « RNP », a déclaré que la Police avait mis en place des systèmes électroniques grâce auxquels les contacts entre un demandeur de service et un fournisseur, ont été réduits. Il a cité les services d’inspection de la circulation et des véhicules, ainsi que le classement des affaires. Il a souligné que tout policier reconnu coupable de corruption est renvoyé.

Élargir la lutte contre la corruption.

Monsieur Rwego a déclaré que pour soutenir la lutte contre la corruption, les cas de corruption devraient être bien suivis, et que les contrevenants devraient être dûment punis. « Si le cadre juridique et les mesures d’application de la loi sont renforcés et les fonds publics bien gérés, nous enregistrerions encore plus de progrès dans la campagne contre la corruption. »

Monsieur Clément Musangabatware, l’Ombudsman adjoint chargé de la prévention et de la lutte contre la corruption et les infractions connexes, a déclaré que l’un des facteurs qui entravent les efforts de lutte contre la corruption dans le pays est le fait qu’environ 85% des Rwandais sont réticents à dénoncer la corruption.

« Nous devrions sensibiliser les Rwandais à l’idée que quand il y a de la corruption, ce sont eux qui en subissent les conséquences », a déclaré Monsieur Musangabatware.

Il a reconnu les progrès récents dans la lutte contre la corruption, notamment en offrant des appels d’offres publics en ligne et en numérisant de nombreux services gouvernementaux, ce qui réduit les risques de corruption, car il élimine de manière significative les interactions humaines.