L’annonce d’un partenariat entre OpenAI et le Département de la Défense des États-Unis provoque une vive polémique dans l’univers de la technologie. Selon plusieurs données d’analyses relayées par nos sources, les désinstallations de l’application ChatGPT ont bondi de près de 295 % après la révélation de cet accord stratégique avec le Pentagone. Une réaction qui illustre les inquiétudes croissantes du public face à l’utilisation potentielle de l’intelligence artificielle dans le domaine militaire.
Les données publiées par la société d’analyse Sensor Tower montrent que la réaction du public a été rapide. Dans les jours qui ont suivi l’annonce, les désinstallations de ChatGPT ont augmenté de 295 %, les téléchargements de l’application ont chuté de 13 % en une seule journée et la baisse s’est poursuivie le lendemain avec 5 % de téléchargements en moins.
Cette vague de désinstallations semble provenir principalement d’utilisateurs préoccupés par les implications éthiques d’une collaboration entre une entreprise d’IA et l’armée américaine.
Les concurrents profitent de la polémique
La controverse a sourtout bénéficié à certains concurrents d’OpenAI. L’application Claude, développée par la société Anthropic, a enregistré une hausse notable de ses téléchargements après l’annonce du partenariat. Dans certains classements de l’App Store américain, l’application s’est même hissée parmi les applications d’IA les plus téléchargées.
Il faut souligner qu’Anthropic avait précédemment affirmé ne pas collaborer avec des projets militaires offensifs. Une position qui a séduit une partie des utilisateurs en quête d’alternatives.
Un partenariat stratégique avec le Pentagone
L’accord concerne la collaboration entre OpenAI et le Department of Defense (DoD) afin de développer et tester des solutions basées sur l’intelligence artificielle.
L’objectif officiel étant d’explorer comment l’IA peut améliorer plusieurs domaines parmi lesquels, l’analyse de données complexes, la cybersécurité, la planification stratégique et l’assistance aux opérations logistiques
Selon les premières informations, ces outils ne seraient pas destinés directement aux systèmes d’armement. OpenAI insiste notamment sur le fait que sa technologie ne doit pas être utilisée pour créer des armes autonomes ou des systèmes offensifs basés sur l’IA. Mais cette nuance n’a pas suffi à calmer la polémique. Car depuis plusieurs années, l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les domaines militaires suscite des débats importants.
Les critiques craignent que ces technologies puissent servir à améliorer les systèmes de surveillance massive, automatiser certaines décisions militaires et accélérer le développement d’armes intelligentes ce que plusieurs organisations de défense des droits numériques ont déjà alerté sur les risques d’un déploiement incontrôlé de l’IA dans les conflits armés.
Malgré la hausse des désinstallations, ChatGPT reste l’une des plateformes d’intelligence artificielle les plus utilisées au monde, avec des centaines de millions d’utilisateurs. Et cet épisode vient renforcer l’idée selon laquelle, la confiance du public dans l’intelligence artificielle peut également dépendre des choix politiques et stratégiques des entreprises qui la développent.