L’idée peut sembler ambitieuse, mais elle gagne du terrain dans l’industrie mobile. Il s’agit de proposer des smartphones à environ 40 dollars pour accélérer l’accès à Internet dans les pays en développement, notamment en Afrique. Derrière cette initiative se trouvent plusieurs grands acteurs du secteur des télécommunications qui cherchent à franchir une nouvelle étape dans la réduction de la fracture numérique.
Alors que la couverture réseau 4G progresse rapidement sur le continent, des millions de personnes restent encore exclues de l’économie numérique pour le coût des smartphones compatibles qui reste encore trop élevé.
Cette initiative est portée par la GSMA, l’organisation mondiale qui représente les opérateurs de téléphonie mobile. L’objectif affiché est de mettre sur le marché des smartphones extrêmement abordables capables de fonctionner sur les réseaux 4G.
Plusieurs opérateurs majeurs ont déjà rejoint l’initiative, parmi lesquels MTN Group, Orange, Vodafone, Airtel, Ethio Telecom et Axian Telecom. Ceux-ci espèrent créer un modèle économique capable de réduire drastiquement le prix des appareils tout en permettant aux populations les plus modestes d’accéder à Internet mobile.
Pour ces opérateurs, l’enjeu est double, élargir leur base d’utilisateurs et stimuler l’utilisation des services numériques, notamment les paiements mobiles, les plateformes éducatives ou encore le commerce en ligne.
L’Afrique au cœur des tests
Les premières expérimentations devraient être lancées dans plusieurs pays africains considérés comme stratégiques pour la croissance du mobile. Les tests sont envisagés notamment en Nigeria, en Éthiopie, en Rwanda, en Tanzanie, en Ouganda et en République démocratique du Congo. Car ces marchés représentent des millions d’utilisateurs potentiels qui vivent dans des zones déjà couvertes par la 4G mais qui utilisent encore des téléphones basiques ou des smartphones trop anciens pour profiter pleinement d’Internet.
Selon les projections de l’industrie, près de 20 millions de nouveaux utilisateurs pourraient être connectés si ce type d’appareil devenait réellement accessible à grande échelle.
Sur le continent africain, le smartphone est devenu bien plus qu’un simple outil de communication. Il constitue aujourd’hui la porte d’entrée vers les services financiers, l’éducation en ligne, l’information et l’entrepreneuriat numérique.
Dans plusieurs pays, les services de mobile money, les plateformes d’apprentissage à distance ou encore les applications de commerce électronique connaissent une croissance spectaculaire. Cependant, l’accès à ces services reste inégal. Beaucoup de citoyens vivent dans des zones où le réseau est disponible, mais le prix des appareils compatibles demeure un frein majeur.
Réduire le coût des smartphones pourrait donc avoir un impact direct sur le développement économique et social de nombreuses régions.
Un défi industriel encore important
Malgré l’enthousiasme autour de cette initiative, plusieurs obstacles restent à surmonter. Le principal défi concerne le coût de fabrication des composants électroniques, notamment les processeurs, les écrans et les batteries.
Produire un smartphone fiable, capable de supporter les réseaux 4G et les applications modernes, pour seulement 40 dollars représente un défi technique considérable.
Selon les informations relayées par l’industrie, plus d’une quinzaine de fabricants ont été approchés, mais seuls quelques-uns ont manifesté un réel intérêt pour participer à cette initiative. Les constructeurs doivent trouver un équilibre délicat entre prix extrêmement bas et qualité suffisante pour offrir une expérience acceptable.
Si ce projet aboutit, il pourrait transformer profondément l’accès à Internet dans les pays émergents.
Un smartphone à 40 dollars (24 mille francs cfa), pourrait permettre à des millions de personnes d’accéder pour la première fois à des services numériques essentiels et d’accélérer l’émergence d’une nouvelle économie numérique.