Le Népal s’est rendu aux urnes ce 5 mars 2026 pour une élection parlementaire très attendue, la première depuis les manifestations massives menées par la jeunesse qui ont renversé le gouvernement l’année dernière. Près de 19 millions d’électeurs sont appelés à choisir leurs représentants dans un scrutin considéré comme décisif pour l’avenir politique du pays.
Plus de 3 400 candidats issus de 65 partis politiques participent à ces élections pour les 275 sièges du Parlement. Il oppose les partis traditionnels, qui dominent la politique népalaise depuis des décennies, à une nouvelle génération de candidats soutenus par les jeunes électeurs.
Parmi les figures les plus médiatisées figure Balendra “Balen” Shah, ancien rappeur devenu maire de Katmandou et figure montante de la politique. Il incarne pour beaucoup le symbole d’un renouveau politique porté par la jeunesse.
Des enjeux économiques et sociaux majeurs
Les électeurs attendent surtout des réponses concrètes à plusieurs problèmes qui pèsent sur le pays. Parmi ceux-ci se trouvent le chômage élevé, notamment chez les jeunes, la corruption politique, la faiblesse de l’économie et l’émigration massive des travailleurs vers l’étranger.
Des thèmes qui ont dominé toute la campagne électorale, illustrant l’impatience d’une population qui réclame un changement profond du système politique.
Des résultats attendus avec impatience
Le vote se déroule dans plus de 23 000 bureaux de vote, sous forte surveillance des forces de sécurité pour éviter tout incident.
Et les premiers résultats devraient apparaître rapidement, mais le décompte complet pourrait prendre plusieurs jours, en raison du système électoral mixte combinant scrutin direct et représentation proportionnelle.
Pour beaucoup d’observateurs, cette élection pourrait marquer un tournant historique pour le Népal. Elle déterminera si le mouvement porté par la jeunesse peut réellement transformer la vie politique du pays ou si les anciens partis conserveront leur domination.
Il tient lieu de noter que cette élection est née d’une crise politique majeure. En septembre 2025, de vastes manifestations organisées par la jeunesse — souvent qualifiées de “révolution Gen Z” — ont secoué le pays. Déclenchées notamment par l’interdiction temporaire des réseaux sociaux et alimentées par des frustrations économiques, ces protestations avaient rapidement pris de l’ampleur.
Les affrontements avec les forces de sécurité ont été violents et plus de 70 personnes ont perdu la vie, provoquant un choc national et entraînant finalement la démission du Premier ministre K. P. Sharma Oli.
Un gouvernement intérimaire dirigé par Sushila Karki avait donc été mis en place afin de stabiliser le pays et d’organiser de nouvelles élections.